[TOP] 6 films (et un peu plus) en huis clos à (re)découvrir

Vivarium (Lorcan Finnegan, 2019) aurait dû nous mettre la puce à l’oreille. Sorti le 11 mars 2020, il raconte l’histoire d’un couple enfermé seul dans un lotissement glauque à souhait (soit tout juste une semaine avant notre confinement (que nous vivons tous plus ou moins bien) dû au COVID-19). Quoi de mieux que de parler de huis clos ? Genre où le récit se déroule dans un seul lieu (ou en grande majorité dans un seul endroit). 

Parmi les classiques, nous pouvons citer Shining (Stanley Kubrick, 1980) qui raconte comment Jack Torrance et sa famille partent vivre à l’hôtel Overlook pour s’en occuper durant l’hiver. Enfermé dans cette immense bâtisse, Jack commence à avoir des hallucinations et souhaite rapidement tuer sa femme et son fils. Rien de très joyeux, nous espérons d’ailleurs que les familles survivront au confinement actuel. Petite pensée pour eux.
Dans un autre style, Alfred Hitchcock a également enfermé James Stewart le temps d’un film. Dans Fenêtre sur cours (Rear Window, 1954), nous restons au côté de L.B. Jeffries, reporter et photographe, qui à cause d’une jambe cassée ne peut pas sortir de chez lui. Depuis sa fenêtre, il se met à épier ses voisins et suspecte bientôt l’un d’entre eux d’avoir tué sa femme. En espérant que vos voisins soient plus sympas, cela reste une bonne manière d’occuper son temps.
Sinon vous pouvez également organiser un débat entre colocataires. Pour vous inspirez, nous vous conseillons fortement le chef-d’œuvre de Sidney Lumet : 12 hommes en colère (Twelve Angry Men, 1957) où lors d’une condamnation à mort, onze jurés votent coupable et un seul vote non-coupable (joué par Henry Fonda). En effet, pour lui la vie d’un homme mérite que l’on s’y attarde quelques heures. Il va donc essayer de reprendre point par point le procès et les accusations retenus contre le jeune homme. Une véritable leçon d’humanité.
La téléréalité est également un bon moyen de s’échapper. Si vous préférez un film de qualité qui la questionne : The Truman Show (Peter Weir, 1998) est fait pour vous. Jim Carrey y interprète, Truman qui vit tranquillement à Seahaven, une station balnéaire. Pourtant, il a l’impression d’être observé. Juste une impression ?
Si vous aimez quand c’est un peu plus violent, nous vous proposons Green Room (Jeremy Saulnier, 2016) où un groupe de punk se retrouve enfermé dans un bar avec des skinheads qui ne donnent pas cher de leurs peaux. Ou bien, quand c’est un peu plus anxiogène avec une ambiance étouffante ? Nous vous conseillons Buried (Rodrigo Cortés, 2010) où l’on ne sort jamais d’un cercueil dans lequel un homme essaye de s’échapper. 

Pour vous aider à rester confiné.e.s, la rédaction de Phantasmagory a donc décidé de vous proposer un top de nos films préférés en huis clos. M.M


8 femmes – François Ozon (2002) – Disponible sur myCanal, UniversCiné, FilmoTV, Arte Boutique
Le huis clos à regarder avec une margarita et en écoutant du Marie Laforêt

Années 1950, une grande demeure bourgeoise. Alors que l’on se prépare à célébrer Noël, un tragique événement vient bouleverser les festivités.

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Avec 8 femmes, Ozon réalise ici son film le plus déluré, loin de ses chroniques de parisiens névrosés. Parfait accord de comédie musicale et de whodunit, 8 femmes allie également un des plus beaux casting du cinéma français (Deneuve, Hupert, Béart…) au répertoire de la chanson populaire (Hardy, Dalida, Sheila). Entre petites cachoteries, meurtre et secrets de famille, chaque actrice joue à merveille les notes de sa partition pour notre plus grand plaisir dans ce cocktail de drôlerie et d’élégance. À voir et à revoir avec délectation. M.P

Breakfast Club – John Hughes (1985) – Disponible sur FilmoTV
Le huis clos pour vous rappeler votre jeunesse

Samedi matin, dans un lycée américain. Cinq lycéen.ne.s se retrouvent en colle pour la journée. Enfermé.e.s dans la bibliothèque, ils et elles doivent écrire une dissertation autour de la question : « Qui pensez-vous être ? »

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Vous imaginez bien que cinq adolescent.e.s qui se retrouvent enfermé.e.s dans une salle de classe ne vont pas rester une journée entière à bosser tranquillement sur un devoir. En posant la question : « Qui pensez-vous être ? », le cinéaste John Hughes, spécialiste de l’adolescence (La Folle journée de Ferris Bueller) voulait montrer que les jeunes étaient bien plus que ce que montrent habituellement les comédies romantiques. Il prend cinq stéréotypes : un nerd, une fille à papa, un sportif, un rebelle et une recluse de la société, les enferment et secouent. Cela donne un film qui prend le temps de déconstruire ce que la société a, avec application, créé. Quand les barrières sont enfin tombées et qu’ils commencent à parler plus librement, Allison, Andrew, Brian, Claire et John réalisent qu’ils ne pourront jamais être ami.e.s hors de cette bibliothèque qui comme un sanctuaire les protège de l’extérieur. La pression que ces jeunes gens se mettent au quotidien, ils l’acceptent parce que c’est plus simple, même pour eux (pour s’y retrouver, pour continuer à être aimé). Et quand bien même le cheminement du film les amène à se voir différemment, les spectateur.trice.s ne sont pas entièrement dupes et savent que lundi matin quand ils se verront rien n’aura changé. Pourtant, le récit offre et met en exergue cette vision normative de la jeunesse et finalement de la société. Cela est léger, drôle et bien plus profond que l’on pense. Breakfast Club offre ainsi une belle réflexion sur comment chacun entre dans des casses et comment chacun nous nous battons pour ne pas en sortir (ou pas trop longtemps). M.M

Canine Yórgos Lánthimos (2009) – Disponible sur UniversCiné, Arte Boutique
Le huis clos qui renforce les liens familiaux

Trois enfants vivent avec leur mère et leur père dans une maison aseptisée dont ils n’ont jamais franchi la clôture.

