Le pire du cinéma en 2017

FLOP 10

Emilie Bochard :

Petite précision : ce flop n’est évidemment pas constitué des pires films de l’année, dans lesquels on pourrait placer la plupart des comédies françaises et les énièmes films de super-héros ratés, mais bien des films qui m’ont déçue et que je trouve globalement surestimés.

1. Dunkerque : Pour son premier film de guerre, Christopher Nolan se plante magistralement. Plus digne d’un jeu vidéo sans âme que d’une honorable reconstitution historique, Dunkerque, malgré une photographie soignée, se perd dans une fausse complexité narrative, portée par des personnages sans consistance. Dans ce genre nouveau du blockbuster intelligent, Nolan ne parvient jamais à choisir entre une approche documentaire et une démarche récréative, et finit par emplir son film de facilités formelles, de vacuité scénaristique et d’un style finalement un brin pompeux.

2. Moonlight : Vainqueur de dernière minute face à La La Land dans la course à l’Oscar du meilleur film, Moonlight s’inscrira pourtant beaucoup moins dans l’Histoire du cinéma. Si le sujet se montre primordial pour faire évoluer les mentalités de l’homme contemporain, en mettant en scène l’homosexualité d’un jeune afro-américain dans un ghetto défavorisé, le film se complait dans un lyrisme facile et dans une lenteur qui n’a rien de fascinant.

3. Lion : Film à Oscars par excellence, Lion, en plus d’être larmoyant et manichéen, utilise la carte de l’histoire vraie pour faire pleurer dans les chaumières, en oubliant sur le bas-côté la subtilité et l’authenticité. Si le casting féminin (composé de Rooney Mara et Nicole Kidman) emporte l’adhésion, il faudrait dire à Hollywood que Dev Patel n’est pas le seul acteur indien talentueux sur cette Terre.

4. You were never really here : Adulé par l’intelligentsia cannoise, You were never really here peine à trouver sa place dans le cœur des spectateurs. Si la mise en scène vaut le détour, le scénario s’avère vide, la performance de Joaquin Phoenix se regarde le nombril et ne sert pas l’ensemble du film, et surtout, la volonté de Lynne Ramsay de sublimer la violence, en passant après Quentin Tarantino et Nicolas Winding Refn, semble malheureusement bien vaine.

5. Okja : Depuis le dernier festival de Cannes, Okja a fait couler beaucoup d’encre. Un tapage médiatique incompréhensible quand on voit enfin l’oeuvre qu’est Okja : un plaidoyer contre l’inhumanité de l’industrie alimentaire, maladroitement dissimulé derrière une bataille d’ego entre grands magnats de la finance et écolos se laissant mourir de faim. Beaucoup de bruit pour tant de superficialité et de grand-guignolesque.

6. Wind River : Touché par le même syndrome que Moonlight, Wind River a le mérite de revêtir une dimension politique, en s’élevant contre la violence faite aux femmes, mais son traitement manque cruellement d’ampleur, d’intérêt et de vie. Trop glacé pour réellement convaincre.

7. Nocturnal animals : Si la mise en scène de Tom Ford s’avère enrobée d’une esthétique élégante et d’une beauté hypnotisante, Nocturnal Animals s’enlise rapidement dans son double récit. La relation dessinée entre les formidables Amy Adams et Jake Gyllenhaal aurait pu s’avérer terrassante si celle-ci n’était pas si noyée dans tant d’artifices scénaristiques et dans une mise en abyme maladroite.

8. It comes at night : Film angoissant à la misanthropie palpable, où chaque personne peut être la prochaine victime d’un virus inconnu qui ronge l’humanité de l’intérieur, It comes at night pèche par une mise en scène qui désamorce considérablement l’ambiance que le film s’efforce à construire et par quelques facilités pour susciter l’effroi qui auraient gagné à être plus épurées.

9. Quelques minutes après minuit : L’image est superbe, l’histoire touchante, le récit intriguant. Pourtant, le film ne parvient jamais à égaler ce sentiment, dont Steven Spielberg est le maître incontesté, de retomber dans une enfance peuplée de rêves, de monstres gentils et de mystère. Un film duquel on ressort sans aucun souvenir, qu’il soit visuel ou émotionnel.

