[CONSEILS DU VENDREDI] #41

Ce vendredi, nous vous parlons de : Le jeune Ahmed et John Wick 3 : Parabellum.


À noter : pour lire notre critique de Douleur et Gloire de Pedro Almodovar c’est par ici

Le jeune Ahmed : En Belgique, aujourd’hui, le destin du Jeune Ahmed, 13 ans, pris entre les idéaux de pureté de son imam et les appels de la vie.
Une nouvelle fois, le film des Frères Dardenne est sélectionné en compétition officielle à Cannes. Toujours fidèle à leur style de cinéma social, et après s’être intéressé à l’immigration (Le Secret de Lorna), et le chômage (Deux jours, une nuit), ils s’attaquent à l’émergence de la radicalisation à travers le regard d’un adolescent.
Ahmed vit avec sa mère, son grand frère et sa grande sœur. En l’absence de figure paternelle à la maison, il met toute sa confiance et son avenir entre les mains de l’imam du quartier. Ses journées sont rythmées par les appels à la prière et les ablutions qui les précèdent. D’ailleurs le spectateurs n’y échappera pas. À chaque prière, le film insiste sur Ahmed qui se lave le nez, la bouche, les mains. Un motif cinématographique qui certes a de l’importance pour son personnage mais ne lui apporte pas toute la nuance dont il aurait eu besoin. C’est un rituel sur lequel il établit les fondements de sa jeune existence, un socle biaisé à l’origine par le radicalisme.
Le personnage d’Ahmed est celui d’un jeune garçon reniant toutes les valeurs de la famille et de la société occidentale. Méprisant envers les non pratiquants, et irrespectueux à l’égard des femmes, il suit aveuglément les directives d’un imam menteur qui lui transmet un discours haineux. Il est totalement imperméable aux paroles censées qui l’entourent, et même si le rôle est justement interprété par Idir Ben Addi, il manque de charisme et s’oppose à un attachement empathique du spectateur pour l’adolescent.
Un jour Ahmed dérape et se retrouve en centre de rééducation. Il amène avec lui son quotidien et sa vision radicalisée et étriquée de la vie. Les réalisateurs projettent le jeune homme dans une ferme pour étendre ses horizons et lui redonner goût à la réalité qu’il a abandonné. Tout le monde le sait, les vaches ont un don pour remettre les âmes esseulées sur le droit chemin. Ahmed s’implique dans ses tâches d’assistant éleveur, mais rien ne semble évoluer dans sa tête. L’adolescent est borné, il ne veut pas toucher ce qu’il considère impur, et s’obstine à vouloir répandre aveuglément la parole du prophète, toujours dans une écriture du personnage plate et émotionnellement digne du néant.
Sans divulguer le dénouement, le film semble surfer sur une morale autour du karma. À force d’oublier d’où il vient et de se plonger à corps perdu dans une foi insensée, le jeune homme en paye le prix. Le choix des frères Dardenne de traiter la radicalisation dès le plus jeune âge d’un jeune homme déboussolé, est un exercice vain qui s’inscrit dans un traumatisme sociétal encore frais : les attentats en Europe et l’origine du recrutement de ses radicaux prêts à mourir. CLL.

John Wick 3 : Parabellum : Après avoir enfreint le code d’honneur de la Table en tuant un homme dans les murs de l’hôtel Continental, John Wick voit sa tête mise à prix par l’organisation criminelle. Poursuivi par des hordes d’assassins, une véritable course contre la montre s’engage alors pour John alors qu’il essaye de faire lever la sanction qui pèse sur lui.
Troisième épisode de la franchise d’action la plus sanglante du moment, Parabellum offre aux aventures de John Wick un nouveau chapitre toujours aussi fort en adrénaline mais qui finit par lasser à force de répétitions.
Autant le dire tout suite : John Wick est une franchise improbable. Improbablement  gore : ça pisse littéralement le sang à tous les coins de rue (on est là à peu près dans un ratio hémoglobine équivalent à quatre saisons de Got) mais également improbablement drôle avec un sens du comique totalement absurde et qui tient toujours aussi bien la route dans ce troisième volet. Improbable la franchise l’est aussi dans la construction de sa mythologie complètement WTF et que continue à étoffer Parabellum avec son monde rempli d’assassins qui composent une galerie de personnages ultra barrés.
Toutefois et en dépit de cette avalanche d’éléments rocambolesques, tout le folklore de la saga peine ici à faire oublier les défauts du film. Certes, Chad Stahelski – ancien cascadeur de films d’action – fait une fois de plus preuve d’une grande maestria dans la mise en scène des bastons mais on aurait aimé cependant qu’un soin égal soit apporté au scénario, ici aussi épais qu’une feuille de rouleau de PQ (d’épaisseur standard, ne me cherchez pas).
Alors oui ok, on ne regarde peut être pas John Wick pour l’histoire me direz-vous. Et pis ouuuui l’esthétique du monde de Wick est sympatoche MAIS mais mais, néanmoins, le constat est là : le film est long….trèèèèès long. Il est si long qu’au bout de deux heures et quelques à voir l’increvable Keanu égorger tranquillement le chaland avec ses kicks, ses guns et ses…livres… on commence un peu à se faire yech. Parabellum trainasse tout du long dans une logique proche de jeu vidéo des années 80 où Keanu se fight puis rencontre un allié qui l’aide à progresser dans sa quête puis se fight encore plus fort et ainsi de suite si bien qu’on finit par avoir l’impression de regarder GTA : Keanu never dies edition. Que dire également des personnages secondaires : réduits ici à de simples rôles de figuration. Seule Halle Berry tire son épingle du jeu dans un rôle certes un peu badass mais qui lui permet pourtant bien peu d’exprimer le sien. Mais bon, comme aujourd’hui voir Halle Berry dans un film est devenu presque aussi rare que d’apercevoir un pangolin, on ne va pas se plaindre.
Au final, et en dépit d’un prémisse divertissant, il aurait été ainsi bon que Parabellum sonne le glas de la retraite pour ce bon vieux Johnny (Oui, vous l’aurez compris, c’est l’heure des références à Got ). Hélas hélas comme on l’aura appris récemment ce n’est pas forcément parce que les cloches de la capitulation se font entendre que le combat s’achève et au vue du dénouement de ce troisième épisode John Wick devrait un jour prochain faire son retour sur nos écrans pour une suite qui, on l’espère, sera de meilleure qualité. M.P

Clémence Letort-Lipszyc et Marine Pallec

Le jeune Ahmed
Réalisé par Luc et Jean-Pierre Dardenne
Avec Idir Ben Addi, Olivier Bonnaud…
Drame, Belgique, 1h24
22 mai 2019

John Wick 3 : Parabellum
Réalisé par Chad Stahelski
Avec Keanu Reeves, Halle Berry, Laurence Fishburne
Action, Etats-Unis, 2h10
22 mai 2019

 

Publié par Phantasmagory

Cinéma - Série - VR

3 commentaires sur « [CONSEILS DU VENDREDI] #41 »

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