[UN BON FILM AVEC… ] Un bon film dans lequel quelqu’un s’empale par accident

Une femme s’évanouit de manière théâtrale, un objet roule doucement au sol en gros plan, des inconnus fomentent un plan machiavélique juste à côté des concernés… Le cinéma est rempli de motifs, parfois récurrents, qui intriguent et s’impriment dans nos esprits. Le deuxième mardi de chaque mois, nous vous proposons le défi “Un bon film avec…” : chaque rédactrice dénichera un film en lien avec un thème (plus ou moins) absurde mais qui vient naturellement à l’esprit. Pourquoi ces images s’imposent-elles ? Quel sens recouvrent-t-elles dans notre imaginaire ? Et dans l’œuvre ? Les retrouve-t-on dans un genre précis ? Comment deviennent-elles des clichés ?


Ce mois-ci, nous nous intéressons aux films dans lesquels un personnage s’empale par accident, un second défi qui s’est révélé difficile à relever. Si, au premier abord, de nombreux films nous viennent en tête, la définition du motif a finalement restreint nos possibilités. Qu’est-ce que s’empaler ? N’importe quel objet traversant un corps peut-il être vu comme un empalement ? Et quelle distinction faire avec l’embrochage ? Par exemple, dans Spiderman de Sam Raimi (2000), le Bouffon Vert finit transpercé par les lames de son hoverboard. Là, nous avons affaire à un embrochage, c’est-à-dire que le ventre du Bouffon est transpercé par un objet pointu qui vient à lui. À l’inverse, avec l’empalement, nous avons un mouvement, généralement vertical, de la personne vers l’objet (même si involontaire) plutôt que de l’objet vers la personne. L’idée est donc de se blesser en tombant sur un objet pointu. L’objet pointu (ou « pal ») est intégré à la construction du mot « empalement ». Contrairement à l’action d’embrocher ou d’empaler, s’empaler (verbe pronominal) sous-entend l’accident (et donc la surprise) : personne ne doit pousser le personnage ou alors, si cela arrive, ce n’est pas dans le but de le tuer. Nous n’évoquerons donc pas les nombreuses scènes de torture inspirées du célèbre comte Dracula, surnommé Vlad l’Empaleur ou la fameuse scène du Nom de la Rose (Jean-Jacques Annaud, 1986) où l’inquisiteur se fait pousser par la foule en délire avant de mourir empalé. 

Ce motif provoque le choc, aussi bien chez le spectateur que chez le personnage. Il apparaît dans des drames et des films de genre. Les films d’aventure Les aventuriers de l’Arche perdue (Steven Spielberg, Raiders of the Lost Ark, 1981) et Le Seigneur des Anneaux : Le Retour du roi (Peter Jackson, The Lord of the Rings : The Return of the King, 2003) nous sont venus à l’esprit. Nous le trouvons également dans des thrillers horrifiques et des films d’épouvante. L’empalement y donne souvent lieu à des scènes gore, voire à une surenchère de la mort la plus originale. Par exemple, l’empalement sur une patère au début d’Opéra de Dario Argento (Opera, 1987).

L’événement, souvent traumatisant, comme dans La Maison du docteur Edwardes de Hitchcock (Spellbound, 1945), est si horrifique qu’il peut parfois être détourné pour provoquer le rire — nerveux — du spectateur. Ainsi, dans Tucker et Dale fightent le mal de Eli Craig (Tucker and Dale v. Evil, 2010), c’est le quiproquo qui est déclencheur de l’accident et du rire. L’improbabilité des morts soudaines désamorce le tragique. Devenu jouissif, l’accident peut avoir une visée morale : le “méchant” est puni par un coup du sort. Dans Tucker et Dale, les adolescents sont châtiés pour leur jugement erroné. Dans Le retour de l’inspecteur Harry (Sudden Impact, Clint Eastwood, 1983), le sort réserve une punition originale à Mick, le chef des bandits : au lieu d’être abattu par l’inspecteur Harry, il chute et s’empale sur un manège — une corne de licorne !

Ce mois-ci, nous vous parlons de La maison du Dr. Edwardes (Spellbound) d’Alfred Hitchcock, Les Aventuriers de l’Arche Perdue (Raiders of the Lost Ark) de Steven Spielberg, Le Seigneur des Anneaux : Le Retour du Roi (The Lord of the Rings : The Return of the King) de Peter Jackson et, en bonus, : la série anglaise Misfits d’Howard Overman.

La maison du Dr. Edwardes (Spellbound), Alfred Hitchcock, 1945

Attention, spoiler alert. Le texte qui suit dévoile un élément clef de l’intrigue.

