[CONSEILS DU VENDREDI] #18

Ce vendredi, nous vous parlons de : Une Affaire de Famille, Spider Man : New Generation, Utøya, 22 juillet, Pachamama et Yentl.


Une Affaire de Famille Alors qu’ils rentrent chez eux, après un vol à l’étalage, Osamu et son fils trouvent une petite fille dans le froid. Ils la ramènent chez eux pour la nourrir et la réchauffer. Très vite pris d’affection pour elle, la famille décide de la garder. Après une famille biologique violente, la petite Juri découvre l’amour dans sa maison d’adoption. Le propos du cinéaste Kore-Eda se résume dans ce dilemme : famille biologique plus que tout ? Lien du sang plutôt que l’amour ? Hirokazu Kore-eda réalise un nouveau film touchant, dont le seul point négatif — pour l’une des deux critiques — et il s’agit bien du seul : est qu’il ajoute une part de mystère autour des enfants et de la constitution de la famille. Quand vient la révélation, l’effet tombe à plat. Il est si juste dans sa réalisation avec les enfants et dans leur relation avec les parents, que de vouloir surfer sur un faux mystère efface un peu le propos de l’histoire — il avait déjà échoué avec son précédent film The Third Murder.
Le réalisateur travaille au jour le jour avec les jeunes acteur.ices, leur chuchotant les phrases et/ou les intentions qu’ils doivent apporter à la scène, ce qui rend à l’écran des moments émotionnellement intenses et justes, tant dans le propos que dans l’intention. L’une des scènes les plus touchantes restant celle de l’arrestation de la mère, entièrement improvisée. Durant le tournage, Kore-Eda inscrivait les questions sur un carton pour que la policière les pose au fur et à mesure. L’actrice, Sakura Andô est exceptionnelle. Kore-Eda est un grand cinéaste de la famille et il livre un film beau, qui aurait gagné à être plus simple. Mais qui montre avec honnêteté les « gens invisibles » qui sont cachés du reste de la société. Un long-métrage humain à découvrir en ce moment sur les écrans. M.M et M.K.

Spider Man : New Generation Le énième film sur Spiderman commence par une phrase ironique : « comme vous le savez déjà, je suis Peter Parker ». Une rapide présentation nous éclaire, à la fois pour ceux qui connaissent tout du personnage — ils seront ravis de voir que les événements sont repris des différents films et comics existants. Pour les autres, pas d’inquiétude, l’introduction est claire et bien construite, vous aurez les éléments essentiels en main pour comprendre et profiter du spectacle. Puis, nous venons au héros principal de l’histoire : Miles Morales. Jeune gamin de quartier populaire qui va dans l’école huppée qu’il déteste. Alors qu’il tague un mur abandonné dans un sous-sol avec son oncle, il se fait piquer par une araignée radioactive. La narration reste jusque là classique. La seule particularité : nous voilà avec deux Spiderman dans la même dimension. Très vite le grand méchant arrive. Son but : ressusciter sa femme et son fils décédés dans un accident de voiture en ouvrant divers portails pour accéder à d’autres univers parallèles. Par un épisode malencontreux qui a causé la mort du premier Spiderman, voici qu’une multitude d’autres Spiders qui surgissent à New York. La force du film tient par son rythme effréné plus que par son histoire, bien que nous sommes ravis de faire la connaissance des divers Spiders inventés. Le graphisme de l’animation reprend fortement celui des nouveaux comics avec leurs belles couleurs et leurs papiers glacés. Dans les scènes d’actions, les réalisateurs n’hésitent pas à utiliser les cases pour montrer de différents points de vue la scène ou pour en accentuer l’effet. Nous avons l’impression de lire une bande dessinée animée. Tout y est : les bulles, les exclamations, les apartés. L’emprunt est fort et l’hommage est grand. Avec l’arrivée des autres mondes, d’autres univers sont appelés : le Spider-cochon sorti tout droit d’un cartoon, Peni Parker avec son robot très japanisé pour le manga, Black Spiderman représente le polar des années 1930. Plus que des personnages, ce sont des graphismes et des ambiances qui sont montrés à l’écran. De même, la bande originale anime avec joie cette réjouissante explosion de couleurs et de dessins. Et les personnages féminins ne sont pas entièrement en reste : Spiderwoman est très présente et le Doctor Octupos est en fait une femme. Ce n’est pas ouf, mais c’est déjà pas mal.
PS : Rester jusqu’à la fin du générique, la scène additionnelle est drôle. 
M.M.

