[72ème FESTIVAL DE CANNES] Les Films de la Sélection Officielle

La Compétition

Le Palmarès 

Palme d’Or : Parasite (Gisaengchung) de Bong Joon-Ho
Grand Prix : Altantique de Mati Diop
Prix de la mise en scène : Le Jeune Ahmed des Frères Dardenne
Prix du scénario : Portrait de la Jeune fille en feu de Céline Sciamma
Prix du Jury (ex-aequo) : Les Misérables de Ladj Ly
Bacurau de Kleber Mendonça Filho, Juliano Dornelles
Prix d’Interprétation Féminine : Emily Beecham pour Little Joe
Prix d’Interprétation Masculine : Antonio Banderas pour Douleur et Gloire (Dolor Y Gloria)
Mention Spécial : It must be heaven de Elia Suleiman

Atlantique de Mati Diop avec Mame Bineta Sane, Amadou Mbow, Ibrahima Traore – France, Sénégal, Belgique – Sortie le 2 Octobre 2019

Ada aime Souleimane, mais elle est promise à un autre. Une nuit son amant quitte le pays sans prévenir et prend la mer en quête d’une existence plus florissante. Quelques jours après son départ, une fièvre inexpliquée s’abat sur les habitants du quartier…

Atlantique est une œuvre étrange et singulière sur la question du souvenir. Un jeune sénégalais part pour un avenir meilleur. Qui laisse-t-il derrière lui ? C’est dans le cœur et le regard de sa jeune amante déchue que son existence subsiste. L’histoire de ce couple est un prétexte pour aborder les enjeux dramatiques d’une crise migratoire à l’échelle mondiale. Entre réalisme et fantastique, la réalisatrice navigue au-delà les frontières des genres et réveille la flamme humaniste de ses spectateurs. La tendre et triste histoire de ses amants est traitée avec beauté et onirisme, mais se cantonne à une timidité dans l’exploration des sentiments. Le film perd son souffle en milieu de course, ce qui ne lui a pas empêché de remporter le Grand Prix, une récompense discutable. C.L.L

LEID UND HERRLICHKEIT

Douleur et Gloire de Pedro Almodovar avec Antonio Banderas, Asier Etxeandia, Leonardo Sbaraglia – Espagne – Sortie le 17 mai 2019

Salvador est un cinéaste en perte de vitesse que des soucis de santés empêchent de travailler. Alors que la Cinémathèque de Madrid lui propose de présenter un film tourné il y a 30 ans, c’est l’occasion pour lui de replonger dans les souvenirs et le passé de refaire surface.

Le cinéaste ne quitte ni sa mise en scène avec des couleurs criardes sur fond de lumière blanche, ni la musique, ni ses acteurs, mais arrive à leur injecter un sérum de jeunesse pour un film puissant. Œuvre magistrale, Douleur et Gloire est à découvrir dès maintenant au cinéma. Le prix d’interprétation masculine qui revient à Antonio Banderas récompense un acteur au sommet de son art. Critique complète ici. M.M

Parasite de Bong Joon Ho avec Song Kan-Ho, Lee Syun-kyun, Cho Yeo-jeong – Corée du Sud – Sortie le 5 juin 2019

Petits boulots avilissants, études avortées, quotidien difficile : Ki-taek et sa famille sont en pleine galère. Lorsqu’un ami de son fils propose à ce dernier de le remplacer au poste de professeur d’anglais de la fille de la richissime famille Park, c’est une opportunité en or qui se présente à eux. Opportunité pour chacun d’entre eux… Dans la famille de Ki-taek, je voudrais le père, le fils, la mère, la fille…

A l’image du réalisateur japonais Kore-eda l’an dernier, Bong Joon Ho décide de s’intéresser aux déclassés de la société, ici, coréenne. Mais BJH ne fait pas dans le social, avec lui, l’invraisemblable surgit dans le quotidien et la surprise est une nouvelle fois au rendez-vous. Une Palme d’Or intense et haletante plus que méritée ! M.K.

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Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma avec Noémie Merlant, Adèle Haenel, Valeria Golino – France – Sortie le 18 septembre 2019

1770. Marianne doit peindre le portrait de mariage d’Héloïse. La jeune femme refuse de se dévoiler et de poser pour retarder son union forcée. Marianne, se faisant passer pour une dame de compagnie, l’étudie le jour et réalise le portrait secrètement à la nuit tombée.

