[CONSEILS DU VENDREDI] #27

Ce vendredi, nous vous parlons de : Deux Fils, Alita : Battle Angel, Moi, Maman, ma mère et moi et Dans la terrible jungle.


Deux Fils : Le frère de Joseph vient de décéder d’un cancer. Joseph, médecin aux velléités littéraires, n’arrive pas à surmonter la mort de ce dernier, Joachim, thésard trentenaire, refuse d’accepter sa rupture avec Suzanne et Ivan, jeune collégien, est en pleine crise mystique. A eux trois, ils sont bien désemparés et galèrent à maintenir leur trio familial soudé.
Le premier film de Félix Moati vient de sortir en salle. Evidemment, un acteur qui passe derrière la caméra ça interroge toujours. Avec lui, il a ramené une bonne partie de sa clique : Vincent Lacoste – évidemment -, Anaïs Demoustier et India Hair. A ceux-là s’ajoutent Noémie Lvovsky et un Benoît Poelvoorde bien plus calme et effacé que d’habitude – et c’est aussi agréable. A leurs côtés, le jeune Mathieu Capella fait une première apparition remarquée. Le tout se passe dans un univers très parisien : soirées, monuments, embouteillages, brasseries et maisons d’édition – eh oui on est à Paris de bout en bout. Dépression, mal être, deuil, chagrin, échec, rupture, tout y passe ! Et pourtant cela donne un film plein d’espoir, de tendresse et de sensibilité. L’amour entre ces trois hommes (assez) semblables à différents âges est parfaitement évident, malgré toute la maladresse et les non-dits de ces derniers. L’humour est très présent, souvent là où on ne l’attend pas. A noter : une course poursuite effrénée et une entrevue avec la psychologue du collège – hilarants ! Cette atmosphère que construit habilement Moati (accompagné à l’écriture par Florence Seyvos – à qui l’on doit le très beau roman Le garçon incassable et plusieurs collaborations avec Noémie Lvovsky) nous emporte tout simplement. Ce n’est pas une révolution mais un beau moment de vie, de cinéma et de jeunesse – et surtout avec une BO jazz très bien choisie. M.K.

Alita : Battle Angel Alita est une jeune cyborg que le docteur Dyson trouve dans une décharge. À son réveil, elle ignore qui elle est et va apprendre à vivre dans la ville d’Iron City, dernière ville d’après l’Effondrement — à ce que nous comprenons. Tiré du manga Gunnm et américanisé, le film donne en deux heures une faible palette des personnages et de l’univers créé. Le début commence et installe la plupart des antagonistes en moins de 10 minutes. Dire que l’histoire est bâclée serait un euphémisme. Le récit reprend les codes de l’apocalypse et ne juge pas utile de développer plus en amont l’univers pourtant foisonnant et intéressant. L’idée d’une ville construite à partir des déchets d’une cité inatteignable n’est pas exploitée. Les personnages principaux comme les secondaires sont sans épaisseur — je ne vous parle même pas des méchant.e.s. Reste malgré tout une esthétique séduisante et Alita dont le personnage à peine esquissé est attachant. Ainsi que des scènes d’actions notables, renforcées par la technologie de la 4DX. Pour ceux qui ne connaissent pas, quand vous rentrez dans la salle vous avez l’impression de rentrer dans une attraction à Disney. Les fauteuils bougent pendant les scènes d’action et vous ressentez le vent, la pluie, l’orage, le brouillard, les odeurs… En soit, une expérience qui se veut plus immersive — ce qui n’est pas entièrement faux, vous ressortez avec des courbatures. Pour conclure, Alita : Battle Angel est un long-métrage qui se regarde, remplissant ses promesses pour ne pas vous ennuyer, mais ne dépassant jamais le genre et certainement pas le manga, ni par son originalité ni par le développement de son récit. De plus, mauvaise surprise à la fin du film : il y aura une suite. M.M

Si vous souhaitez découvrir le film en 4DX, cliquez ici.

