[CRITIQUE] The Marvelous Mrs Maisel – Saison 2

L’Âge de Raison

Créatrice de Gilmore Girls, Amy Sherman-Palldino s’inspire pour développer cette nouvelle série de son père, un comédien de stand-up à New York et également de son admiration pour les premières femmes de comédie telles que Totie Fields et Joan Rivers.

Pour cette saison inédite, nous suivons Midge qui sort peu à peu de sa bulle new-yorkaise parfaite et découvre le vrai monde.

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Perfection, always perfection 

En 10 minutes, la nouvelle saison est lancée. Il se passe plus de catastrophes pendant cette ouverture que dans tous les autres épisodes. Abel — le père de Midge — découvre que Rose — la femme d’Abel — vit à Paris et ne compte pas revenir. Il alerte sa fille et ils partent ensemble pour la capitale française. Nous avons entre temps appris que Midge avait été délogée des comptoirs beautés et se trouve maintenant dans la triste zone téléphonique, en sous-sol, mais donnant toujours le meilleur d’elle-même. Son but : retrouver la lumière du jour et le maquillage.

Quand ils arrivent à Paris, c’est là que la déception commence. D’entrée de jeu, on nous présente un Paris bohème, libre. Un peu comme le cliché que ce font les étrangers de Paris. Un Paris avec le béret, la baguette de pain, les artistes à tous les coins de rue, les cafés. L’ambiance d’un cliché tenace. Une ville parfaite. À faire regretter l’ambiance un peu surannée de New York dans la première saison. On ne regarde pas la série pour sa vérité historique et on aime le côté un peu rose bonbon des décors et des costumes, mais au fin fond de nous, on espérait un peu de réalité et pas que du cliché. 

Bref, la série se lance, un peu mal, mais elle se lance avec la toujours excellente Rachel Brosnahan dans le rôle de Midge. Nous retrouvons l’énergie, la vivacité et sa verve avec autant de plaisir — surtout à partir du troisième épisode. Mais au fur et à mesure que nous avançons dans les dix épisodes, quelque chose frappe : la perfection de Mrs Maisel. Et c’est cela qui est un brin agaçant avec ce personnage principal : Midge fait tout bien. Elle est cette femme parfaite qui arrive à tout gérer dans sa vie avec un peu de retard parfois, mais toujours bien maquillée, toujours parfaitement dans le contrôle. Et les moments d’égarements et de fautes ne sont finalement que le reflet de sa personnalité. Certes, elle ne convient pas aux mœurs de son époque, certes elle détone souvent par son langage et son humour, mais même dans sa différence elle est parfaite. C’est le genre de femme qui mène un cap avec brio et reste sûr d’elle-même. À la fois c’est beau d’avoir un personnage de cette ampleur, et en même temps c’est déprimant. Où sont ses failles? Où sont ses défauts? Le seul moment où elle se brise c’est dans le dernier épisode, au dernier moment : c’est mieux, mais c’est trop court. 

Avec deux épisodes de plus que la première saison, la série prend plus le temps de découvrir et de créer des intrigues secondaires pour les autres personnages. Le centre du monde ne tourne plus seulement autour de Midge. Ses parents ont le droit à une romance à Paris, Joel essaye de rattraper ses erreurs en sauvant l’entreprise de ses parents et Susie, la super-manageuse se fait kidnapper, devient plombière, tout cela dans le but de décrocher le show qui fera de Midge une star.
C’est grâce à eux que la série prend de l’épaisseur et peut prétendre à retranscrire une vision pas trop surfaite des années 1950. Et ils sont là également pour montrer comment Midge gagne en maturité d’épisodes en épisodes. 

Féministe et compagnie

Si The Marvelous Mrs Maisel me plait autant c’est pour les moments purement féministes que distillent les différents personnages tout au long des épisodes. Bien que dans cette saison, ils se fassent plus rares, ils sont aussi plus mordants.

Nous avons enfin le droit à découvrir le milieu misogyne du stand-up. Aspect éludé dans la première saison, Susie et Midge sont de plus en plus en recherche de contrats payés ce qui les oblige à sortir de leur zone de confort. Outre un moment où elle passe pour la première fois dans un bar avec seulement des comiques hommes. Alors qu’elle devait monter sur scène en troisième, chaque passage lui est refusé et elle finit par être la dernière à monter sur scène. Sale, énervée, bourrée et moquée par ses collègues masculins. Loin de l’image parfaite qu’elle aurait voulu montrer — ce sera la seule fois, dommage. Elle est aussi critiquée parce qu’elle est belle et ne fait pas rire. Combien de fois aura-t-elle droit à : est-ce qu’elle chante? Mais elle n’est pas déguisée ? Car c’est bien connu : une femme belle chante et une femme laide fait rire. Et c’est toujours avec plaisir que nous voyons Midge se débarrasser des emmerdes — pardon du langage — et à envoyer paitre ses adverses masculins et féminins. 

Mais la grande nouveauté est la rébellion intérieure de sa mère. Femme au foyer extrêmement conventionnelle, elle ne trouve plus sa place dans une famille qui n’a plus besoin d’elle. Pendant 30 ans, elle n’avait jamais pensé à elle. Sa fuite à Paris était un moyen de se reconnecter avec elle-même. Elle va donc chercher à se reconstruire. En suivant des cours d’art à New York par exemple, où elle parle avec des délices des réalités sociales aux jeunes filles avec qui elle va en classes. Dans sa manière de dire les choses : douce et attentionnée, elle délivre des réalités dures. Pourtant là encore, ils sont trop rares et très rapidement Rose est éclipsée de la saison. 

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Conclusion 

The Marvelous Mrs Maisel perd de son côté subversif. La série devient trop lisse et malgré quelques éclats bien placés, nous prenons moins d’intérêt à suivre notre héroïne qui évolue dans une ambiance qui commence à sentir le carton-pâte. Les couleurs criardes, les costumes, les décors et un Paris donnent à cette saison un air de cliché mal placé qui fait mal aux cœurs. Tandis que Midge combat avec sa verve la misogynie et le sexisme pour avoir sa place dans un monde qui ne la veut pas, et la série se perd dans son univers glacé. Cela reste malgré tout un grand plaisir de suivre ses aventures sur petit écran.

Marine Moutot

On vous parle aussi de la première saison ici.


Série créée par Amy Sherman-Palladino
Avec Rachel Brosnahan, Alex Borstein, Michael Zegen, Marin Hinkle, Tony Shalhoub
Comédie, Etats-Unis, Saison 2
2017 – en production


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Publié par Phantasmagory

Cinéma - Série - VR

2 commentaires sur « [CRITIQUE] The Marvelous Mrs Maisel – Saison 2 »

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