L’établissement psychiatrique Green Manors accueille un nouveau directeur, le docteur Edwardes (Gregory Peck). Sa collègue psychanalyste, Constance Peterson (Ingrid Bergman), en tombe amoureuse mais découvre qu’il n’est pas celui qu’il prétend être. Soupçonné d’avoir assassiné le véritable docteur Edwardes, il se révèle être un amnésique du nom de J.B. Persuadée qu’il est innocent, Constance va l’aider à retrouver la mémoire.

La maison du Dr. Edwardes s’annonce comme un film sur la psychanalyse dès les premiers cartons : « Notre histoire a pour sujet la psychanalyse, méthode par laquelle la science moderne traite les problèmes psychologiques des patients. » Il s’agit pour la psychanalyste Constance Peterson d’aider le faux Dr. Edwardes à retrouver les souvenirs traumatisants que son inconscient a refoulés. Tout comme chez Freud, l’évènement refoulé est ramené à la conscience par des symboles, opaques pour le non initié mais que la psychanalyse peut décrypter. Centrales ici sont les lignes parallèles sur fond blanc, lignes tracées à la fourchette sur une nappe, rayures sur une robe puis sur un lit, qui font perdre son sang froid au personnage masculin. Un motif que Constance comprend être une réminiscence de traces de ski sur la neige, au moment du meurtre du véritable Dr. Edwardes. 

Ce symbolisme est travaillé tout au long du film pour se révéler plus complexe à analyser. Hitchcock montre qu’il y a différents niveaux de lecture du motif en en exposant l’aspect sexuel. Les traces de fourchette sur la nappe semblent représenter un vagin, que le faux Dr. Edwardes effleure de son couteau. Les rayures sur tissus sont chaque fois liées à Constance (sa robe, le lit dans lequel elle va coucher). Le gros plan sur le rasoir que le Dr. Edwardes tient dans sa main révèle sa forme phallique autant que son aspect menaçant.

C’est qu’il est question ici de voir au-delà des apparences. Le tracé évoque le ski ? Certes, mais il faut fouiller plus loin encore dans l’inconscient. Le personnage joué par Gregory Peck semble coupable ? Le personnage féminin est trop froid ou, au contraire, trop amoureuse pour être lucide ? La scène dans laquelle un personnage s’empale est la scène clef de l’histoire qui vient contredire ces premières impressions. Un court flashback alors que le faux docteur Edwardes et Constance descendent la piste de ski nous apprend que l’origine du symbole n’est pas celle qui nous avait été d’abord révélée. Il y a en réalité plusieurs couches d’interprétation et il faut descendre plus loin dans les profondeurs de l’inconscient pour trouver l’origine du trauma. La descente à ski symbolise la descente psychanalytique dans l’inconscient. Ce mouvement mène à l’enfance : par le montage (enchaînement d’un gros plan sur le visage de Gregory Peck et d’un plan rapproché du personnage enfant), le faux docteur Edwardes redevient enfant, revit le souvenir traumatique originel et découvre que son frère est mort empalé sur une grille, poussé par accident lors d’un jeu. Ce souvenir vient innocenter le personnage masculin, donner raison à sa psychanalyste et expliquer l’amnésie (il souffre d’un “complexe de culpabilité”).

J. Benoist


La maison du dr Edwardes (Spellbound)
Réalisé par Alfred Hitchcock
Avec Gregory Peck, Ingrid Bergman, Leo G. Carroll
Thriller, Policier, Etats-Unis, 1h50
Sorti en mars 1948 en France

Les Aventuriers de l’Arche Perdue ( Raiders of the Lost Ark), Steven Spielberg, 1981

Pendant l’entre-deux-guerres, l’archéologue aventurier Indiana Jones apprend qu’Hitler et les nazis cherchent l’Arche de l’Alliance qui renfermerait les 10 Commandements de Moïse. L’intrépide docteur Jones part sur les traces d’une des plus grandes sources de pouvoir, qui, si elle tombait entre de mauvaises mains, pourrait faire  des dégâts.