Moi, Maman, ma mère et moi : La mère de Benoît vient de mourir. Coincé dans l’Eurostar, il n’a pas pu être présent à son enterrement. Un au-revoir raté. Maintenant, entouré de ses frères et soeurs, à lui de faire le tri dans la maison quittée il y a quinze ans pour tourner la page. Benoît c’est un peu Gabriel Sarda de Dix pour cent, comme le fait remarquer si justement Charline Vanhoenacker lors de son interview de Grégory Montel dans Par Jupiter ! (pour l’écouter en podcast, c’est par ). Effectivement, on imagine bien ce dernier, toujours un peu largué, ratant l’enterrement d’un proche et devant faire le tri dans son passé foutraque. Et c’est parti pour l’introspection. Une thérapie solo qui ne se fait pas tout à fait tout seul… Le comique, empruntant parfois quelques accents burlesques, pourrait verser dans le fantastique. Enfin presque. Les scènes comiques s’enchaînent classiquement ponctuées par les disputes. En somme, il n’y a rien de bien original dans cette comédie française mais l’atmosphère est agréable. Et on apprécie toujours de voir ces comédiens sympathiques, notamment Philippe Rebbot, baboss à souhait avec son superbe t-shirt Woodstock. M.K.

Dans la terrible jungle Découvert aux Etats généraux du documentaire de Lussas cet été mais déjà présent en mai à Cannes au sein de la sélection Acid, le documentaire de Caroline Capel et Ombeline Ley, duo sorti des Arts déco, est une réussite ! Il vaut mieux ne pas trop en dire et laisser le spectateur plonger in media res dans cette surprenante comédie. Comédie ? On pourrait y croire, oui. Dans la terrible jungle est un film sur la manière dont la fiction alimente le réel – et notamment le quotidien de ces enfants au centre La Pépinière, à Loos, dans les Hauts-de-France. Ici, ce sont les enfants qui racontent des histoires. C’est le monde des possibles dans lequel ils évoluent. Ce n’est pas tant un documentaire sur le handicap qu’une oeuvre sur l’enfance, plein de fraîcheur, d’espoir et de joie de vivre (tout comme les adolescents qu’il accompagne). Jamais misérabiliste ou voyeuriste, ce film nous montre comment des enfants restent des enfants : inventifs, parfois caractériels, rêveurs, têtus, inspirés, quelques soient les difficultés auxquelles ils doivent faire face. Le dispositif est simple : des saynètes presque burlesques du quotidien en plans larges. L’imagination – partout présente – insuffle une puissance créatrice à ces enfants. Ces adolescents-personnages sont touchants, excentriques et extraordinaires, qu’ils soient super-héros ou chanteuses. On rit avec eux et ils nous émerveillent et nous surprennent. A peine une heure vingt s’est écoulée et on voudrait les accompagner toujours. Le tout en musique ! M.K.

Manon Koken, Marine Moutot

Deux fils
Réalisé par Félix Moati
Avec Benoît Poelvoorde, Vincent Lacoste, Mathieu Capella
Comédie dramatique, France, 1h30
13 février 2019

Alita : Battle Angel
Réalisé par Robert Rodriguez
Avec Rosa Salazar, Christoph Waltz, Jennifer Connelly
Science fiction, Action, États-Unis, Argentine, Canada, 2h01
13 février 2019

Moi, Maman, ma mère et moi
Réalisé par Christophe Le Masne
Avec Grégory Montel, Olivia Côte, Philippe Rebbot
Comédie, France, 1h27
13 février 2019

Dans la terrible jungle
Réalisé par Caroline Capelle et Ombline Ley
Avec Ophélie Lefebvre, Léa Lenoir, Médéric Sergott
Documentaire, France, 1h21
13 février 2019

Publié par Phantasmagory

Cinéma - Série - VR

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