[CONSEILS DU VENDREDI] #17

Ce vendredi, nous vous parlons de : Pupille, Astérix : Le secret de la Potion Magique, Les confins du monde, Cassandro The Exotico, Fargo et Les Chasses du comtes Zaroff.


Pupille Le petit Théo est né sous X. Sa mère une jeune femme de 21 ans ne souhaite pas le garder. De l’accouchement à l’adoption, Pupille explore les différentes instances qui s’occupent des enfants sans parent. Après, Elle l’adore — excellent premier film qui mettait déjà en scène la fabuleuse Sandrine Kimberlain — Jeanne Herry réalise un deuxième long-métrage poignant avec une véritable délicatesse pour les multiples personnages qui parcourt ce récit. Elle retrace les différents moments de l’adoption avec la crédibilité d’un documentaire. Elle efface tout moment de doute, nous savons dès le début qu’Alice — jouée par une Élodie Bouchez incroyable — sera la future mère de ce bébé. Annulant tout effet de surprise, elle reste focalisée sur les émotions, les détresses et les espoirs de toutes les personnes qui croisent la route du petit Théo, ainsi que du Théo lui-même. Enfant qui absorbe toutes les émotions. Le scénario laisse voir les difficultés, les douleurs et les bonheurs liés aux enfants. La réalisatrice sait surprendre en mettant un homme dans le rôle de l’assistant familial — dont nous aurons plutôt vu une femme, les conventions de la société le voulant ainsi. En prenant à contre-pied ce cliché sociétal, elle donne à Gilles Lellouche son plus beau rôle. Tout au long du récit, le film montre que l’adoption est un travail collectif, où parents et assistance sociale travaillent main dans la main pour l’avenir de l’enfant. Elle en montre également les failles. Jeanne Herry reste proche de ses personnages en les cadrant de très près et quand bien même cela pourrait être étouffant, cette mise en scène révèle les petits riens de l’univers qui gravite autour de l’enfant. Elle livre un film beau, tendre et juste. Jeanne Herry est déjà une grande cinéaste. Allez voir Pupille, c’est un conseil d’ami. M.M

Astérix – Le secret de la Potion Magique : Panoramix est à la recherche d’un successeur afin de lui transmettre le secret de la potion magique. Tradition ancestrale, l’heureux élu se doit d’être un apprenti druide. Il part à la conquête de la perle rare accompagné des fidèles Astérix, Obélix, Idéfix et une nouvelle recrue, la petite villageoise Pectine. Ensemble ils traversent toute la Gaulle déterminé comme jamais, mais c’est sans compter sur Sulfurix, l’ennemi juré de Panoramix, qui s’est promis de récupérer la recette de la potion. Il s’agit de la deuxième collaboration entre Alexandre Astier et Louis Clichy, ancien animateur Pixar. Comme pour Le Domaine des Dieux, la 3D est au rendez-vous. Rien à dire de ce côté. L’animation est impeccable, lisse, presque onctueuse, on a envie de croquer dans la bouille des personnages. Le film est une histoire au scénario original. Le pari est réussi. On ne s’ennuie pas un seul instant, ça pétarade dans tous les coins à coups de baffes, de lancers de poissons et de boules de feux. Les nouveaux personnages sont bien trouvés et le grand méchant Sulfurix n’a rien a envier à ses prédécesseurs : regard pénétrant, pourvoir controversé, intentions machiavéliques, tous les ingrédients sont réunis. Les comiques de situation sauront ravir l’ensemble de la salle et les jeux de mots des prénoms gaulois feront rire les plus grands (petit pensée émue en voyant le film de notre côté : Fantasmagorix était de la partie !)
Le générique fait son entrée sur un tube de l’année 1984. Un décalage dont on se régale tant par son l’audace que par le choix du morceau en lui même. Je n’ai pas pu m’empêcher, vous pouvez le découvrir juste en cliquant ici. C.L.L.

Les confins du monde : Indochine, 1945. Après avoir survécu à un massacre et avoir vu son frère mourir sous ses yeux, Robert Tassen, soldat français mobilisé en terres indochinoises directement après la fin du conflit franco-allemand, survit uniquement grâce à son désir de vengeance. Que fait-on quand on n’a plus rien à perdre et que la colère nous anime ? Nous sommes pris au piège de cette jungle pluvieuse et de l’horreur du quotidien, entre massacres, charniers et marches forcées. L’impression d’une immersion totale – et naturelle – nous tenaille de bout en bout, accompagnée par la voix d’un narrateur bien connu. L’image est magnifique, granuleuse et fourmillante, presque humide avec ses teintes bleues et vertes de jungle sud-asiatique. Seule rupture à cette concordance parfaite des couleurs : le rouge des rencontres de Robert avec Maï, dans cette petite chambre de passe. Plongée au cœur du conflit aux côtés de ce soldat solitaire – presque dans son esprit. Gaspard Ulliel fait preuve d’un très grand talent dans cette incarnation. La mise en scène épurée est soulignée par une musique très belle et une grande place laissée aux sons de la Nature. Guillaume Nicloux réalise, après Valley of Love, une errance dans la folie et se réinvente en tant que cinéaste à suivre. Saluons aussi la beauté de ce titre : Les Confins du Monde, invitation dans un voyage intérieur torturé. Une surprise très bonne et inattendue au festival de Cannes 2018 ! M.M et M.K.