Devenu un classique du film d’aventure, Les Aventuriers de l’Arche Perdue est le premier long-métrage de la saga autour d’Indiana Jones. Le docteur Jones est l’aventurier parfait : il est intelligent — il est professeur à l’université — beau — ses cours ne sont généralement constitués que de femmes — et audacieux. Intrépide et fort même : le générique et la scène d’ouverture des Aventuriers sont là pour nous le démontrer. Première apparition pour le personnage incarné par Harrison Ford — qui s’est fait connaître en conducteur arrogant de l’espace dans Star Wars. Il faut que le public soit marqué et conquis par ce nouveau personnage. Ainsi, dans cette séquence, le but de Steven Spielberg est de mettre en scène Indiana Jones en aventurier sans peur : tout ce qui deviendra, par la suite, les poncifs du genre sont donc réunis dès l’ouverture

La première fois qu’il apparaît, Indiana Jones est de dos. Le décor est à peine planté que le voici qui entre dans le plan et cache la montagne. Il s’arrête. Ce que le spectateur voit est simplement le dos d’un homme, mais il a déjà des attributs qui le distinguent : il se tient de manière droite, il a un blouson marron et un chapeau. Très rapidement des hommes le rejoignent, le suivent et portent les différents bagages. Ils parlent une langue étrangère. Nous avançons avec eux dans la jungle. Nous sommes en 1936 : c’est l’un des derniers moments encore possibles pour l’exploration d’une contrée « non habitable » par l’homme occidental — un certain Fawcett y serait passé. Ici c’est le mythe de la nature maîtresse et des populations hostiles. L’imagerie renvoie à l’Oriental et à l’exotique. Il est fort possible que ce soit l’Amazonie, qui, encore aujourd’hui, offre des histoires plus ou moins glauques sur les peuplades qui y regorgent. De plus, cette forêt dense est encore à explorer et peu de gens y sont allés, même lors de la sortie du film en 1981. C’est le lieu idéal pour fantasmer et créer un univers d’aventuriers. Indiana Jones est montré entièrement serein dans cet environnement. Et, tandis qu’il avance dans cette jungle, la musique est oppressante, avec des phrases musicales graves rendant la séquence mystérieuse, mais qui sont contrebalancées par des notes plus aiguës qui nous disent : « Il est en train de se passer quelque chose ! » Sans aller dans la surenchère — mais presque —, le cinéaste américain nous offre une scène de peur assez caricaturale. Alors qu’un « indigène » avance en tête, il coupe des branches qui, en tombant, lui révèlent une tête en marbre qui grimace. L’homme prend peur en levant les bras et en criant. Cet effet est directement mis en relation avec Jones qui arrive, toujours le buste droit, la démarche tranquille. L’opposition est flagrante : il n’a vraiment peur de rien, regardez comme l’autre a paniqué. Cette saynète est très rapidement suivie par une tentative de meurtre. En effet, alors qu’il a le dos tourné — encore, c’est une manie chez lui — un homme prend son pistolet, mais au moment où il va tirer, le bruit alerte Indiana Jones qui attrape son fouet — un autre objet fétiche — et le claque dans l’air. Le pistolet tombe, l’homme s’enfuit et Jones se retourne. Il dévoile pour la première fois son visage. Toute la mise en scène est rivée depuis le premier plan sur ce visage. Il a été montré dans différentes situations — en très court laps de temps — et toujours en opposition avec des hommes qui semblaient en panique. Par ses mains, son dos, ses pieds, le cinéaste nous a montré un homme tranquille dans un milieu hostile qui inquiétait tous les autres. En dévoilant celui qui va incarner la figure emblématique de l’aventurier, Steven Spielberg donne à voir un pan entier de l’histoire du film d’aventure — et également du cinéma. Une véritable chorégraphie pour un moment culte et un visage qui restera identifiable pour toujours.

Mais que vient faire l’empalement accidentel là-dedans me direz-vous ? Et bien, il vient tout simplement compléter l’arsenal de l’aventurier. Alors que l’introduction en règle vient d’être faite, Indiana Jones peut enfin accéder à l’entrée cachée qui mènera au trésor. Il entre par un passage secret, avec Salito. Les différentes épreuves s’enchaînent et il arrive toujours à s’en sortir. Cela commence par les mygales — grosses araignées venimeuses — puis les pals qui sortent du mur, le gouffre qu’il faut sauter, le sol avec des dalles piégées et, finalement, la statuette qui déclenche un mécanisme d’autodestruction. Ainsi, quand Jones arrive à la prendre, la grotte s’écroule sur lui et une porte se referme — lentement, pour le suspense. Alors que Salito le laisse mourir sans remord, Il va évidemment en ressortir vivant. Et Salito va finir empalé sur des pieux. Nous ne voyons pas l’empalement, mais l’enchaînement des actions nous laisse supposer deux choses, une qui atteste la thèse de l’accident et l’autre un peu moins :

  • il avait déjà vu les pals émerger du mur quand ils sont rentrés dans la grotte et plus particulièrement d’une paroi où un cadavre était déjà planté. Il est donc possible que, dans sa panique, il n’ait pas remarqué les pieux qui sortaient également de l’autre côté du mur. Ainsi dans sa course sur le chemin du retour, il a voulu éviter les pics en se collant contre l’autre pan et bam : c’est arrivé.
  • il a couru bêtement, oubliant l’histoire des trucs pointus qui jaillissent des murs quand on traverse la lumière et il s’est fait transpercer. Tout simplement.

