[CONSEILS DU VENDREDI] #62

Cette semaine dans les Conseils : Shaun le mouton : la ferme contre-attaque,
Martin Eden
 et Matthias et Maxime.


Shaun le mouton : la ferme contre-attaque : Alors que l’ennui commence à poindre à Mossy Bottom pour nos compagnons ovins, un étrange phénomène se produit… LU-LA, une petite extraterrestre mauve débarque sans crier gare à la ferme. Cette nouvelle compagne de jeu va bouleverser le quotidien de nos moutons laineux. Mais chuuuut, cela doit rester secret…

Après un premier opus totalement drolatique et moutonneux, Shaun, le mouton-star du studio britannique Aardman revient – pour notre plus grand plaisir – pour des aventures remplies d’aliens. Le burlesque est au rendez-vous et on prend un plaisir réel au chassé-croisé des références filmiques science-fictionnelles. Armageddon, Mars Attack, E.T. l’extraterrestre, 2001 l’odyssée de l’espace, Signes, Matrix et tant d’autres sont intégrés à l’intrigue pour un Où est Charlie ? convaincant. Et évidemment les oeuvres du studio Aardman sont aussi habilement glissées dans le quotidien des moutons. L’expressivité de Shaun est toujours impressionnante, un simple bêêêlement, un mouvement de sabot, et le message est clair ! Et sa compagne LU-LA est aussi fort sympathique. Deux micro-critiques éventuelles : une scène de supermarché – pour une critique claire de la société de consommation – qui vire légèrement au grotesque du fait de sa durée et une ou deux chansons de la bande son. Montrant son inscription dans l’actualité, Aardman n’oublie pas de donner une dimension écologique et anti-technologique à son film. Allez tous pour Shaun et Shaun pour tous ! M.K.

Martin Eden : Martin Eden est un marin napolitain prolétaire. Lorsque son chemin croise celui de Ruth, une jeune bourgeoise passionnée de littérature, il veut aussitôt la conquérir et découvre à travers elle tout un monde. Il décide alors qu’il deviendra écrivain, envers et contre tout(s).

Avec Martin Eden nous voilà plongées dans les années 1980, ou plutôt dans les années 1960. Finalement non, retour à l’époque du muet, et puis non, avant la Seconde Guerre mondiale. En fait, pas du tout, nous sommes au début du XXe siècle. Ce va-et-vient incessant entre les différentes époques, seulement marqué par quelques indices à peine visibles, est difficile à suivre : une télévision par-ci, des chemises noires par là, une image en pellicule sépia… Le cinéaste, en adaptant l’œuvre éponyme de Jack London, voulait-il rendre universel et intemporel ce récit d’un génie incompris ? En changeant sans cesse de moyen de communication, en modifiant toujours l’image qu’il utilise, le cinéaste n’arrive pas à renouveler son récit qui s’égare et perd la substance que Jack London avait souhaité lui donner : l’hypocrisie d’un milieu et d’un homme qui désirait inlassablement plus. Ce Martin Eden est ici juste un homme qui se croit talentueux et qui hait progressivement tout le monde. L’amour qu’il porte à Ruth est aussi vide que le film dans lequel il s’inscrit. Ce mélange permanent d’images prises à gauche et à droite aurait pu être intéressant, si le réalisateur italien ne perdait pas son temps à égarer volontairement — ou non — le spectateur. De plus, l’utilisation de la musique de manière systématique est beaucoup trop redondante. Et pourquoi absolument les années 1960 où la pop italienne n’était pas forcément la plus intéressante ?
Luca Marinelli remporte le prix du meilleur acteur pour son rôle de Martin Eden. Dommage, car le film n’est pas à la hauteur de son talent que l’on avait préféré dans Una Question Privata. Ainsi le film passe, mais ne reste pas. M.M, MK

Pour découvrir les autres films de la Mostra c’est par !

Matthias & Maxime  : Amis de longue date, Matthias et Maxime se retrouvent obligés de s’embrasser pour les besoins d’un court métrage. Cet acte en apparence sans importance va petit à petit bouleverser la dynamique de leur groupe d’amis.

Après s’être brûlé les ailes à Hollywood en accouchant douloureusement de l’indigeste Ma vie avec John F. Donovan, Xavier Dolan revient avec un film qui cherche à prendre le contre-point de son aîné. Marquant le retour au Québec du réalisateur, Matthias et Maxime raconte à la manière d’un Denys Arcand (Les invasions barbares) les émois d’une bande de potes. Loin des drames ampoulés qu’il avait pris l’habitude d’affectionner et en se concentrant (à un problème de Maman prés of course) sur les liens d’amour et d’amitié qui régissent la  dynamique de cette « belle gang » fort bien composée, Dolan parvient à atteindre une sincérité et une simplicité assez rafraîchissantes et qu’on ne lui avait plus vues depuis longtemps.
Toutefois, la simplicité, c’est également le défaut de cet opus. Lors du dernier festival de Cannes, Dolan s’était ainsi étonné de voir son film sélectionné et si Matthias et Maxime pourrait rentrer dans la case plus confidentielle de la carrière du cinéaste qui abritait jusque-là Tom à la ferme – film hélas assez méconnu de sa filmographie – il  est cependant loin d’égaler la maîtrise et le génie de ce dernier. Le rendu global a beau être sympathique, on trouvera également ce dernier film assez peu mémorable. En effet si  tout Dolan contient son passage culte  – de la scène d’amour dans la peinture de J’ai tué ma mère au  play-back de Céline dans Mummy en passant par le tango menaçant et érotique de Tom à la ferme – il est ainsi difficile de se souvenir d’une scène particulière qui permettrait d’ancrer durablement le film dans nos cœurs et nos mémoires.
Alors, que gardera-t-on de Matthias et Maxime ? L’image d’un nouveau départ marquant le début d’une certaine maturité pour le cinéaste ou bien au contraire une pause momentanée avant un retour vers une certaine grandiloquence boursouflée ? A l’heure actuelle, où le canadien semble davantage concentré sur sa carrière d’acteur, il semble difficile de prédire à quoi ressemblera l’avenir cinématographique de Dolan. Une affaire à suivre donc. M.P

Manon Koken, Marine Moutot et Marine Pallec

Shaun le mouton : la ferme contre-attaque
Réalisé par Will Becher et Richard Phelan
Animation, Comédie, Grande-Bretagne, 1h30, à partir de 6 ans
16 octobre 2019
Studio Canal

Martin Eden
Réalisé par Pietro Marcello
Avec Luca Marinelli, Carlo Cecchi, Marco Leonardi
Drame, Italie, France, 2 h 08
16 octobre 2019
Shellac

Matthias & Maxime
Réalisé par Xavier Dolan
Avec Gabriel D’Almeida Freitas, Xavier Dolan, Anne Dorval
Comédie dramatique, Québec, 1h59
16 octobre 2019
Les films Séville

Publié par Phantasmagory

Cinéma - Série - VR

2 commentaires sur « [CONSEILS DU VENDREDI] #62 »

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