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Coupés du monde extérieur et d’un quelconque avenir social ou professionnel, ils sont régis par les lois du malaise et de l’absurde qui sont si chères au cinéma de Lánthimos. Le père est le roi de ce royaume de l’ignorance où le mot zombie signifie « petite fleur jaune » et le droit de quitter le cocon concorde avec la perte de l’une de ses canines. Dans ce quotidien millimétré où la curiosité est un vice, tout semble mener à l’implosion. Le calme absolu des personnages avant l’effondrement est absolument déroutant. Lánthimos créé sa propre réalité et dans cette logique, à laquelle nous adhérons, nous assistons avec une étrange délectation à la suprématie d’un homme fou. Canine est une expérience, une plongée dans l’horreur de l’abus de pouvoir. Il vous fera frissonner de la tête au pied. C.L-L

Dogville – Lars Von Trier (2003) – Disponible sur myCanal
Le huis clos pour les cyniques amateurs de théâtre

Alors qu’elle est traquée par des bandits, Grace est secourue par Tom qui lui propose de se cacher dans sa petite bourgade. Rapidement, le refuge de la jeune femme va se transformer en prison.

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Avec cette fable cruelle et puissante, le réalisateur de Melancholia livre une mise en abîme par excellence du huis clos. Ici le lieu de l’enfermement c’est la scène ; un tréteau dont le cinéaste se sert pour représenter un village en vase clos. Dans ce décor minimal et sans artifices, Von Trier en profite pour réaliser le point culminant du Dogme 95. Il livre ainsi une critique cinglante des dérives de la société en mettant à nu vices et violences. Expérience de cinéma à part entière mais également ovni dans la filmographie du danois, Dogville offre aussi un de ses plus beaux rôles à Nicole Kidman dont la performance brute contribue à animer la flamme de ce film incandescent. M.P

Garde à vue – Claude Miller (1981) – Disponible sur FilmoTV, UniversCiné
Le huis clos qui réconcilie avec les interrogatoires

La nuit du 31 décembre, Jérôme Martinaud est convoqué au commissariat dans l’affaire du viol et de l’assassinat de deux petites filles. L’inspecteur en charge de l’affaire est persuadé de sa culpabilité mais n’a aucune preuve.

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Garde à vue s’amuse de l’ambiguïté constante de la morale de ses personnages. Animé par la mission de trouver un coupable à tout prix, l’interrogatoire manipule les protagonistes et le spectateur pendant près d’1h30. Un jeu du chat et de la souris rythmé par les dialogues toujours aussi savoureux de Michel Audiard. Inspecteur et accusé, chacun va mener la danse de la rhétorique à tour de rôle dans ce commissariat froid et austère. La tension monte mais rien ne déborde et les non-dits résonnent entre les quatre murs. Habitués à des rôle ses comiques, Serrault et Ventura naviguent remarquablement à contre-emploi dans une atmosphère glaçante. Ponctué de nombreux rebondissements, dont l’arrivée de la femme de Martinaud interprétée par l’énigmatique Romy Schneider, le face à face d’anthologie de Michel Serrault et Lino Ventura est une référence dans le genre et une grande leçon de cinéma. C.L-L

The Raid – Gareth Evans (2011) – Disponible sur Netflix
Le huis clos si vous aimez l’humidité, le sang et les combats chorégraphiés

Jakarta, dans une banlieue pauvre de la ville, la police tente de prendre un immeuble jugé imprenable pour arrêter un trafiquant de drogue. Mais bientôt les voilà piégés. Ils n’ont d’autres choix que de se battre pour survivre.

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La séquence prégénérique pose le personnage principal : un jeune homme forcené qui n’hésite pas à faire plusieurs heures d’entraînement avant d’aller travailler, mais également religieux (nous le voyons prier), marié et futur papa (il dit au revoir à sa femme avant de partir). Cette brève introduction dure moins de trois minutes et pourtant nous avons déjà l’impression de connaître l’homme que nous allons suivre pendant une heure et demie. L’arrivée à l’immeuble, en extérieur donc (l’un des rares moments) fait annonce d’apocalypse : le ciel gris déverse des trombes d’eau sur le camion blindé, seul véhicule dans la rue. Rapidement nous voilà dans le camion où le chef expose le plan (très simple). Tel un jeu vidéo, les policiers devront prendre les étages un par un, jusqu’à l’étage final : celui du big boss. Et dans un insert, pendant le discours du chef, nous voyons le trafiquant abattre quatre hommes, de sang. La situation est posée, le jeu peut commencer. C’est l’escalade de violence. Une fois le trafiquant prévenu, un jeu de chat et la souris est lancé. Le danger pour la police ne vient plus seulement du haut, mais également de l’extérieur et des étages inférieurs. Elle n’est plus celle qui attaque, mais celle qui doit se défendre. Dans une chorégraphie ultra violente, le cinéaste anglais Gareth Evans offre une claque visuelle. L’acteur et chorégraphe indonésien Iko Uwais a coordonné les impressionnantes cascades qui se déploient tout au long du long-métrage. Si vous aimez les films de bastons avec suspense et du sang, vous voilà servi.e.s. M.M

Clémence Letort-Lipszyc, Marine Moutot et Marine Pallec

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Publié par Phantasmagory

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