Dans les deux cas, il n’y a pas d’idée de chute, juste d’être transpercé par des pieux. La scène manigance dangereusement avec l’embrochement. Mais la nuance — qui d’ailleurs aura sans doute ses détracteurs dans les deux cas — est, qu’ici, même si nous ne voyons pas la scène et que nous pouvons seulement l’imaginer, le résultat ressemble beaucoup à l’empalement comme torture. Le supplice du pal — car c’est son nom — était utilisé par un certain Vlad III, L’Empaleur ou encore Dracula, et par d’autres en Mésopotamie et en Europe, mais jamais par l’Inquisition. Lentement mais sûrement, la victime est transpercée — la plupart du temps à la verticale — par un pieu qui va lui passer à travers tout le corps. Mais plus que la méthode, c’est le résultat et la douleur qui sont impressionnants. En effet, le visage est entièrement déformé par les pals et la bouche ouverte sous-entend que Salito a souffert terriblement. Ce qui est le but de la torture : faire très mal, rapidement et avec des séquelles visibles. 

Mais le fait que son acolyte meurt empalé n’est pas une coïncidence. Car pour mourir de manière si atroce, il faut l’avoir mérité. L’empalement sonne ici comme une punition, d’où la théorie de la torture. En effet : Sapito est vénal. Dès qu’il voit la statuette, il fait des imitations d’argent avec ses mains. « Money ! Money », puis il abandonne Indiana Jones a une mort certaine avant de partir avec la statue en or. 

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La mort de Salito est utile à Steven Spielberg, car il annonce au spectateur que sans Indiana Jones cet homme ne pouvait pas survivre. Il renforce également l’idée de punition. Les méchantes des films d’Indiana Jones finissent toujours par mourir de manière atroce. Ce n’est que le début d’une longue série. D’ailleurs, avant d’entrer dans la grotte, Salito le supplie en le mettant en garde : « Nobody comes out alive. Please. » Effectivement, personne sauf Indiana Jones.

Marine Moutot


Les Aventuriers de l’Arche Perdue
Réalisé par Steven Spielberg
Avec Harrison Ford, Karen Allen, Paul Freeman
Aventure, Action, Etats-Unis, 1h56
Sorti le 16 septembre 1981

Le Seigneur des Anneaux : Le Retour du Roi (The Lord of the Rings : The Return of the King), Peter Jackson, 2003

Episode ultime de la trilogie, Le Retour du Roi retrace la fin du voyage de Frodon et Sam, deux courageux Hobbits, jusqu’à la Montagne du Destin où ils doivent détruire l’Anneau du terrible Sauron, entité maléfique qui veut mettre à feu et à sang la Terre du Milieu. Pendant que les deux compères cheminent, leurs compagnons, dont ils ont été séparés depuis longtemps, combattent les forces du Mal afin d’empêcher son emprise de s’étendre. 

La scène de la mort de Saroumane a été coupée au montage final du Retour du Roi et ajoutée aux bonus. Elle reste un moment décisif de la bataille contre Sauron et fait suite à la défaite de Saroumane après l’attaque de l’Isengard par les Ents. 

Réfugié en haut de sa tour, hautain et méprisant, Saroumane résiste encore alors qu’il a déjà perdu. Gandalf lui propose une dernière voie de rédemption car il connaît les secrets de l’ennemi. Saroumane brandit la Palantir et rejette son offre. Théoden, le roi du Rohan, tente de convaincre Grima, le serviteur de Saroumane, de se racheter. Mais Saroumane frappe Grima qui finit par le poignarder dans le dos. Saroumane chute de la tour et s’empale sur une roue bardée de piques. 

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Cet empalement est assurément punitif car il fait suite aux nombreuses trahisons de Saroumane. Sa violence gratuite envers Grima, son serviteur, signe son arrêt de mort. En se retournant contre celui qui a trahi pour lui et qui l’a servi aveuglément – bien que par peur et dans son propre intérêt -, le Mal se retourne contre lui-même. Bien que cette action de Grima soit prévisible, elle surprend et choque le spectateur – et les personnages. La chute qui mène à l’empalement reste accidentelle, bien qu’elle soit le fruit du meurtre : déstabilisé par la violence du coup, Saroumane tombe de la tour. Sa longue descente permet de ressentir l’importance du motif de la chute : en chutant, il perd la vie mais aussi son pouvoir et la guerre. Alors que son corps tournoie dans le vide, en plongée totale, la roue fatale se dessine en contrebas. Son atterrissage violent est un second choc pour les personnages qui détournent le regard. Séquence finale de cette scène, le corps transpercé de Saroumane suit le mouvement de la roue et disparaît sous l’eau, immergeant à jamais ses péchés.