Utøya, 22 juillet : 22 juillet 2011, 15h26. A Oslo, dans le quartier des ambassades, une bombe explose. Quelques instant  plus tard, sur l’île d’Utøya où est réuni un groupe de jeunes militants travaillistes, un terroriste d’extrême droite entame un massacre qui durera 72 minutes. Autant vous le dire, Utøya n’est pas un film facile à regarder. Peut-être que c’est un film que vous ne devriez pas voir… Parce que ce n’est pas un film… Parce que ce que vous y verrez c’est à peu de choses près ce qui a dû se passer ce 22 juillet, il y a maintenant sept ans et ce qui s’est encore passé il y a à peine quelques jours, chez nous, dans les rues de Strasbourg : ce moment où des fous extrémistes – quels qu’ils soient – font en quelques instants basculer la vie normale dans l’horreur la plus absolue. Le visionnage d’Utøya vous vaudra celui de tous les films d’horreur mais aidera-t-il pour autant à comprendre l’incompréhensible ? Non : juste à en constater le déroulement, impuissant. Erik Poppe s’est emparé de son sujet à la manière d’un film de guerre. Il signe là quasiment un reportage en caméra embarquée, tout en long plans séquences, qui – comme dans ces instants de terreur – ne laisseront aucune place à la distanciation. Ici il n’y aura pas de cut, d’effets de sur-dramatisation, d’héroïsme ou de gore. Pas de musique non plus. Pas de répit. C’est à la fois la force magistrale de cette œuvre mais également sa qualité la plus terrible et la plus glaçante. C’est pourquoi la décision d’aller voir ou non Utøya, 22 juillet restera à votre seule discrétion. M.P.

PachamamaDeux jeunes Indiens de la Cordillère des Andes, Tepulpaï et Naïra, partent à la recherche de la Pachamama, le totem protecteur de leur village dérobé par les Incas. Leur parcours initiatique les mènera bien loin des terres familières… Pachamama, c’est la Terre-mère nourricière au Pérou. A travers ce très beau second long métrage d’animation, le réalisateur argentin, Juan Antin, rend un bel hommage animé à la civilisation de l’Amérique latine précolombienne. Grâce à Tepulpaï et Naïra, il raconte la colonisation espagnole du point de vue des indigènes. Le tout à hauteur d’enfants. Avec eux, le spectateur (re)découvre une civilisation visionnaire, attachée à l’écologie, à l’agriculture et au respect d’autrui. L’osmose entre nature et humain se ressent particulièrement bien grâce à la musique traditionnelle précolombienne de Pierre Hamon et à l’univers coloré et lumineux de Maria Hellemeyer. Le spectateur en apprend beaucoup sur les Incas. Évidemment, on voudrait en savoir encore plus… M.K.

Dossier de presse et documents pédagogiques disponibles sur le site de Haut et Court, le distributeur : http://www.hautetcourt.com/film/fiche/332/pachamama

Yentl : Europe de l’est, début du XXème siècle. Yentl, la fille du rabbin du village, n’a qu’une ambition : apprendre le Talmud ; ouvrage dont l’enseignement est pourtant interdit aux femmes. Après la mort de son père, elle décide de quitter les siens et de se faire passer pour un homme afin d’accomplir sa quête de savoir. Ahlala, quel plaisir de pouvoir découvrir ou redécouvrir Yentl en salles cette semaine. Réalisé avec soin par Barbra herself, le premier film de l’actrice-chanteuse/star planétaire/ 2nd- idole-LGBT+-de-tous-les temps-derrière-Cher et-encore, bénéficie d’une très belle cinématographie et de chansons inoubliables qui ont contribué à instaurer son statut d’objet culte. Sous ses airs de comédie musicale parfois un peu folklorique Yentl demeure néanmoins bien moins désuet qu’il n’y parait au premier abord. Au travers de son héroïne pleine d’imperfections pour la société de son époque (gauche, intelligente et parfois trop arrogante pour un milieu qui préférerait la voir dévouée à maîtriser la cuisson des carpes), le film offre à la fois un commentaire social plein d’esprit et un beau portrait de femme, à la fois intrépide et dévouée à la sauvegarde de son indépendance et de sa liberté à mener sa vie en ses propres termes. A voir et à revoir sans hésitation. M.P.

Manon Koken, Marine Moutot et Marine Pallec

Une Affaire de Famille
Réalisé par Hirokazu Kore-eda
Avec Lily Franky, Sakura Andô, Mayu Matsuoka
Drame, Japon, 2h01
12 décembre 2018

Spider-Man : New Generation
Réalisé par Bob Persichetti, Peter Ramsey et Rodney Rothman
Animation, Action, Etats-Unis, 1h57
12 décembre 2018

Utøya 22 juillet
Réalisé par Erik Poppe
Avec Andrea Berntzen, Elli Rhiannon Müller Osbourne, Aleksander Holmen
Drame, Thriller, Norvège, 1h33
12 décembre 2018

Pachamama
Réalisé par Juan Antin
Avec Andrea Santamaria, India Coenen, Saïd Amadis
Animation, France, 1h12
12 décembre 2018

Yentl
Réalisé par Barbra Streisand
Avec Barbra Streisand, Mandy Patinkin, Amy Irving
Drame, Comédie musicale, Romance, États-Unis, Royaume-Uni, 2h15
1983 – ressortie en version restaurée le 12 décembre 2018

Publié par Phantasmagory

Cinéma - Série - VR

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