[CONSEILS DU VENDREDI] #44

Cette semaine dans les conseils, on vous parle de Men In Black : International, Zombi child, Roxane et Charlotte a 17 ans.


Men in Black : International : Après avoir découvert le QG du MIB à New York, la jeune Molly se fait embaucher. L’agent High T l’envoie en mission, aux côtés de l’agent H. le duo se retrouve impliqués dans une série d’événements extraterrestres qui vont les envoyer aux quatre coins du globe.
Tessa Thompson (Agent M) et Chris Hemsworth (Agent H), campent un duo complémentaire et à l’alchimie parfaite. Il est le meilleur agent de la cellule londonienne, beau gosse, et tombeur. Elle est débutante, cérébrale et stratégique. Au-delà du cliché rabâché de l’héroïne qui se doit d’être une surdouée pour être prise au sérieux, se pose le problème du questionnement de la parité. La dénonciation du « Men » In Black pour tendre à une appellation universelle, « Men and Women » In Black semble exister uniquement en réponse à toutes les actions féministes des ces dernières années. Pourquoi devoir se justifier de l’introduction d’une femme quand on considère le personnage de l’Agent M comme essentiel à l’intrigue, une héroïne qui envoie du lourd face à un coéquipier tout aussi efficace.
Pas de prise de risque au niveau de l’histoire. L’enjeu est ailleurs. La saga veut nouer des liens avec une nouvelle génération de spectateurs. À cet égard, le film ne lésine pas sur les moyens. L’immortel Liam Neeson endosse le costume et les lunettes noires aux côtés de Thor et d’une Valkyrie. Le cocktail badass pour un film qui dépote. Le spectateur retrouve son plaisir coupable de découvrir les gadgets toujours plus gros les uns que les autres, et des aliens ultras-puissants aux pouvoirs étranges. Notre curiosité pour les mystères de la galaxie est titillée et c’est avec plaisir qu’on se laisse prendre au jeu des batailles intergalactiques. Le film ne perd à aucun moment son souffle. La mission du duo nous emmène un peu à droite à gauche, dévoilant une riche palette de décor et d’effets spéciaux, sans jamais tomber dans l’exubérance.
Récemment à la direction de The Fast and The Furious (2017), F. Gary Gray n’a pas perdu la main dans le genre du blockbuster explosif. On en prend plein les yeux visuellement et on se laisse porter dans cette chasse rocambolesque aux extraterrestres un peu zarbi, le tout à cheval sur une moto volante. C’est chouette, c’est frais, c’est fun.

Zombi Child : Haïti, 1962. Un homme est empoisonné. Enterré dans un état de semi conscience, il est ensuite récupéré par des profanateurs de tombe et contraint de travailler dans les champs de cannes à sucre de l’île. De nos jours à Paris, dans le pensionnat de La légion d’honneur, une de ses descendantes intègre une sororité.
Étrange créature chimérique que ce dernier film de Bertrand Bonello qui prend tour à tour bien des visages. D’un côté, il cultive ainsi plutôt intelligemment celui du teenage movie mélancolique à la manière d’un Virgin Suicide. C’est encore là que Zombi Child trouve un semblant de force romanesque en parvenant à esquisser un portrait à la fois drôle et un peu tragique de la jeunesse d’aujourd’hui. Comme il l’avait fait pour les prostituées de l’Apollonide et les jeunes terroristes de Nocturama, cette analyse se fait comme d’habitude chez Bonello par le prisme de la bande. Au travers de sa galerie de jeunes filles recluses et torturées par l’ennuie, le bac et les chagrins du love dans le donjon de leur pensionnat prestigieux, le film prend alors momentanément des airs de comédie en se targuant au passage de quelques répliques franchement drôles.
Tout cela, aurait donc pu être assez réussi si Zombi Child n’avait pas eu pour ambition d’emprunter un autre visage : celui du mysticisme et du fantastique…ou peut-être que non au final…pis en fait peut-être bien que si un peu quand même….le problème c’est que tout cela n’est pas super clair. A la manière d’un Personal Shopper (2016), Zombi Child cultive ici la même ambition composite et conséquemment le même problème que possédait le film d’Olivier Assayas, à savoir posséder deux tissus narratifs complètement disparates. Or, cousus ensemble de manière casse gueule, le film ne ressemble plus à grand chose. En effet, en dehors du regard satirique qu’il pose sur ses protagonistes contemporaines, le réalisateur se tourne également vers le passé avec une histoire de zombification dans l’Haïti des années 1960. Postulat qui aurait pu être intéressant si traité correctement dans un film à part entière, le segment se résume ici à une errance interminable, aussi chiante qu’inutile et qui vient interrompre ponctuellement puis se mêler finalement au premier récit à la manière d’un patchwork dépareillé.
Oscillations périlleuses de ton, de genre, de rythme…Zombi Child tangue tout du long à cause de sa narration schizophrène dont on peine à comprendre les codes. Au final, le film finit par s’enliser mollement dans la gadoue et nous avec. M.P