10. Loving : Après les sublimes Take Shelter, Mud et Midnight Special, Jeff Nichols tient là le premier faux pas de son parcours. En s’éloignant du côté personnel et intimiste de ses précédents films, le cinéaste échoue à interroger à nouveau une notion qui lui est chère, celle de la cellule familiale. Lent, anodin, presque factice, Loving est et restera un Nichols en mode mineur.

Marine Moutot :

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1. Une femme douce : Un beau film, lent, hallucinogène, absurde et triste. Dont l’ennui transpire de chaque plan, chaque séquence. La quête de cette femme n’a pas de sens et a quelque chose de Kafkaïen. S’il n’y avait que l’ennui, mais la dernière scène du film, une scène de viol intenable car comme plongé dans un rêve magnifique, répugne et dégoute. Mais le pire, quand cette femme douce, un peu sotte qui se laisse aller à gauche et à droite sans résistée, se réveille, elle se dirige vers son destin : le viol. Un seul mot pour décrire ce film : ignoble.

2. Un beau soleil intérieur : Quoi de plus moche qu’un film qui ne fait que parler de lui, offre à ses spectateurs des personnages repoussants et pathétiques, qui n’aiment ni ce qu’il filme ni ce qu’il dit ? Un beau soleil intérieur est ce qu’il y a eu de plus vide en terme scénaristique en 2017, reste la mise de scène de Claire Denis qui ne sauve finalement pas grand chose.

3. L’un dans l’autre : En soit cette comédie française n’est pas mauvaise sur sa forme. Elle est classique. Les acteurs sont plutôt bons dans leur pantomime, il y a même des situations cocasses. On en rirait presque. Mais c’est le fond qui est profondément mauvais et finalement c’est la femme qui fait l’effort de comprendre l’homme et pas l’inverse. Film sentimentalement macho, ça fait mal quand on est une femme et qu’on voit la manière dont le personnage féminin est traité.

4. Brooklyn Yiddish : Un homme veut élever son fils seul après la mort de sa femme, qu’il n’a jamais aimé. Mais sa communauté ne lui permet pas d’élever son fils sans femme. Le voici donc à lutter pendant un film interminable et horriblement mal cadré pour garder son fils en travaillant dur et en réussissant à organiser la soirée de mort de sa femme. Finalement nous revoilà au début du film : il ne peut toujours pas garder son fils sans femme.

5. Des plans sur la comète : Dans ce que le cinéma français peut faire de pire : des personnages exécrables et qui ne vont nul part, un scénario à trou, des retournements de situations ennuyants, des images ternes et des acteurs qui ont en font trop. Dommage sur le papier j’aimais tout : acteur(trice)s, scénario, ambiance.

6. Life : Quand un film passe du psychologique au gore pour rien. Life aurait pu être le film qui pose des questions pertinentes sur notre désir de tout savoir, mais finalement cela n’est qu’un post Alien avec une fin sur notre planète. Ça donne des frissons dans le dos, c’est gore à en vomir et c’est bête.

7. Le secret de la chambre noire : Le problème de ce film n’est pas forcément le jeu extrêmement théâtral des acteurs auquel nous aurions pu nous habituer, ni même la lenteur qui aurait pu être belle, mais bien le terrible manque de scénario, donc l’intérêt pour le spectateur de s’accrocher à des images vides, qui ne sont finalement ni fantomatique comme le voudrait le sujet ou emprunte de mystère.

8. Tout nous sépare : Outre le ridicule du scénario qui a inventé des personnages vides et pathétique, la douleur de voir Catherine Deneuve dans un tel film, il y a l’ennui et l’envie de rire à chaque scène.

9. Les Proies : Pourquoi refaire un film presque à l’identique avec un acteur principal sans charme ni charisme, et des actrices qui jouent des rôles creux qui sonnent faux ? Don Siegel avait réussi à créer une ambiance autour de Clint Eastwood, mais Sofia Coppola n’arrive qu’à créer du vide autour de Colin Farrell. Les belles images ne sauvent en rien ce film vain, où seule Nicole Kidman arrive à jouer juste avec une partition à trou.

10. The Circle : Le problème de ce film est bien le scénario et la stupidité du personnage principal. Nous sommes emprisonnés dans un film qui fait peur – non pas pour ce qu’il raconte, mais bien la manière dont il le raconte. Un film d’anticipation faible et sans réelle ampleur.


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Publié par Phantasmagory

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