[CONSEILS DU VENDREDI] #54

Cette semaine au programme des Conseils :  Les Baronnes, Late Night et Thalasso.


Les Baronnes : 1978, Hell’s Kitchen (quartier irlandais de New York) trois mafieux sont envoyés en prison par le FBI. Pour subvenir à leurs besoins, leurs femmes vont prendre la suite de leurs affaires, en profitant de l’occasion pour enfin s’émanciper de leur rôle d’épouse et de mère au foyer.

Le jour où leurs maris sont pris au piège par la police, Ruby, Claire et Kathy, leurs épouses, comprennent vite qu’elles doivent en profiter pour les remplacer aux commandes de leur mafia. Désormais ce sont elles qui règnent sur le quartier et elles ne se privent pas pour rendre tous les coups qu’elles ont pu recevoir dans la vie. N’ayant pas froid aux yeux, elles éliminent la concurrence de sang froid et font la pluie et le beau temps sur Hell’s kitchen. A mesure qu’elles prennent de l’assurance dans leur business, elles retrouvent aussi leur féminité et leur confiance en elles. Fini le temps où elles se contentaient d’obéir à leurs époux, révolue l’époque où elles avaient peur en marchant dans la rue ! Mais dans la mafia tous les coups sont permis, et elles ne savent pas encore dans quoi elles se sont véritablement lancées…
Dans ce sixième long métrage, Andrea Berloff nous en met plein la vue ! Une playlist qui donne envie de s’élancer à l’assaut des rues de New York, un trio d’actrices formidables (Melissa McCarthy, Tiffany Haddish et Elisabeth Moss), une intrigue pleine de rebondissements qui ne nous laisse pas le temps de nous ennuyer, et surtout, une vague de de sororité et d’empowerment qui emporte tout sur son passage. Mention spéciale pour Domhnall Glesson (Gab) qui crève l’écran dans son idylle avec Elisabeth Moss (Claire).
Même si le scénario manque parfois un peu d’originalité, on se laisse tout de même  embarqué par le dynamisme et l’assurance de nos héroïnes. Enfin le film permet de questionner les rapports d’égalité entre hommes et femmes, tant dans le travail qu’au sein des couples. Nous ne sommes plus dans les années 80, mais trop nombreux sont encore celles et ceux qui pensent que le rôle de la femme est de tenir la maison et d’élever les enfants. Ce film vient joyeusement leur rappeler que les femmes aussi ont le droit de mener une vie libre et indépendante, et qu’elles ont autre chose à faire que de préparer le dîner en attendant que leurs conjoints daignent rentrer à la maison. A.E

Late Night : Le show de l’icône de la TV Katherine Newbury est en perte de vitesse. Elle recrute alors Molly Patel ancienne employée d’une usine chimique, et désormais seule femme dans une équipe d’auteurs hommes. Cette rencontre qui devait initialement redynamiser l’équipe va finalement remettre en question l’ensemble de la ligne éditoriale du show.

Après avoir dévoilé son talent en tant que scénariste de série avec The Office et The Mindy Project, où elle tient le rôle principal, Mindy Kaling au scénario s’attaque férocement aux privilèges des hommes dans les médias. Dans ce sens elle introduit Katherine Newbury (Emma Thompson) comme une vétéran du talk-show à l’américaine. Après quelques années de stand-up, cette jeune anglaise obtient son show en fin de soirée. Seule femme à cette audience, elle s’obstine à programmer des politiciens et des auteurs dont seul la classe aisée des 50 et plus a entendu parlé. Face à elle, la ribambelle de concurrents que l’on connaît : Kimmel, Seth Myers, John Oliver, Bill Maher.. Son rôle de boss impitoyable est royalement interprété par une actrice au jeu subtil et émouvant. Sa dureté semble nécessaire dans sa quête de l’excellence et elle refuse toute faille, toute émotion provenant des ses employés. Petit clin d’œil aux idées reçues étant qu’une femme ne peut être prise au sérieux tant qu’elle demeure dans la nuance et la partialité.
C’est alors que Molly (Mindy Kaling), débarque dans sa vie dans une tempête émotionnelle. La jeune femme qui vient de décrocher le job de ses rêves, peine finalement à faire accepter sa fragilité dans un monde d’homme mené à la baguette par une femme de principes.
Dans ce parti pris de confronter deux personnages antagonistes, l’enjeu devient évidemment de trouver un terrain d’entente pour ces deux femmes. L’une devra s’endurcir et l’autre se décoincer. Le chemin parcouru au fil de l’intrigue est habilement mené. Les sous-intrigues romantiques et personnelles sont sous-exploitées et ce pour une bonne raison : il est question ici d’ambition, de la revanche d’une jeune femme qui a toujours été choisie pour sa couleur de peau comme gage de diversité, et de celle d’une cinquantenaire en perte de vitesse dans un Hollywood misogyne. Ainsi le film ne sert perd pas dans l’habituelle rom-com au archétypes tellement mâchouillés qu’ils deviennent sans saveurs.
Agréablement ils se dégage davantage du film la revendication de la place de la femme dans les médias que celui d’être une simple comédie. Mais malgré ses qualités scénaristiques et d’interprétation, il manque à Late Night la petite étincelle. On ne rit jamais franchement, et les personnages ne sont que trop peu attachants considérant toute les nouvelles valeurs qu’ils souhaitent insuffler à l’art du stand-up et du talk show. C.L-L