Roxane : Une coopérative de petits producteurs est sur le point de disparaître, écrasée par de plus grosses exploitations. L’un d’entre eux, Raymond décide de faire le buzz sur internet pour sauver sa ferme, en compagnie de sa fidèle amie Roxane, une poule.
Chaque matin, Raymond lit Cyrano de Bergerac à ses poules pondeuses. Un rituel pour cet agriculteur fan de théâtre qui nous plonge illico dans une ambiance sympathique, mais dont on a vite fait le tour. Quand la menace de perdre sa ferme vient chambouler son quotidien, l’esprit de notre agriculteur fait tilt, il va tout faire pour la sauver. Débarque alors avec ses gros sabots, le comique par excellence du quadra fort attachant qui veut s’emparer d’internet pour faire rire la France, sans trop savoir comment cela fonctionne. Il tâtonne, devant le regard perplexe de sa femme, ses enfants, les autres membres de la coopérative et ses voisins. Avec son acolyte à plumes Roxane, ils revisitent les plus grands classiques du théâtre sous la direction d’une professeure d’origine anglaise à l’accent français démesuré et très agaçant. Le casting réunit la crème des acteurs : Drucker, Abelanski, de Tonquédec et Liliane Rovère en second rôle de la tante excentrique. Chacun incarne intelligemment son rôle, sans tomber dans le larmoyant ou la comédie potache. Armée de sa caméra, la réalisatrice dépeint la relation attendrissante entre un homme et sa partenaire de poulailler dans un contexte socio-économique tendu pour les agriculteurs. Sans perdre sa portée comique, Roxane est un film engagé : le film brosse le portrait touchant de ces hommes et ses femmes qui tentent de survivre en puisant leur énergie dans la solidarité.
Une lutte contre l’oppresseur, des solutions audacieuses, des moments de doutes et un vent d’espoir, Roxane réunit les ingrédients parfaits de la comédie sociale et familiale, mais ne casse pas trois pattes à un canard. C.L.L.

Charlotte a 17 ans : Encore à l’aube de sa vie sentimentale, Charlotte vit très mal sa première rupture amoureuse. Pour faire face et se changer les idées, elle postule dans un magasin de jouets,  accompagnée par ses deux comparses de toujours, Mégane et Aube. Sensible au charme des nombreux vendeurs, elle va très vite multiplier les expériences avec ces derniers, soulevant bien des questions dans la dynamique du groupe des employés.
Le film interroge ici le double standard des règles de la séduction qui veut qu’une femme qui a plusieurs partenaires est considérée de manière négative, alors qu’un homme peut s’en vanter sans la moindre gêne. D’autre part, on observe une réflexion sur les efforts que l’on fait pour plaire, le rapport à son corps, à sa pilosité et autres diktats de la beauté : pour qui se « fait-on belle » ? Soi ou les autres ?
Blessée de la mauvaise réputation que lui valent ses expérience au sein de l’entreprise, Charlotte va initier un appel à l’abstinence des femmes afin de rééquilibrer les rôles et de redonner du pouvoir à ses collègues qui vivent dans l’attente et la dépendance, au crochet du bon vouloir de leurs collègues masculins qui, pour la plupart, ne considèrent pas, ou très peu, leurs sentiments, et ont une peur panique de l’engagement.
Dans ce long métrage, Sophie Lorain nous propose un joli voyage initiatique porté par des acteurs touchants et pétillants.
Bien que les thèmes abordés soient assez classiques, le regard bienveillant de l’objectif met en valeur avec succès la sororité et la communication sans détours entre hommes et femmes afin de faire bouger les lignes et de sortir (enfin !) d’un schéma patriarcal où les femmes sont reléguées à la passivité. La fin un peu facile fait toutefois sourire par sa simplicité et son accointance avec les grandes comédies romantiques que l’on ne connaît que trop bien. A.E

Amandine Eliès, Marine Pallec et Clémence Letort-Lipszyc

Men In Black : International
Réalisé par F. Gary Gray
Avec Chris Hemsworth, Tessa Thompson, Liam Neeson
Etats-Unis, 1h55min
12 juin 2019

Zombi Child
Réalisé par Bertrand Bonello
Avec Louise Labeque, Wislanda Louimat, Adilé David
Fantastique, France, 1h43
12 juin 2019

Roxane
Réalisé par Mélanie Auffret
Avec Guillaume de Tonquédec Léa Drucker, Lionel Abelanski
Comédie, France, 1h28
12 juin 2019

Charlotte a 17 ans
Réalisé par Sophie Lorain
Avec Marguerite Bouchard, Romane Denis, Rose Adam
Comédie dramatique, Québec, 1h32
12 juin 2019

Publié par Phantasmagory

Cinéma - Série - VR

Un avis sur “[CONSEILS DU VENDREDI] #44

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :