[TOP] 2019/2020 : Nos séries préférées

Comme chaque année, fin mars 2020 devait se tenir à Lille Séries Mania, festival international – et gratuit – né en 2010 au Forum des Images à Paris, rendez-vous incontournable des amateurs et des professionnels des séries : preuve en est ce mois-ci la sortie du numéro spécial séries de La Septième Obsession ou encore Baby Yoda (The Mandalorian) en couverture de Première. Tant et si bien que nous avons décidé de considérer ce festival comme marqueur d’une nouvelle saison : pour nous, en ce qui concerne les séries, l’année ne commence plus ni en janvier, ni en septembre mais avec Séries Mania. C’est pourquoi nous vous proposons une sélection de nos séries préférées sorties entre les éditions 2019 et 2020, c’est-à-dire entre avril 2019 et mars 2020.

Comme chaque année, entre suites de premières saisons couronnées de succès (Baron Noir, Black Mirror, Dark, The End of the F***ing World, Game of Thrones, The Handmaid’s Tales, Killing Eve, Little Big Lies, Mindhunter, The New Pope, Sex Education, Stranger Things, Westworld, …), remakes (The Dark Crystal, Mouche, adaptée de l’excellente série anglaise Fleabag), franchises (The Mandalorian) et adaptations de best-sellers à la fanbase assurée (His Dark Materials, Locke and Key, Watchmen, The Witcher), la liste des attentes était longue. Sans compter les séries encensées dès leur sortie, qu’il ne faut manquer sous aucun prétexte (Chernobyl, Dans leur regard, Euphoria, Unbelievable, Years and Years, …). Une abondance qui laisse peu de place aux séries plus confidentielles et aux pépites qu’elles pourraient receler.

De plus, le nombre de producteurs et de diffuseurs ne fait qu’augmenter depuis quelques années. Alors que Netflix et OCS (qui offre des séries produites par HBO et Hulu) restent les principales plateformes de streaming en France, différents producteurs ont ou vont lancer leurs propres plateformes. Ainsi Amazon Studio crée Prime Video en décembre 2016. Fin novembre 2019, Apple TV+ arrive sur le marché mondial (dont la France). Cette nouvelle plateforme essaye de se faire une place en proposant des contenus à la fois pour les enfants (Snoopy dans l’espace, sous forme d’une dizaine d’épisodes de 10 min), les adultes et les adolescents (Dickinson qui souhaite dynamiser le genre du biopic en adaptant la vie de la poétesse américaine Emily Dickinson ou The Morning Show où Jennifer Aniston et Reese Witherspoon incarnent chacune un pan du journalisme). Disney+, la plateforme tant attendue en France, qui devait arriver le 24 mars et dont le lancement a été décalé au 7 avril, promet d’être un concurrent sérieux en récupérant tout son catalogue, mais également grâce aux nombreuses maisons qu’il a racheté aux fils des années : Marvel, Star Wars …  En mai 2020, HBO, qui produit des séries de qualités depuis 1972 (Rome, Game of Thrones, Sex and the city, Westworld …), va ouvrir sa propre plateforme de SVOD : HBO max. En France, les producteurs les plus importants sont Canal + (L’effondrement, Baron Noir, Le bureau des Légendes, Les Sauvages…) et Arte (Mytho, Amour Fou, Une Île…).

Devant l’immensité sérielle à laquelle le spectateur doit faire face chaque jour, nous avons pensé revenir sur les séries qui nous ont marquées : parmi cette production toujours plus abondante, certaines nous ont divisées, certaines n’étaient pas à la hauteur de nos attentes et d’autres encore nous ont ravies, emportées dans un autre univers le temps d’une saison.

 

I / On en attendait tellement plus

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Dracula – Steven Moffat et Mark Gatiss (BBC/Netflix) – Mini-série
Disponible sur Netflix.

Hongrie, 1897. Un homme témoigne face à deux religieuses. Il dit s’être fait enlever par un certain comte Dracula. Retour sur expérience. 