Cassandro The Exotico : Découverte importante des 30e Etats généraux du film documentaire de Lussas : Cassandro the Exotico ! Annoncé dans la sélection cannoise 2018 de l’Acid, le film est prometteur : direction le ring de lucha libre mexicaine aux côtés de Cassandro, le roi des Exoticos, ces catcheurs mexicains gays travestis. La réalisatrice, Marie Losier, s’intéressait déjà au genre et au corps dans The Ballad of Genesis and Lady Jaye (2011), documentaire qui retraçait la transformation de l’artiste Breyer P-Orridge Genesis et de sa femme, Lady Jaye Breyer P’Orridge, subissant opération chirurgicale sur opération chirurgicale pour ne plus être qu’un reflet de l’Autre aimé. Aux côtés de Cassandro, nous le sommes aussi bien lors des combats que pendant ses moments de solitudes chez lui. Le lutteur est un acteur, au travail mais aussi dans son quotidien hors de la lutte. Derrière les apparences de la scène, le maquillage et les costumes brillants, il faut du temps à Losier pour découvrir ce personnage, physiquement et mentalement brisé. Car oui, la lucha, ça casse, et le jugement des autres aussi. Très rapidement, cet homme étonnant et haut en couleurs nous touche par sa sensibilité à mesure qu’on découvre sa solitude extrême et la relation de tendresse qui se noue avec la réalisatrice. Les différents régimes d’images nous permettent aussi cette plongée émue dans le quotidien étonnant du luchador. Décidément, cette semaine, on est servi ! M.K.

Fargo : Comment ne pas avoir envie de découvrir ou redécouvrir ce film culte sorti en 1996 ? Dans une ambiance enneigée, les Frères Coen offrent le meilleur de leur humour en livrant ce film parfaitement cynique. Un vendeur endetté fait enlever sa femme pour que son beau-père paye la rançon. Mais rien ne se passe comme prévu… Le film est devenu célèbre et célébré dans le monde entier pour le talent scénaristique des deux frères, les acteurs et actrices (Steve Buscemi et Frances McDormand sont juste dingues et parfaits), ainsi que son ambiance (atypique si on ne connaît pas les Coen : neige, sang et comédie). Courez le voir en salles, sur grand écran ! (Et profitez-en aussi pour voir la série éponyme produite par les Coen.) M.M. et M.K.

Les Chasses du comte Zaroff : Suite à un naufrage, Bob Rainsford est accueilli dans le manoir d’un aristocrate russe, le comte Zaroff. Il découvre peu à peu qu’il n’est pas l’unique rescapé et qu’à la nuit tombée, le comte organise des chasses à l’homme. Petit bijoux du cinéma fantastique, le film questionne et surtout révèle la part d’animalité qui nous hante. Cette fable horrifique se déroule dans un château de toute beauté et une forêt aussi dangereuse que mystérieuse. C’est dans ce décor mi-sauvage mi-habité que Zaroff déambule avec classe et un regard toujours inquiétant à l’affût de ses proies humaines. Un film élégamment cauchemardesque à ne rater sous aucun prétexte. C.L.L.

Manon Koken, Marine Moutot et Clémence Letort-Lipszyc

Pupille
Réalisé par Jeanne Herry
Avec Sandrine Kiberlain, Gilles Lellouche, Élodie Bouchez
Drame, France, 1h47
5 décembre 2018

Astérix – Le secret de la Potion Magique
Réalisé par Louis Clichy, Alexandre Astier
Avec Bernard Alane, Christian Clavier, Guillaume Briat
Animation, Famille, France, 1h25
5 décembre 2018

Les confins du monde
Réalisé par Guillaume Nicloux
Avec Gaspard Ulliel, Guillaume Gouix, Lang-Khê Tran
Drame, France, 1h43
5 décembre 2018

Cassandro The Exotico
Réalisé par Marc Losier
Avec Cassandro
Documentaire, France, 1h13
5 décembre 2018

Fargo
Réalisé parles Frères Coen
Avec William H. Macy, Frances McDormand, Steve Buscemi
Policier, Drame, États-Unis, 1h37
1996 – ressortie en version restaurée le 5 décembre 2018

Les Chasses du comte Zaroff
Réalisé par Ernest B. Schoedsack, Irving Pichel
Avec Joel McCrea, Fay Wray, Robert Armstrong
Aventure, Thriller, États-Unis, 1h05
1934 – ressortie en version restaurée le 5 décembre 2018

 

Publié par Phantasmagory

Cinéma - Série - VR

2 commentaires sur « [CONSEILS DU VENDREDI] #17 »

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