[CONSEILS DU VENDREDI] #53

Cette semaine au programme des Conseils, nous vous parlons de : Once Upon a Time … in Hollywood, L’intouchable, Harvey Weinstein, Perdrix et Je promets d’être sage.


Once Upon a Time … in Hollywood: 1969, Hollywood : la destiné de plusieurs personnalités s’entrecroise dans le quartier mythique de la cité des anges. Parmi eux, Sharon Tate – starlette en vogue -, Rick Dalton – acteur de westerns bientôt has been-, Cliff Booth – sa doublure et cascadeur sans emploi – et une bande de mystérieux hippies.

On ne présente plus Quentin Tarantino : cinéaste survolté et irrévérencieux, féru de pop culture et de bagarres, grand fétichiste des petits petons.  Adulé ou détesté par le public et la critique; réalisateur parfois controversé depuis ses débuts à l’aube des 90’s marquées par les triomphes successifs mais disputés de Reservoir Dogs et de Pulp Fiction au festival de Cannes, Tarantino, quoiqu’il fasse, laisse rarement indifférent.
La source d’une telle passion réside avant tout dans la figure profondément cinéphile du cinéaste dont le style se raccorde essentiellement à un patchwork ; succession d’hommages à toutes les références qui l’ont inspirées. C’est encore le cas ici où après la blaxploitation, les films d’arts martiaux et les westerns, le réalisateur s’essaye à un exercice somme tout plus personnel en signant une excursion dans le cinéma rêvé de son enfance. Brillamment réalisé et référencé comme à l’habitude, il ne faudrait néanmoins pas se tromper : entre le conte et la légende, Once Upon a Time…a moins la vocation d’une retranscription fidèle des événements que celle de capturer l’essence d’une époque. A défaut d’une fidélité historique absolue, c’est sur ce registre de vérité émotionnelle que le film fait très bien le job. Chronique d’un Hollywood révolu bercée par une bande son qui sent bon la marie-jeanne et les pattes d’eph, ce nouvel opus foisonne bien évidemment de références à tout va au milieu desquelles apparaissent comme autant de clins d’œil délectables quelques gimmicks et caméos, emblématiques du style Tarantino.
Plus sobre que ses précédents essais, décrit par certains comme le film de la maturité pour un cinéaste soi-disant proche de la retraite,il faut néanmoins se rassurer : Once Upon a Time in Hollywood contient sa part de franche hilarité, généralement suscitée par Brad Pitt, très en forme dans son rôle de cascadeur looser. Si de son côté DiCaprio n’est pas en reste avec quelques morceaux assez savoureux, on pourra néanmoins regretter le sous-emploi de Margot Robbie qui n’a ici pas grand-chose à se mettre sous la dent avec sa partition presque mutique. Autre petit bémol : avec cette balade nostalgique au profil très low key, le réalisateur pourrait ainsi déstabiliser certains de ses aficionados les plus férus de castagne. Tarantino a ainsi toujours eu l’habitude de prendre son temps (les films d’une heure trente, très peu pour lui) mais avec presque trois heures au compteur,  certains pourrait en effet trouver la démonstration un peu trop longue. M.P

L’intouchable, Harvey Weinstein : Dans ce documentaire, Ursula Macfarlane entreprend de remonter à la genèse de l’Affaire Weintein, scandale qui a éclaté au grand jour en 2017, après des année d’omerta, et de donner une voix à quelque unes de ses nombreuses victimes.

Bien que le but soit louable : remonter aux origines du mal et tâcher de comprendre comment s’est façonné le monstre, la réalisation reste largement discutable. On alterne entre les témoignages de femmes victimes de ses abus, ceux de proches collaborateurs qui profitent de l’occasion pour faire leur mea culpa, et des photos qui retracent la vie de Weinstein, depuis sa plus tendre enfance jusqu’à son ascension au pouvoir. Le plus dérangeant reste la mise en scène grotesque qui accompagne le récit des victimes du producteur. Comme si la gravité des témoignages ne se suffisait pas à elle-même, des couloirs et des portes d’hôtels défilent à l’écran, tous plus sordides les uns que les autres, afin d’aider un peu l’imagination du spectateur sans doute. L’image floue et la musique dramatique qui accompagnent ces scènes nous rappellent à la fois le cadrage ridicule d’un épisode des Feux de l’amour et les vielles émissions qui passaient les soirs d’Halloween, tels que Les 30 histoires les plus effrayantes, où l’on essaie de nous convaincre de l’existence du Loch Ness. Plutôt que de porter à l’écran les ravages que peuvent causer de telle agressions, on se contente ici de faire de Harvey Weinstein un phénomène de foire qu’on expose dans le seul but de contenter la curiosité malsaine de la foule. Bien qu’elle se défende d’avoir chercher à faire dans le sensationnalisme, l’on soupçonne la réalisatrice de surfer sur la vague du mouvement #MeToo pour sortir son épingle du jeu. Même si elle donne la parole aux victimes de Weinstein, on regrette que sa réalisation manque autant de justesse. Pour dépeindre le portrait d’un violeur, y a-t-il besoin de faire appel à de tels effets dramatiques afin de renforcer les côtés sombre et pervers du personnage ? Un simple récit des faits aurait largement suffi et aurait peut-être permis de rendre justice aux victimes sans exploiter leurs histoires. N’est appréciable que la fin du long-métrage qui montre les images de l’élan incroyable de solidarité féminine et de sororité qu’a provoqué toute cette affaire. Maigre consolation. A.E

Perdrix : Commissaire dans une petite ville, Pierre Perdrix vit encore chez sa mère avec son frère et sa nièce. Un jour, il rencontre Juliette Webb qui vient de se faire tout voler par une femme nue. En partant à la recherche de ses carnets, Perdrix et Webb se découvrent et chamboulent tout. 