Stephen Moffat et Mark Gatiss, co-créateurs et co-producteurs de la série à succès Sherlock, ont décidé de se lancer un nouveau défi. Qu’adapte-t-on après la célèbre œuvre d’Arthur Conan Doyle ? Eh bien, pourquoi ne pas s’attaquer à Bram Stoker ? Cette mini-série a pour défaut principal d’être assez laide. Dès les premières minutes, le kitsch de la mise en scène met mal à l’aise et fait penser à une parodie. Caméra trop proche des personnages, vision déformée, effets spéciaux et cuts datés rendent le contenu douteux. Au fur et à mesure du développement, le kitsch s’estompe pourtant mais cela n’est dû qu’au changement d’époque dans le récit. Car, oui, l’inventivité de Dracula repose dans le fait d’ancrer les épisodes dans différentes époques et huis clos – exception faite du troisième épisode – et de donner de l’importance au personnage de religieuse joué par Dolly Wells. En effet, le seul élément sauvant le premier épisode, extrêmement classique et proche du roman originel et de l’adaptation de 1931 – Claes Bang ressemble énormément à Bela Lugosi -, c’est l’entretien entre Jonathan Harker et la religieuse, qui réussit à éveiller notre curiosité. À côté de ce protagoniste féminin fort, les autres semblent bien pâles et inconsistants – que ce soit Dracula, Jonathan Harker, sa dulcinée ou les autres personnages secondaires. Par ailleurs, le jeu reste très inégal et nous questionne quant à la direction des acteurs. Le troisième épisode clôt ce long visionnement – dans le ressenti et non la durée réelle – par l’apogée de l’absurde et du manque de crédibilité. On en attendait beaucoup plus du duo Moffat/Gatiss. Alors quand des articles annoncent une potentielle saison 2, on dit non.

 

Mytho – Fabrice Gobert et Anne Berest (Arte) – Saison 1
Disponible sur Netflix.

Elvira est débordée de tous les côtés. Que ce soit en famille ou au travail, il faut penser à tout, pour tout le monde : le quotidien la submerge. Sur un léger malentendu, elle s’invente une tumeur du sein et le mensonge grossit, grossit…

Mytho avait tout pour plaire. Outre le fait que la série a reçu le Prix du public à Séries Mania en 2019, les premiers épisodes parlent avec intelligence de la charge mentale qui repose, toujours aujourd’hui, en grande partie sur les femmes. Le personnage d’Elvira montre, en effet, avec justesse les difficultés à devoir gérer au quotidien les sentiments de chacun, les tâches ménagères et un boulot ennuyeux qui fait vivre la famille (tandis que son mari se consacre à sa passion). Pourtant, autour d’elle, tout s’effrite : son mari ne la regarde pas, ses enfants l’ignorent. Elle n’est plus qu’une vache à lait qu’on viendrait voir quand on a faim. Et c’est là où la série devient intéressante : Elvira crée un mensonge, presque par mégarde. Il ne lui était jamais venu à l’idée de mentir, mais dès qu’elle voit les effets libérateurs du mensonge, elle s’enfonce allégrement dans la mythomanie. La série, créée par Fabrice Gobert (Les Revenants, Simon Werner a disparu) et Anne Berest (Paris etc.) aborde également d’autres sujets plus ou moins bien traités pour tenter de construire les protagonistes qui gravitent autour d’Elvira : la transsexualité, les sectes, l’adultère, la mort accidentelle d’un ami, les enfants cachés, les réseaux sociaux… Malheureusement, tout cela brouille et essouffle le récit. Très vite, la série perd de vue son sujet et se noie dans sa multitude d’intrigues secondaires. Peut-être que le désir de se calquer sur le modèle américain lui a joué des tours ? En effet, Mytho est tournée en région parisienne dans une banlieue pavillonnaire où les maisons se ressemblent toutes. Nous avons l’impression d’être dans un Desperate Housewives à la française. De plus, si Marina Hands est parfaite en Elvira, femme un peu creuse sans réel intérêt en dehors de son mensonge mais dont on comprend la charge mentale, les autres acteurs et actrices ont plus de mal à être convaincant.e.s (à part peut-être Jérémy Gillet qui joue Sam). On peine à s’attacher aux personnages et à l’histoire.