Portrait de la jeune fille en feu est le film que l’on attendait sans le savoir : une œuvre lyrique, aussi tendre que cruelle, une aventure cinématographique accomplie artistiquement. Le regard de Céline Sciamma capture avec sensualité la rencontre tumultueuse d’une peintre et de sa modèle. Le pinceau de l’artiste est comme la caméra de la réalisatrice, dans la traque des mouvements, des regards fuyants, des instants d’intimité fugaces et interdits. La recherche plastique est un régal pour les yeux et l’écriture de ces héroïnes hypnotisante. Une plongée dans les vertiges de l’amour portée avec finesse par le duo Adèle Haenel et Noémie Merlant. C.L.L

Sorry We Missed You de Ken Loach, avec Kris Hitchen, Debbie Honeywood, Rhys Stone, Katie Proctor – Angleterre, France, Belgique – Sortie le 23 octobre 2019

Ricky, Abby et leurs deux enfants vivent à Newcastle. Alors que Ricky se voit offrir l’occasion d’être son propre patron en travaillant dans une compagnie en tant que chauffeur-livreur. Sa femme vend sa voiture pour qu’il puisse acheter une camionnette. Peut-être pour eux c’est la chance enfin d’avoir une maison à eux.

Ken Loach est le spécialiste dans du cinéma social. Il arrive à chaque fois à toucher du doigt avec finesse et acuité les maux de notre société. Ici avec Sorry We Missed You, il augmente au fur et à mesure la tension tragique de son récit pour dénoncer les travers d’une nouvelle forme d’esclavage. Beaucoup parle d’uberisation de la société, mais malheureusement c’est bien cela le problème : avec Amazon et compagnie, nous avons toujours plus de confort, mais au déprimant de qui ? Merci Ken Loach, pour ce film nécessaire et maîtrisé à la perfection. M.M

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Sybil de Justine Triet avec Virginie Efira, Adèle Exarchopoulos, Gaspard Ulliel – France, Belgique – Sortie le 24 mai 2019

Avant de devenir psychanalyste, Sybil était une écrivaine de talent. Après huit ans à suivre ses patients, elle souhaite à nouveau écrire. Mais alors qu’elle est devant la page blanche, elle accepte de prendre une jeune actrice en consultation. Bien source d’inspirations, mais également de souffrance, Margot prend une place très particulière dans la vie de Sybil.

Justine Triet en est à son troisième film. Après La Bataille de Solférino, premier long-métrage vif et Victoria, drôle et libérateur, qui mettaient déjà Virginie Efira dans le rôle-titre, elle revient avec un film plus sombre, plus complexe. Retrouvez notre critique complète ici. M.M

Un Certain Regard

Créée en 1978 et dotée d’une quinzaine de films en compétition, la sélection Un Certain Regard a vocation à présenter des oeuvres plus avant-gardistes, que ce soit dans leur construction narrative ou dans leur forme esthétique, que ceux de la compétition officielle. Elle récompense également des cinéastes moins reconnus.  

Le Palmarès 

Prix Un Certain Regard : La Vie Invisible De Euridice Gusmão (A Vida Invisivel De Euridice Gusmão) de Karim Aïnouz
Prix du Jury : Viendra le feu (O Que Arde) d’Olivier Laxe
Prix d’Interprétation : Chiara Mastroianni pour Chambre 212
Prix de la Mise en scène : Une grande fille (Beanpole) de Kantemir Balagov
Prix spécial du jury : Liberté d’Albert Serra
Coup de Coeur du Jury (ex-aequo) : La Femme de mon frère de Mouna Chokri
The Climb de Michael Angelo Covino
Mention Spécial : Jeanne de Bruno Dumont

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Chambre 212 de Christophe Honoré avec Chiara Mastroianni, Vincent Lacoste, Camille Cottin, Benjamin Biolay – France, Belgique, Luxembourg – Sortie le 30 octobre 2019

Un soir Maria se dispute avec son mari. Elle part alors dormir dans l’hôtel d’en face. Dans la nuit, le passé revient lui dire ce qu’il pense d’elle.

Le nouveau film de Christophe Honoré commence avec fracas. Avec sa maîtrise de la langue, il crée un personnage féminin direct, brillant et plein d’esprit. S’il raconte une nouvelle fois une histoire d’amour, c’est toujours avec originalité et finesse. Et il nous conte avec mille références amusantes son histoire d’amour avec le cinéma et sa passion pour cet art qui n’a pas fini de s’inventer. Critique complète ici. M.M

La fameuse invasion des ours en Sicile de Lorenzo Mattotti, film d’animation avec les voix de Jean-Claude Carrière, Leïla Bekhti et Thierry Hancisse – France, Italie – Sortie le 9 octobre 2019

Gedeone et Almerina sont deux joyeux saltimbanques qui traversent les montagnes siciliennes enneigées pour aller conter leurs histoires. En chemin, la tempête faisant rage, ils s’abritent dans une grotte et tombent sur un vieil ours. Commence alors une longue et passionnante histoire : celle de la fameuse invasion des ours en Sicile.

