[CONSEILS DU VENDREDI] #9

Ce vendredi nous vous parlons de : Girl, Venom, Galveson, Dilili à Paris, L’amour flou et Lindy Lou – Jurée n°2.


Girl Lara est une jeune fille qui a deux rêves : devenir danseuse étoile et ne plus être un garçon. Avec le soutien de son père, des médecins, elle tente de rompre sa chair pour atteindre son but. Girl est le premier long-métrage d’un cinéaste de 26 ans, Lukas Dhont. Surnommé le Xavier Dolan belge, il réalise un film d’une grande maturité sur les combats intérieurs qu’une personne transgenre vit au quotidien, doublé de ceux de l’adolescence. Le corps change, mais pas assez vite. Ce besoin de vitesse est transcrit dans la mise en scène et dans la scénarisation avec justesse. Le long-métrage ne cache rien et nous vivons au jour le jour, la transformation de Lara. La danse appuie la douleur du corps et sa rigidité – blessure profonde de Lara est comme autant de marques qu’il faut briser. Un corps qui n’est pas tel qu’il devrait être. La société n’apparaît jamais dans son ensemble et Lara n’est pas en confrontation directe avec l’extérieur, car le cinéaste peut, à travers des images crues — mais jamais malsaines — parler du sujet qui lui tient le plus à cœur : le mal-être d’un corps qui empêche et le désir, si fort, si urgent, d’y remédier. Le jeune acteur, Victor Polster, jeune danseur étoile incarne avec force Lara et complète le film, magistralement. Puissant, troublant, Girl est à découvrir maintenant sur grand écran. M.M

Venom : Suite à un incident survenu lors d’une enquête, le journaliste d’investigation Eddie Brock voit son corps envahi par un étrange parasite. Développé – et apparemment amputé de ses éléments les plus trash – par Sony pour satisfaire sa soif de franchise, Venom tente mollement de surfer sur la vague du film d’anti-héros. Faussement corrosif, doté d’un scénario bateau à souhait et d’effets spéciaux plus monstrueux que son personnage principal, le résultat est hélas celui d’un gloubi-boulga numérique à la fois indigeste et aussi peu excitant qu’une partie de domino avec ta mémé en maison de retraite. À zapper sans hésitation. M.P.

Galveson Réalisatrice à plusieurs facettes, Mélanie Laurent réalise un film violent et naïf à la fois. À travers le destin brisé de deux êtres : Roy, un dealer et Rocky, une jeune prostituée, elle explore la sécheresse des États-Unis et du genre. Entre le road-trip avorté et le film policier, Galveson a le mérité de rendre ses personnages attachants et à leur donner vie malgré les stéréotypes qui les constituent. Si, Elle Fanning joue une Rocky, sensuelle, aguicheuse qui ne sait s’exprimer que par la séduction puérile, c’est parce que c’est une babydoll brisée qui n’a connu que la violence des corps. Si Ben Foster interprète une brute alcoolique ce n’est pas parce qu’il a un mauvais fond. Le film prévisible est servi par une belle mise en scène et totalement desservi par une musique niaiseuse. Si le cinquième long-métrage de Mélanie Laurent a de nombreuses faiblesses, il remplit la promesse d’un film sans réelles surprises, mais qui rend honneur aux personnages qui les incarnent. M.M

Dilili à Paris : Paris de la Belle Époque. Dilili, jeune métisse Kanak, part à la découverte de la capitale française, à bord du triporteur de son ami livreur. Splendides monuments et élites intellectuelles sont au rendez-vous. Mais le duo va surtout rapidement découvrir que de mystérieux hommes, les Mâles-Maîtres, enlèvent les petites filles…