 

The Witcher – Lauren Schmidt Hissrich (Netflix) – Saison 1
Disponible sur Netflix.

Geralt de Riv, sorceleur, parcours les royaumes et vend ses services de chasseur de monstres. Bien qu’il affirme ne jamais se mêler des affaires humaines, il finit en réalité toujours par s’impliquer. Yennefer de Vengerberg, jeune fille bossue et mal aimée, est achetée par la rectrice Tissaia de Vries, afin d’apprendre à devenir mage. Rêvant de puissance et de reconnaissance, elle n’hésite pas à défier l’autorité. Lorsque son royaume est attaqué par une contrée voisine, la princesse Cirilla, activement recherchée, s’enfuit trouver Geralt de Riv. Ces trois personnages sont liés par le destin. 

La série The Witcher, produite par Netflix, est quelque peu déplaisante. Visuellement, c’est moche. La faute à la réalisation, quelconque voire maladroite, et à une surabondance de filtres. La direction d’acteur pose parfois question : poses et mimiques stéréotypées sont au rendez-vous et, pour couronner le tout, Henry Cavill adopte une voix rauque et forcée.
Malgré tout, Anya Chalotra dans le rôle de Yennefer de Vengerberg, Freya Allan dans le rôle de la princesse Cirilla et MyAnna Buring dans le rôle de la rectrice Tissaia de Vries, si elles sont moins connues que Henry Cavill, sont toutes impeccablement castées. Davantage que le personnage principal, les personnages féminins, variés, sont l’atout de la saga, en particulier Yennefer, dont l’arc narratif explore l’évolution et les contradictions. S’il n’est pas très complexe, le barde Jaskier, est également un des personnages les plus attachants, efficace dans son rôle de comic relief. Malgré un premier épisode précipité et quelques moments de sur-place, la construction en trois différentes timelines attise l’intérêt et entretient le suspense. En outre, la série dresse, bien que parfois maladroitement, des parallèles intéressants entre les personnages et les monstres qu’ils combattent. Tout n’est donc pas perdu pour elle : en s’appuyant sur ces éléments positifs et en délaissant le côté cheap de la saison 1, la saison 2 pourrait bien nous surprendre.

 

Years and years – Russell T. Davis (BBC/HBO) – Mini-série
Disponible sur myCanal.

Manchester, 2019. La Grande-Bretagne quitte l’Europe et une femme politique aux idées controversées, Vivienne Rook, gagne en puissance. Une famille ordinaire, les Lyons, voit son quotidien bouleversé à mesure que le monde change autour d’eux. 

Years and Years est la nouvelle création prometteuse de l’anglais Russell T. Davis, reconnu pour son talent de showrunner de Doctor Who (époque renaissance après seize ans d’absence du petit écran, meilleurs taux d’audience du revival à ce jour) ainsi que de son spin-off, Torchwood. Les premiers épisodes ne déçoivent pas, bien au contraire : pendant politique et sociétal de Black Mirror, la série propose une lecture – douloureusement – pertinente de notre présent en suivant la vie d’une famille britannique sur plusieurs années. La force de Years and years est de s’appuyer sur des événements et des personnalités bien connus du spectateur : Donald Trump est réellement président des Etats-Unis, les tensions entre les Etats-Unis et la Chine montent et le Brexit est bel et bien ratifié. De plus, des acteurs et actrices britanniques déjà adorés y confirment leur talent : Russell Tovey (Being Human), Rory Kinnear (Penny Dreadful) et Emma Thompson, qu’on ne présente plus.

Malgré quelques moments de grâce et un début intense, la série finit cependant par perdre son rythme et semble presque changer de propos à mi-parcours. Plus classique et plus calme, la deuxième moitié de Years and years n’est pas à la hauteur des attentes créées par les premiers épisodes. Les accélérations et accalmies, soudaines et répétées, finissent par lasser le spectateur qui observe avec détachement les nouveaux déboires qui frappent la famille Lyons. Peut-être que le souci est là ? Tout concentrer sur une famille permet de créer un lien avec le spectateur mais dessert aussi le propos en le rendant caricatural. Pourquoi les Lyons seraient-ils victimes de tous les maux du monde ? Les créateurs semblent trop vouloir en dire. Notamment, le discours sur les nouvelles technologie est bien moins pertinent que dans Black Mirror. Il n’empêche que les sujets évoqués font sens dans notre société actuelle : crise des migrants, régimes politiques autoritaires, faillites bancaires, catastrophe nucléaire, transhumanisme…

 

II / Oui mais non

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Euphoria – Sam Levinson (HBO) – Saison 1
Disponible sur Prime Video.

C’est la fin de l’été et Rue sort de cure de désintox après avoir fait une overdose et elle n’est absolument pas prête d’arrêter. De retour au lycée et aux soirées alcoolisées, elle dresse le portrait de ses camarades, eux aussi, fragiles, brisés, incertains.

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C’est brutal, c’est trash, ça se veut loin de toutes les séries adolescentes édulcorées qui fleurissent sur les différentes plateformes ces dernières années. Euphoria est l’anti-Sex Éducation qui montre sans complaisance des lycéens se droguer et baiser à tout va. Car c’est cela l’essence même de la série : exhiber sans concession les heures les plus sombres de la jeunesse américaine (un peu sur le modèle du Skins britannique). Avec une certaine intelligence, la série créée par Sam Levinson nous place dans la tête de Rue, jeune toxicomane qui n’a aucune envie de s’en sortir même si elle réalise que ses actions blessent sa famille et en particulier sa petite soeur. Elle dépeint ses camarades de classe crûment et chaque épisode retrace la genèse des maux et du mal-être de chacun (scènes les plus passionnantes). Pêle-mêle, outre la drogue et le sexe, la série aborde la grossophobie, le chantage, la transidentité, la violence domestique, sexuelle et les réseaux sociaux. Euphoria n’est pas tant une ode à la liberté (sexuelle, notamment) qu’une dépiction fine de la dépression (à un stade très avancé). Les paroles de Rue, fil de la narration, résonnent avec justesse, alors accrochez-vous. La série fait aussi preuve d’une inventivité visuelle à grand renfort de paillettes, stroboscopes et projections lumineuses, et c’est plutôt séduisant. Le premier trip que Rue décrit semble visuellement faire référence à L’Enfer de Clouzot : ce jeu de lumière, de maquillage vient réhausser le visage de l’actrice Zendaya évoquant le visage de Romy Schneider.

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Malgré le traitement plutôt réaliste du mal-être et les belles scènes festives, Euphoria ne présente que des personnages très peu positifs. Les hommes sont possessifs et violents, les femmes hétéro sont des objets. Par ailleurs, les personnages s’enfoncent de plus en plus dans la déchéance. Il devient alors rapidement difficile de voir une lueur d’espoir pour eux. Le quotidien égocentré et redondant des personnages lasse un peu. Nous comprenons très rapidement les différents personnages et leurs intentions. Cela manque de subtilité. Le regard acéré de Rue est par ailleurs très condescendant, ce qui fait que nous avons du mal à nous sentir réellement concernées par les personnages et leurs sorts. Peut-être que, malgré son côté trash, la série est encore un peu trop adolescente et manque de maturité ?

 

Fosse/Verdon – Matthew Carnahan (FX) – Mini série
Disponible sur myCanal.

Alors que le chorégraphe Bob Fosse a l’impression de vivre dans l’ombre de la talentueuse danseuse Gwen Verdon, la série montre comment ils se sont influencés tout au long de leur carrière. 