En voyant cette scène, il faut bien avoir en mémoire que Peter Jackson, qui a aussi réalisé Bad Taste (1987) et Braindead (1992), vient d’un univers cinématographique bien marqué : celui du film de genre et de la série B. Dans ces films, le gore (dans lequel l’empalement est un motif récurrent) est toujours dans la surenchère et crée une jouissance du spectateur. Bien que Le Seigneur des Anneaux n’entretienne pas de liens directs avec cet univers et que les tueries relèvent de la logique guerrière, le cinéaste réinvestit des motifs déjà exploités, bien que de manière beaucoup plus sanglante, dans ses précédents films.

Manon Koken


Le Seigneur des Anneaux : Le Retour du Roi (The Lord of the Rings : The Return of the King)
Réalisé par Peter Jackson
Avec Viggo Mortensen, Elijah Wood, Sean Astin
Film d’aventure, fantastique. Etats-Unis, Nouvelle-Zélande, 3 h 21
Sortie le 17 décembre 2003

BONUS Série : Misfits, S01E06 : Une meilleure personne (Howard Overman, 2009)

Attention, spoiler alert. Le texte qui suit dévoile un élément clef de l’intrigue.

Après qu’un étrange orage ait frappé la ville de Londres, cinq jeunes adultes, condamnés à des travaux d’intérêts généraux, découvrent qu’ils ont développés d’étranges pouvoirs. Petit à petit, des événements de plus en plus bizarres vont se produire.

La conclusion de la saison 1 est riche en rebondissements. Dans l’ultime épisode de la saison (S01E06 : Une meilleure personne), une femme transforme peu à peu les gens au comportement qu’elle juge dépravé en sages jeunes personnes qui rejoignent son groupe de soutien religieux. Alisha, puis les autres membres du groupe, sont rapidement contaminés. Seuls restent Nathan et Simon. Se retrouvant tous les trois sur le toit, Nathan tente de déstabiliser leur ennemie afin qu’elle lève le sort. Déstabilisés, ils chutent et Nathan s’empale sur la grille en bas du bâtiment. Cris d’horreur de la part de ses compagnons et stupeur des spectateurs. Le corps transpercé est montré sous différents angles afin d’appuyer l’horreur du moment. 

La mort de Nathan est rapide et dramatique. L’empalement a, ici, une dimension tragique : le personnage-phare de la saison, adulé des spectateurs, décède dans la surprise générale, tout en sauvant ses comparses. 

Surprise finale : on découvre qu’en réalité, le pouvoir magique de Nathan – qui a tant tardé à se révéler au cours de cette saison – est l’immortalité. La caméra descend en travelling vertical. Et voilà le fanfaron en train de hurler, six pieds sous terre, depuis l’intérieur de son cercueil satiné : “Je suis vivant. Je suis immortel. C’est ça ! J’ai un pouvoir ! Je le savais ! J’ai un pouvoir !”. Une panique – quelque peu comique – surgit en lui lorsqu’il réalise qu’il est enterré vivant.

Enfin, la saison peut se terminer : les spectateurs sont rassurés, Nathan sera bien présent pour la saison 2. Suite à cette dernière révélation, cette mort par empalement a d’abord une portée tragique. Mais le fait de voir Nathan, heureux d’avoir enfin un pouvoir, enterré à tort et écoutant son mp3 enlève de la gravité à cette réalité et rend la scène comique. Le spectateur est soulagé et cette fin s’inscrit totalement dans le ton de la série.

Manon Koken


Misfits – Saison 1
Série de Howard Overman
Avec Robert Sheehan, Lauren Socha, Nathan Stewart-Jarrett, Antonia Thomas, Iwan Rheon
Comédie, Fantastique, Grand-Bretagne
2009

Retrouvez nos prochaines pépites le mardi 13 août 2019. Nous vous proposerons plusieurs bons films dans lesquels un arbre tombe.

Vous aussi, mettez-nous au défi de dénicher des films en rapport avec votre thème, en votant pour le Défi #4 avant le 12 août 2019. Vous pouvez également proposer de nouveaux thèmes en commentaire ou sur les réseaux sociaux.

Publié par Phantasmagory

Cinéma - Série - VR

2 commentaires sur « [UN BON FILM AVEC… ] Un bon film dans lequel quelqu’un s’empale par accident »

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