Colorée et joyeuse, cette adaptation de l’unique conte pour enfants de Dino Buzzatti fait son petit effet. Le récit enchâssé est plein de rebondissements et l’animation, riche en détails, notamment sur les beaux paysages siciliens, fascine nos yeux d’enfants. La réflexion sur nature et culture n’est pas sans évoquer Le Château des singes de Jean-François Laguionie et souligne la profondeur de cette jolie histoire. Alors laissez-vous porter par le récit de Gedeone et Almerina ! M.K.

La femme de mon frère de Monia Chokri avec Anne-Élisabeth Bossé, Patrick Hivon, Evelyne Brochu – Canada – Sortie en salles le 26 juin 2019

A 35 ans, Sophia est une brillante universitaire qui se voit refuser un poste à l’université de Montréal. Fauchée et sans emploi, elle vient habiter chez son frère, Karim, avec qui elle entretient un lien fusionnel. Peu de temps après, Karim rencontre la femme idéale.

Premier long de l’actrice Monia Chokri (Les amours imaginaires, Compte tes blessures…), La femme de mon frère est une petite comédie corrosive et décapante sur les affres de l’âge adulte. Jamais complaisant, parfois cruel et toujours profondément drôle, ce Bridget Jones à la sauce québécoise tient particulièrement la route grâce à la qualité de ses interprètes et à une mise en scène à la fois douce et poétique qui saura par moment nous rappeler les tous premiers films de Xavier Dolan. Calice, mais c’est qu’on en tomberait presque en amour ! M.P

Les Hirondelles de Kaboul de Zabou Breitman, film d’animation avec les voix de Simon Abkarian, Zita Hanrot et Swann Arlaud – France – Sortie le 4 septembre 2019

Eté 1998, les Talibans ont mis Kaboul à feu et à sang. Port du voile, lapidations et injustices font le quotidien des habitants de la capitale afghane. Mohsen et Zunaira conservent l’espoir fou d’un avenir meilleur. Mais un jour malheureux, tout bascule…

En 2002, l’auteur algérien Yasmina Khadra publiait le très beau roman Les hirondelles de Kaboul. Hommage lui est enfin rendu par le biais de l’animation avec cette adaptation très fidèle. C’est l’actrice et réalisatrice Zabou Breitman qui co-réalise avec Eléa Gobbé-Mévellec – qui avait déjà travaillé sur Le Chat du Rabbin de Sfar. L’effet carnet de voyage de l’animation est classique mais laisse toute sa puissance au récit de deux destins mêlés par la fatalité et l’horreur du régime taliban. L’injustice criante est extrêmement bien montrée et on ressort retourné de cette expérience. “Aucun soleil ne résiste à la nuit”, déclare Zunaira. Et pourtant, c’est un message de résistance et de lutte que porte Les hirondelles, à l’image de Papicha, lui aussi présent dans la compétition Un Certain Regard. M.K.

Liberté de Albert Serra avec Helmut Berger, Marc Susini, Théodora Marcadé – France – Prochainement

1774, peu avant la Révolution une bande de libertins ayant fui la cour puritaine de Louis XVI erre dans un bois la nuit aux alentours de Potsdam et accomplissent leurs fantasmes.

Étirer le fantasme jusqu’au non-sens complet, jusqu’à l’ennuie le plus total : tel pourrait être le postulat du nouveau film d’Albert Serra. Deux heures douze à regarder des types s’épier les uns les autres en se triturant mollement le zgeg dans les bois franchement c’est un peu trop, surtout quand il ne se passe pas grand chose d’autre. Même si le film bénéficie d’une jolie lumière, la direction d’acteur – comme le scénario – semble avoir été jeté aux oubliettes, la plupart des protagonistes jouant comme si ils étaient morts à l’intérieur. Pire encore, dépourvu d’une quelconque charge érotique (ce qui eût été la moindre des choses avec un sujet pareil) le film se subit littéralement comme une interminable et vaine poursuite d’un plaisir impossible à atteindre. Les personnages bandent mous, nous on se fait chier… bref, c’est pas la joie Liberté. M.P

Nina Wu de Midi Z avec Wu Ke-xi, Sung Yu-hua, Hsia Yu-chiao – Taïwan – Prochainement

Après des années de galère, Nina Wu voit enfin sa carrière d’actrice décoller quand elle décroche un rôle dans un film à gros budget.