Perdrix à tout pour plaire aux aficionados des comédies romantiques décalées et absurdes :
1 – Des personnages qui ne collent à aucun standard — sauf celui des comédies décalées — attachants, joués par des acteurs et actrices excellent.e.s.
2 – Des situations qui sortent de l’ordinaire : une famille qui ne se comprend pas, mais qui vit sous le même toit, une mère qui accumule les hommes depuis qu’elle a perdu son mari, un frère spécialisé dans les vers de terre, une gendarmerie où il ne se passe pas grand-chose, des rebelles nudistes, des reconstitutions de guerre silencieuses, une femme pas trop conventionnelle et complètement perdue.
Pourtant le film déçoit. Peut-être est-ce la faute à une presse dithyrambique qui porte le film depuis son passage à la Quinzaine des réalisateurs en mai dernier. Peut-être est-ce la faute à cet élan d’éloge qui crie au génie et à l’originalité, là où il n’y a qu’un récit classique ponctué de quelques bonnes idées. Peut-être est-ce la faute aux acteurs et actrices, totalement investi.e.s et qui donnent le meilleur d’eux-mêmes pour des personnages un peu bancals et tous antipathiques. C’est un peu la faute de tout cela.
Pour son premier film, Erwan Le Duc propose certes une comédie un peu loufoque mais avec des irrégularités tant dans le récit que dans le rythme. L’histoire frôle le ridicule plus d’une fois, même si souvent avec charme. Quelques longueurs viennent se rajouter ainsi que des idées un peu gauches qui ne tombent pas toujours juste. Le film plaira beaucoup à certains, beaucoup moins à d’autres. Un film sympathique qui vaut pour son couple, cette famille totalement à côté de la plaque et limite incestueuse et son ambiance morne. La fin est presque trop classique, dommage. M.M

Je promets d’être sage : Le film s’ouvre sur une pièce de théâtre hystérique, menée par Franck, un metteur en scène au bout du rouleau. La représentation est un fiasco et son auteur quitte Paris pour mener une vie plus sereine, loin des planches et d’un public imperméable à son talent. Embauché comme gardien de musée, il fait la connaissance de ses futurs collègues, tous étranges et/ou dépressifs. Parmi eux Sybille se dévoile agressive. Il vont finalement tous deux s’apprivoiser et monter une arnaque, un tremplin vers leur nouvelle vie.

Au départ fondé sur une bonne idée : la reconstruction d’âmes esseulées guidées par un destin plutôt loufoque, le film s’écarte très vite de ses promesses. L’histoire révèle au compte de goutte des éléments qui paraissent clé dans la vie de de Sybille et Franck. Elle semble avoir perdu la mémoire, il est hanté par son passé théâtral qu’il nie constamment. Des éléments plus ou moins exploités pendant les 40 premières minutes et qui sont finalement balayé d’un revers de manche dès que l’intrigue décolle. Les deux héros s’inventent respectivement des identités pour refourguer à des antiquaires des pièces du musée. Et là où leurs singularité auraient enfin pu pimenter ce nœuds central de l’action, elles sont oubliées et on assiste à une pantomime grotesque de deux acteurs mal dirigés.
Ce duo pataugeant dans une farandole de gags forcés, est accompagné par une palette de personnages secondaires clichés et assez inintéressants : la jeune femme un peu perchée qui veut devenir hypnothérapeute, les deux frangins chelous qui ont repris les postes de gardien de leurs parents et un veiux célibataire hypocondriaque. Dans sa volonté d’être résolument drôle, Je promets d’être sage passe à côté de son effet comique. C.L.L

Marine Pallec, Amandine Eliès, Clémence Letort-Lipszyc et Marine Moutot

Once Upon a Time in Hollywood
Réalisé par Quentin Tarantino
Avec Brad Pitt, Leonardo DiCaprio, Margot Robbie
Comédie dramatique, États-Unis, 2h42
14 août 2019
Columbia Tristar Motion Picture Group (Sony Picture)

L’intouchable, Harvey Weinstein
Réalisé par Ursula Macfarlane
Documentaire, Etats-Unis, 1h39
14 août 2019
Embankment film

Perdrix
Réalisé par Erwan Le Duc
Avec Swann Arlaud, Maud Wyler, Fanny Ardant
Comédie, France, 1h39
14 août 2019
Pyramide Distribution

Je promets d’être sage
Réalisé par Ronan Le Page
Avec Léa Drucker, Pio Marmaï, Mélanie Richard
Comédie, Drame, France, 1h32
14 août 2019
Apollo Films

Publié par Phantasmagory

Cinéma - Série - VR

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