Là où Michel Ocelot cherche à faire le tableau grandiose de la richesse artistique et intellectuelle du début du siècle et de ses figures majeures, le spectateur ne trouve que la pâle carte postale d’un Paris Art nouveau muséifié où le vivant ne semble être qu’une énième statue de cire. La diction des personnages, et notamment celle du personnage principal, est absolument insupportable et le didactisme du récit semble avoir pour seul but de faire la liste des grandes figures du début du siècle. La première partie semble durer une éternité, brossant le portrait d’une palanquée de personnalités : Louise Michel, Auguste Renoir, Colette, Marcel Proust, Pablo Picasso, Louis Pasteur et j’en passe… Ce sont là seulement les preuves d’un travail poussé de recherche historique sur les grandes figures, les monuments, l’art ou encore les costumes des années 1900.
Ce film ne remet évidemment pas en question le talent incontestable de Michel Ocelot dont on admire toujours autant la finesse du papier découpé des Contes de la Nuit (2011)et l’univers coloré d’Azur et Asmar (2006), mais disons que ce film, à l’animation mélangeant 2D et 3D, fait preuve d’une grande maladresse en se voulant féministe. Il échoue totalement à donner de la crédibilité à son propos, dépeignant un univers sombre et patriarcal, presque douteux. M.K

L’amour flou : Romane et Philippe divorcent. Leur amour s’est dissipé mais pas complètement envolé. Leur solution : vivre dans deux appartements distincts mais reliés par la chambre de leurs enfants. L’éclatement de la famille est revisité simplement par un duo de comédiens soudés à l’écran comme dans la vie. Sorte de vrai-faux docu-fiction sur leur rupture, Bohringer et Rebbot ouvrent les portes d’une vie de couple sur le déclin. Les membres des familles respectives jouent leurs propres rôles. Cette joyeuse troupe s’anime autour des ex-amants-joyeux-divorcés et nous livre une œuvre drôle, pertinente et honnête. L’amour flou a été tourné avec très peu de moyen dans un cercle restreint d’amis et de proches mais avec une bonne dose de tendresse et de bienveillance. Le film est le résultat d’un travail hors des sentiers battus de la production classique du cinéma français. Une œuvre entièrement indépendante dont l’énergie transperce l’écran. C.L.L.

Lindy Lou – Jurée n°2 : Condamner un être humain à mort. C’est le sujet de ce touchant et dur documentaire sur la vie d’une femme, Lindy Lou, qui part à la recherche des autres membres du jury avec qui elle a ôté la vie d’un homme. Un road trip à travers les États-Unis sur le récit de cette semaine qui a marqué et changé cette femme à jamais. Le film parle de la gravité de la peine de mort et des séquelles sur ceux qui la promulguent, 20 ans après. Un très beau long-métrage, d’un cinéaste qui avait déjà arpenté les routes américaines avec Honk !, toujours sur l’absurdité de ce jugement final. M. M.

Manon Koken, Clémence Letort-Lipszyc, Marine Pallec et Marine Moutot

Girl
Réalisé par Lukas Dhont
Avec Victor Polster, Arieh Worthalter, Oliver Bodart
Drame, Belgique, 1h45
10 octobre 2018

Venom
Réalisé par Ruben Fleischer
Avec Tom Hardy, Michelle Williams, Riz Ahmed
Action, États-Unis, 1h52
10 octobre 2018

Galveson
Réalisé par Mélanie Laurent
Avec Ben Foster, Elle Fanning, Lili Reinhart
Policier, États-Unis, 1h31
10 octobre 2018

Dilili à Paris
Réalisé par Michel Ocelot
Animation, France, Belgique, Allemagne, 1h35
10 octobre 2018
À partir de 8-9 ans.

L’amour flou
Réalisé par Romane Bohringer et Philippe Rebbot
Avec Romane Bohringer, Philippe Rebbot, Reda Kateb
Comédie, France, 1h37
10 octobre 2018

Lindy Lou – Jurée n°2
Réalisé par Florent Vassault
Documentaire, France, 1h24
10 octobre 2018

 

Publié par Phantasmagory

Cinéma - Série - VR

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