[CONSEILS DU VENDREDI] #38

Ce vendredi, nous vous parlons de : Her job et #Female Pleasure.


Her job : Panayiota est une jeune mère aimante mais qui vit sous la coupe de son mari, Kostas, autoritaire et colérique. Celui-ci peinant à retrouver un travail, Panayiota décide un jour de postuler pour un emploi de femme de ménage dans un grand centre commercial. Là-bas, elle va rencontrer d’autres femmes avec qui elle va très vite se lier d’amitié. Bienveillantes, elles vont l’aider à reconnaître enfin sa valeur, et à retrouver le sourire. Bientôt les rôles s’inversent dans son couple, et Kostas qui se faisait obéir au doigt et à l’œil se retrouve à partager les tâches domestiques, ce qui lui déplaît fortement. Cependant, malgré la mauvaise volonté de son mari, les choses commencent tout de même à bouger autour d’elle, et Panayiota entrevoit enfin un nouvel avenir possible.
Malgré quelques lenteurs dans la réalisation, on se prend vite d’affection pour cette héroïne qui lutte pour s’émanciper chaque jour un peu plus. Nikos Labôt nous offre ici le portrait d’une femme qui reprend goût à la vie, reconquiert ses droits et tente progressivement de retrouver le respect qui lui est dû. Le réalisateur évoque aussi la précarité de l’emploi, pour ces femmes, souvent mères de famille, qui doivent jongler entre leur travail et leurs enfants, et qui abattent un travail considérable à des postes ingrats. L’entreprise qui leur offre une possibilité de s’élever, ne serait-ce qu’un tantinet, de leur position sociale est aussi la main de fer qui va briser leurs illusions en les licenciant après les avoir exploitées sans vergogne. Nikos Labôt signe ici un long métrage qui nous transporte dans l’Athènes d’aujourd’hui, et qui nous montre à la fois les difficultés rencontrées pour sortir de la crise financière, mais aussi le combat qui doit être mené par les femmes pour sortir des genres traditionnellement définis, et ce, dans le monde entier. A.E.

#Female Pleasure : #Female Pleasure, ce n’est pas seulement un film pour parler du plaisir féminin, c’est avant tout une manière de montrer l’éveil politique de femmes aux origines et aux parcours (très) différents. Point commun : elles ont toutes subi, par le passé et encore aujourd’hui, les affres divers de sociétés patriarcales. On a là seulement cinq destins féminins mais ils permettent déjà de faire un tour du globe et d’aborder le rapport des religions majoritaires (et pas seulement monothéistes) aux femmes et à leur corps. Ainsi, un questionnement plus large peut être abordé à travers ces différents parcours : qu’est-ce qui fait qu’aujourd’hui encore les femmes soient considérées comme des êtres inférieurs, que des abus soient aussi régulièrement commis à leur égard et que leur sexualité soit un tel tabou ? Allons à la rencontre de ces femmes courageuses qui luttent chaque jour pour que nos sociétés évoluent !
Deborah Feldman, Américaine juive hassidique à New York, se voit contrainte de se marier à un parfait inconnu de sa communauté à l’âge de 17 ans. Enceinte une semaine plus tard, elle fuit sa communauté à la naissance de son fils, refusant la vie à laquelle on la destine. Aujourd’hui, elle a totalement rompu les liens avec sa famille et milite par la photographie.
Leyla Hussein, Somalienne d’origine musulmane, habite à Londres. C’est dans la capitale britannique qu’elle a subi son excision à 7 ans, une violence organisée et acceptée par ses propres parents. Aujourd’hui, elle intervient au Parlement britannique mais aussi au Kenya et dans d’autres pays, avec ses associations, Hawa’s Heaven et Daughters of Eve, pour faire comprendre l’horreur de cette pratique monstrueuse et ainsi changer les mentalités.
Rokudenashiko, artiste plasticienne japonaise qui a fait parler d’elle ces dernières années à Tokyo. Pourquoi donc ? Pour avoir fait un moulage de sa vulve en 3D, raison pour laquelle elle a été arrêtée et accusée d’obscénité. Oui, oui, on est bien dans un pays où, pour le Kanamara Matsuri, la fête de la fertilité masculine, les hommes défilent en portant des pénis géants sur leurs épaules et les spectateurs lèchent allègrement des sucettes en forme de sexe masculin. Pourquoi un vagin serait plus obscène qu’un pénis ? Allez, lisons son manga Manga “L’art de la vulve, une obscénité ?” !
Doris Wagner, ancienne religieuse catholique allemande ayant subi des abus sexuels de la part d’un prêtre. Elle raconte son rapport à la foi et à l’hypocrisie de l’Eglise. Malgré ses plaintes et son adresse au Pape, son accusation est restée sans suite. Elle a alors décidé d’écrire un livre pour raconter son histoire.
Vithika Yadav, jeune Indienne vivant au Rajasthan, région du nord de l’Inde. Issue d’une famille hindoue, elle est la première de sa famille à faire un mariage d’amour. Harcèlement sexuel, agressions et maltraitances envers les femmes, elle nous raconte le quotidien des Indiennes. Afin de faire évoluer cette malheureuse réalité, elle a créé un site d’éducation sexuelle : Lovematters (par ). En effet, on peut voir là un lien avec le Japon : le porno est la seule fenêtre de visibilité sur la sexualité ce qui crée une vision tronquée des rapports, uniquement centrée sur le plaisir masculin.
Voilà un film qui fait du bien ! C’est une première étape, un moment de découverte de l’empowerment, qui nous donne envie de lutter, nous aussi. En mettant en lumière le tabou autour de la sexualité féminine, le documentaire, bien qu’assez classique (et parfois un tout petit peu kitsch), souligne l’importance du combat à mener contre l’ignorance et la bêtise des sociétés patriarcales. A montrer absolument pour éveiller les consciences mais aussi pour redonner foi dans la lutte féministe grâce à la force de ses témoignages (notamment une scène très intense, violente et émouvante où de jeunes hommes découvrent la réalité de l’excision. La vidéo est par .). C’est un film utile et intelligent qui doit acquérir de la visibilité !
A noter que la réalisatrice suisse, Barbara Miller s’était déjà intéressée aux combats menés par les femmes dans son film précédent, Forbidden Voices (2012), qui traitait de la lutte pour les droits de l’homme et la liberté d’expression de trois blogueuses : Yoani Sánchez de Cuba, Zeng Jinyan de Chine et Farnaz Seifi de l’Iran. M.K.

Amandine Eliès et Manon Koken

Her job
Réalisé par Nikos Labôt
Avec Marisha Triantafyllidou, Dimitris Imellos, Konstantinos Gogoulosk
Drame, Grèce, France, Serbie, 1h30
1 mai 2019

#Female Pleasure
Réalisé par Barbara Miller
Documentaire, Allemagne, Suisse, 1h37
1 mai 2019

Publié par Phantasmagory

Cinéma - Série - VR

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