[CRITIQUE] Mes Jours de Gloire

Sélectionné en compétition Orizzonti à la Mostra de septembre dernier (qui aime particulièrement les films français centrés sur Paris), Mes jours de gloire séduit par l’interprétation, encore juste, de Vincent Lacoste et par son humour aigre-doux. Chronique tendre d’un looser qui refuse de grandir. Drôle et touchant, un premier long-métrage réussit.


Pour son premier long-métrage Antoine de Bary filme avec humour et tendresse une génération paumée totalement déconnectée de leurs émotions. Il suit Adrien, jeune homme de 27 ans qui se rêve acteur, mais qui doit retourner vivre chez ses parents, car son appartement a été saisi par la justice suite à une blague de mauvais goût. La séquence d’ouverture résume toute sa vie : il appelle les pompiers après s’être enfermé dehors en leur prétextant une fuite de gaz. C’est le début d’une suite de petits mensonges qui l’isole toujours un peu plus et le coupe du monde qui l’entoure. Un véritable tour de force pour cette comédie qui semble en apparence bien légère.

Après un court-métrage, L’enfance d’un chef, en 2016, Prix Canal + à la Semaine de la Critique, le cinéaste retrouve Vincent Lacoste. Ce looser blagueur, mais fragile constitue un peu un ensemble de tous les personnages joués par Lacoste. Il a ce flegme attendrissant qui fait que même lorsqu’il s’enferme dans des faux-semblants aberrants nous arrivons à le comprendre ; il nous touche malgré tout. Avec une mise en scène vive, caméra à l’épaule et en lumière naturelle, Antoine de Bary suit son personnage vulnérable qui avance dans la vie tant bien que mal. Cette vulnérabilité, rendue possible grâce à l’alchimie du cinéaste avec son comédien, est montrée au fur et à mesure qu’Adrien s’enfonce dans les mensonges faciles qui révèlent ses failles et ses peurs. À peine sorti de l’adolescence, le passage à la vie adulte devient un blocage émotionnel. Adrien refuse finalement de grandir et se raccroche à la jeunesse. Il tombe sous le charme d’une lycéenne, interprétée par la lumineuse Noée Abita (qui rayonnait déjà dans le sublime Ava de Léa Mysius). Les adultes que côtoie Adrien semblent aussi perdus que lui : son père cuve dans une chambre de bonne qu’il fait passer pour son bureau, sa mère essaye de cacher son nouveau compagnon à son fils.

Oscillant entre comédie : les répétitions burlesques où il doit interpréter Charles de Gaulle jeune, et drame : sa relation difficile avec ses parents (joués par Christophe Lambert et Emmanuelle Devos), Mes jours de gloire ponctue son récit par un questionnement permanent : mais est-ce que la vie vaut-elle vraiment le coup ? Antoine de Bary répond à cette question dans une séquence magnifique où Adrien craque en se mettant à pleurer. La carapace s’effrite, la façade se brise et le jeune homme peut apprendre à vivre à nouveau.

Marine Moutot

Mes Jours de Gloire
Réalisé par Antoine de Bary
Avec Vincent Lacoste, Emmanuelle Devos, Christophe Lambert, Noée Abita
Comédie, France, 1h39
26 février 2020
Bac Films

Publié par Phantasmagory

Cinéma - Série - VR

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