Film captivant, énervant, envoûtant… le nouveau Midi Z divise. Malgré un scénario parfois casse gueule qui a tendance à se perdre dans son propre symbolisme, le cinéaste livre ici une satire cinglante de l’industrie cinématographique doublée d’un thriller psychologique à la fois hypnotique et tout en tension. Baigné dans une atmosphère malsaine et paranoïaque, Nina Wu viendra pour notre plus grand plaisir chatouiller nos meilleurs souvenirs des derniers films de Nicolas Winding Refn (The Neon Demon et Only God Forgive en tête) jusqu’à un final haletant qui ne laissera personne indemne. M.P

Papicha de Mounia Meddour, avec Lyna Khoudri, Nadia Kaci et Yasin Houicha – France, Algérie, Belgique, Qatar – Sortie le 9 octobre 2019

Alger, années 1990. Nedjma, Wassila, Samira et Kahina ont 18 ans et sont pleines d’une certaine fureur de vivre. Elles font la fête, dansent, chantent et Nedjma vend de jolies robes en boîte de nuit. Alors que la guerre civile algérienne éclate et que l’extrémisme religieux se fait de plus en plus sentir, elles décident d’organiser un défilé de mode féminine au sein de leur cité universitaire.

Les Papicha sont de jolies jeunes filles algéroises. Voilà d’où vient le titre du long-métrage de Mounia Meddour. Et c’est à elles qu’est dédié le film, à leur lutte quotidienne, à leurs désirs, à leur vie. Alors comme elles, il est énergique, puissant et féministe. Et surtout, il est rebelle, notamment dans la langue, en mêlant arabe et français alors que les islamistes travaillent à imposer l’arabe comme langue unique. Le danger et le secret sont extrêmement bien rendus par la mise en scène : les mouvements de caméra sont rapides, l’ouverture in media res, le film attise notre curiosité. La réalisatrice filme au plus près de ses actrices afin que le spectateur soit au plus près de leurs émotions ; et cela fonctionne. De plus, le film ne se départit pas de l’humour et de la joie, même dans les moments les plus tristes. Malgré quelques maladresses, on se laisse emporter par la rébellion de ces jeunes femmes. Seul point noir, l’acmé du film paraît un peu bancale et grotesque après la puissance réaliste du quotidien de Nedjma et ses amies. M.K.

Port Authority de Danielle Lessovitz avec Fionn Whitehead, Leyna Bloom, McCaul Lombardi – États-Unis – Prochainement

Paul, petit délinquant sans un sous, arrive à New York. Alors qu’il essaye de survivre grâce à des petits boulots, il fait la connaissance de Wye – une mystérieuse jeune femme – et découvre le milieu underground des bals et du voguing.

Film au caractère un peu mineur en raison d’un ton naturaliste très low key qui n’est pas sans rappeler les travaux d’un cinéastes comme Matthew Porterfield (Sollers Point – Baltimore), Port Authority aurait sans doute pu mieux faire avec le sujet qu’il s’était assigné. Malgré une durée raisonnable, le film traînasse tandis que l’on suit le personnage de Paul, personnage de petit mec pas très intéressant doté du charisme d’une tranche de pain de mie (sans croûte), rencontrer des protagonistes dix milles fois plus cools que lui. A noter parmis eux l’héroïne du film, Wye, jouée par la sublime Leyna Bloom à qui, on l’espère, sera promis un bel avenir cinématographique. M.P

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The Climb de Michael Angelo Covino avec Michael Angelo Covino, Kyle Marvin, Gayle Rankin – États-Unis – Prochainement

L’histoire d’amitié tumultueuse de Kyle et Mike au fil des années.

Entre Kyle et Mike, c’est l’amitié vache. Les deux compères n’ont de cesse de se séparer pour mieux se retrouver à travers les moments de leur vie : les fiançailles de Kyle, un dîner de famille, des vacances à la montagne… Une accumulation de saynètes composée comme un film à sketch. Dans un registre comique, intimiste ou dramatique, les pérégrinations de leur amitié défilent et on reste assis sur notre fauteuil sans jamais en décoller. Ni foncièrement drôles, ou émouvants, un peu entrainants et parfois ennuyants, les instants de vie des deux potes nous laissent émotionnellement le cul entre deux chaises, une position qui finit par être sacrément inconfortable. C.L.L

Hors-Compétition

 

The Dead don’t die de Jim Jarmusch avec Bill Murray, Adam Driver, Tilda Swinton – Etats-Unis – Sortie le 14 mai 2019

Les flics, Bill Murray et Adam Driver, discutent : il y a des zombies partout.

Un Jarmusch sous-dosé et peu original qui ne vaut franchement pas le détour (mais un beau coup de pub de la part du distributeur Universal). Allez plutôt voir Only lovers left alive, Dead Man ou Broken Flowers. Vous nous en direz des nouvelles. Pour plus de détails, la critique du film par Reginald Ledoux, juste ici !


Pour retrouver nos articles de la Sélection Officielle c’est par ici : The Dead Don’t Dieici), Douleur et Gloire (ici), Le Jeune Ahmed (ici), Sybil (ici), Chambre 212 (ici).

Marine Moutot, Manon Koken, Marine Pallec et Clémence Letort-Lipszyc

Publié par Phantasmagory

Cinéma - Série - VR

2 commentaires sur « [72ème FESTIVAL DE CANNES] Les Films de la Sélection Officielle »

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