Thalasso : Michel Houellebecq s’est fait kidnapper pendant 5 jours. 5 ans plus tard, il est maintenant ami avec ses ravisseurs. Alors qu’il arrive en thalasso, il croise le chemin de Gérard Depardieu.

Le nouveau film de Guillaume Nicloux — qui a réalisé Valley of Love et Les Confins du Monde qui nous ont enchantés — est une fiction totalement loufoque qui prend comme base les personnalités atypiques de Depardieu et Houellebecq. Le récit se situe cinq ans après les faits narrés dans le téléfilm L’enlèvement de Michel Houellebecq. Ce téléfilm prenait comme point d’ancrage la semaine de disparition de Houellebecq pendant qu’il faisait le tour de la France pour son ouvrage La Carte et le Territoire en 2011. De folles rumeurs ont circulé autour de cette absence. Guillaume Nicloux s’est posé la question : et si Michel Houellebecq avait vraiment été enlevé ? Il réalise donc un docu-fiction qui repose entièrement sur la personnalité de l’écrivain. C’est ainsi qu’en 2019, Nicloux reprend le personnage ni-fictif ni-réel de Houellebecq et le met en scène dans une thalasso. Le spectateur qui n’a pas vu le téléfilm ne sera pas perdu, car le récit est plutôt bien amené et reste clair. Avec une caméra portée, le film est marqué par la mise en scène documentaire.
L’un des principaux intérêts du récit et malheureusement le seul est cette rencontre improbable entre un monstre du cinéma et un monstre de la littérature. Ils sont tous les deux aux antipodes : leurs corps pour commencer, leur manière de voir les choses, leurs vécus et leurs problèmes de santés. Michel Houellebecq est dans une attitude naïve de découverte permanente de la thalasso et des contraintes qui lui sont imposées. Il faut l’avouer que c’est finement amené et drôle, la manière dont il tourne dans sa boite de cryothérapie, comment il essaye de voler du vin. Tandis que Gérard Depardieu est dans le partage, sans cesse, de ses propres expériences. C’est l’homme qui a tout vu, tout fait. Et le duo fonctionne parfaitement. Mais l’histoire parallèle avec les malfaiteurs, sans être déplaisante, vient vite parasiter le récit et transformer le film en un enchaînement de plus en plus insensé. Le tout avec beaucoup de seconds degrés. Un dernier carton apparaît pour signaler que tous les personnages sont de fictions et qu’aucune action n’a été tirée de la réalité. Un message important pour les spectateurs qui viennent de passer 1h30 en présence d’étranges personnages. Beaucoup d’humour donc, mais aussi des longueurs rendent ce long-métrage inégal. M.M

Clémence Letort-Lipszyc Amandine Eliès et Marine Moutot

Les Baronnes 
Réalisé par Andrea Berloff
Avec Melissa McCarthy, Tiffany Haddish, Elisabeth Moss
Drame, Policier, Thriller, Etats-Unis, 1h42
21 août 2019
Warner Bros

Late Night
Réalisé par Nisha Ganatra
Avec Emma Thompson, Mindy Kaling, John Lithgow
Comédie, États-Unis, 1h43
21 août 2019
ARP Selection

Thalasso
Réalisé par Guillaume Nicloux
Avec Gérard Depardieu, Michel Houellebecq, Maxime Lefrancois
Comédie dramatique, France, 1h33
21 août 2019
Wild Bunch Distribution

 

Publié par Phantasmagory

Cinéma - Série - VR

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