[CONSEILS DU VENDREDI] #78

Cette semaine dans les Conseils : Birds of Prey et la fantabuleuse histoire de Harley Quinn et La cravate


Birds of Prey et la fantabuleuse histoire de Harley Quinn : Suite à sa rupture avec le Joker, Harley Quinn se retrouve à la merci de tous les mercenaires de Gotham City. Elle fait alors équipe avec une équipe de justicières pour sauver la jeune Cassandra Caine des griffes de Black Mask, un des pires criminels de la ville.

Contrairement à Marvel dont chaque opus semble automatiquement promis à un  indéboulonnable succès, la trajectoire de DC reste encore aujourd’hui à double tranchant. Entre demi-réussites et gros échecs, on aura ainsi eu le droit au meilleur (Wonder Woman, Joker), comme au moyen (Shazam, Man of Steel) en passant par l’incommensurable bouse ; on veut bien sûr parler de l’abominable Suicide Squad.

Ersatz de film noyé dans un magma de FX dégueulasses, réalisé et écrit avec le cul et monté par une boite spécialisée dans les bande-annonces, Suicide Squad reste encore aujourd’hui le cauchemar absolu du cinéphile, le degré zéro du septième art. Néanmoins, comme la lumière au bout du tunnel ou un métro en période de grève, un point positif avait émergé de cette chose impie : l’interprétation Margot Robbie en Harley Quinn, ancienne psy reconverti dans le crime et sidekick complètement zélée du Joker. C’est donc presque avec un espoir que l’on osait attendre Birds of Prey où Quinn – débarrassée de la misogynie ambiante de Suicide Squad et du connard peinturluré joué comme un pied par Jared Leto – allait enfin pouvoir briller aux côtés d’autres anti-héroïnes.

Alors, le film est-il à la mesure de nos attentes ? Non.C’est DC quand même hein, faut pas rêver. Toutefois et si on est ainsi loin de renouer avec l’ingéniosité et le charme d’un Wonder Woman, il faut bien reconnaître à Birds of Prey un ensemble globalement divertissant, doté de personnages badass (mentions spéciales à Jurnee Smollett-Bell et Mary Elizabeth Winstead dans les rôles de Black Canary et Huntress) et d’une intrigue globalement bien menée quoique prévisible. Confiée à Cathy Yan, réalisatrice encore débutante, la réalisation manque peut-être un peu de peps dans certaines scènes d’actions, mais on appréciera néanmoins un Rated R qui permet au film de vraiment dépoter et un taux de FX dégueulasses revu à la baisse.

Néanmoins, avec sa trame narrative sans grande ampleur, Birds of Prey est un film qui loin d’être « fantabuleux » reste pour le coup relativement mineur. Si Harley Quinn crève encore une fois de plus l’écran, on regrettera que plus de place n’ait pas été laissé aux autres protagonistes. Le méchant du jour, ici incarné par Ewan McGregor apparaît comme un parrain de la pègre sadique stéréotypé et décevant tandis que les autres héroïnes sont souvent relégués à l’arrière plan. Bien que la possibilité d’une suite ne soit évoquée en toute fin de film et alors que l’univers DC est actuellement en pleine restructuration, dieu seul sait à l’heure actuelle si on aura l’occasion de revoir ces personnages de si tôt. Une certitude néanmoins : il a été annoncé que Harley Quinn sera bientôt de retour sur nos écrans dans The Suicide Squad, suite/reboot de son ignoble aîné réalisé cette fois-ci par James Gunn (Les gardiens de la galaxie). Bonne nouvelle ou terrible fiasco, comme d’habitude avec DC il est encore trop tôt pour le dire. M.P

La cravate : Durant la campagne présidentielle de 2017, deux documentaristes suivent Bastien Régner, jeune militant d’extrême droite engagé au Front National.

“Ceci est l’histoire d’un jeune militant politique […] membre d’un parti situé à l’extrême droite de l’éventail des idéologies”. Tout comme la voix-off au passé simple que l’on retrouve en fil conducteur tout au long du film, il y a quelque chose qui tient du roman dans La cravate. Les personnages y sont bien campés : le jeune picard patriote, le petit chef arriviste, les élus parachutés, les grands chefs impénétrables…; le décor parfaitement trouvé avec cette terre ouvrière et délaissée par les grands partis.

La cravate aurait ainsi pu se contenter de dresser un portrait totalement à charge ou alors naïf vis à vis de son protagoniste et de ses idées. Or, c’est là au contraire que le documentaire réussi son brillant exercice, en naviguant avec intelligence entre langue de bois et complicité, éléments de langage et vraie intimité pour réussir à établir un récit sans concessions. Constamment confronté à sa propre parole aux travers d’entretiens qui reviennent sur le défilé des événements enregistrés durant la campagne, Bastien Régner y exprime autant ses convictions que ses désillusions vis à vis de sa famille politique. A ses côtés on accède aux coulisses de la dédiabolisation voulue par le FN tandis que l’on découvre peu à peu la vérité de l’homme derrière le discours bien calibré du militant. Ancien skinhead issu de la violence la plus extrême et devenu un bon petit soldat du FN, son parcours est d’autant plus pertinent pour analyser la nouvelle rhétorique du parti. Loin des clichés et surtout plein d’intelligence, La cravate est avant tout un précieux document qu’il sera d’autant plus intéressant de consulter à la veille de nos élections municipales. M.P

Marine Pallec

Birds of Prey et la fantabuleuse histoire de Harley Quinn
Réalisé par Cathy Yan
Avec Margot Robbie, Rosie Perez, Ewan McGregor
Action, États-Unis, 1h49
5 février 2020
Warner Bros

La cravate
Réalisé par Mathias Théry et Étienne Chaillou
Documentaire, France, 1h38
5 février 2020
Nour Films

Publié par Phantasmagory

Cinéma - Série - VR

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