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Aujourd’hui, qui connaît Gwen Verdon (interprétée par Michelle Williams, parfaite) ? Talentueuse danseuse et actrice à Broadway, elle a illuminé la scène pendant de nombreuses années. Une véritable artiste qui a également aidé et influencé Bob Fosse. Epoux, amants, dépendants, leur relation n’a pas été de tout repos. La série s’efforce de mettre sur un pied d’égalité les deux créateurs. Avec une mise en scène qui s’inspire des différents films de Fosse, chaque épisode est hybride. L’exemple le plus marquant est l’épisode 6, quand le récit aborde la réalisation de Lenny. Ce film en noir et blanc retrace la vie du comique Lenny Bruce. Tout au long de l’épisode, nous voyons des séquences en noir et blanc où Bob (joué par Sam Rockwell, excellent) raconte son enfance, un micro à la main dans un bar, en fumant et buvant. Bob remplace Lenny et la série copie le style du long-métrage. Outre une mise en scène qui s’invente en copiant, l’originalité vient également de la narration. Alors que nous avançons au fur et à mesure de la vie de Gwen et Bob, des flashbacks et flashforwards viennent brouiller leur relation et notre perception. La série montre la fulgurance d’un amour et d’une passion qui a marqué profondément deux êtres qui ne pouvaient pas vivre ensemble, mais plus que tout ne pouvait survivre l’un sans l’autre.

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Si la série s’efforce de réhabiliter Gwen Verdon, elle reste malgré tout trop souvent du côté de Bob Fosse. Les nombreuses femmes qui couchent avec Bob se superposent et s’accumulent pour montrer que le chorégraphe et cinéaste avait un problème, non seulement avec l’alcool et la drogue, mais également avec l’amour. Le principal défaut est que je n’arrive pas à déterminer si la série valide ou non les nombreux débordements du personnage et surtout si elle cautionne que les femmes soient toujours reléguées au rôle de muse. Alors que Gwen Verdon était la plus connue et la plus talentueuse quand elle rencontre Bob Fosse, elle va l’aider à devenir le chorégraphe que nous connaissons aujourd’hui. Pourtant, tout au long de leur vie, Gwen n’hésite pas à rester dans l’ombre pour aider à la mise en scène et aux chorégraphies, elle ne pourra pas réaliser pleinement ses désirs. Après avoir bataillé 10 ans pour avoir les droits de Chicago, Gwen arrange tout pour que le projet se mette vite en place (car elle est sur la fin de sa carrière artistique). Là encore Bob accepte, mais la remplacera rapidement par une autre comédienne (alors qu’elle subit une opération des cordes vocales). De plus, Gwen justifie dans un dialogue la supériorité de Bob. En effet, dans l’épisode 5, Gwen discute avec Anna (la nouvelle compagne de Bob, jouée par Margaret Qualley) en lui disant qu’il faut accepter les déviances de Bob et s’occuper de lui. D’en faire son nouveau boulot (Anna est également une danseuse talentueuse), car il lui offrira des rôles magnifiques. La série pardonne-t-elle ainsi au génie la misogynie ? Si par moment, elle répond par la négative, il reste de trop nombreux moments où elle répond positif.

 

The Mandalorian – Jon Favreau (Disney+) – Saison 1
Disponible sur myCanal

Alors que l’Empire (Star Wars VI – Le Retour du Jedi) vient de tomber, la galaxie tente de retrouver ses marques dans la Nouvelle République qui ne tient pas ses promesses. Nous suivons un mandalorien devenu chasseur de prime pour survivre. Mando accepte un contrat “non-officiel” pour capturer une créature, dont il ne connaît que l’âge : une cinquantaine d’année. Mais son chemin va en réalité croiser un petit être tout à fait particulier … 

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Alors que la saison 2 devait faire l’ouverture de Série Mania, cette année, il peut être intéressant de revenir sur cette série dont le phénomène a dépassé les attentes du studio (qui s’attendait honnêtement à ce qu’un bébé ressemblant à Yoda déferle sur le net et devienne une égérie d’adultes en manque d’affection ?). Tout d’abord, rappelons que la série n’est pas que le petit bébé vert (adorable par ailleurs, j’ai moi-même craqué devant, je l’admets). Réalisée et créée par Jon Favreau (qui joue Happy dans les films de l’univers Marvel et est également le réalisateur d’Iron Man 1 et 2), la série permet de voyager à travers de nombreuses planètes qui n’avaient pas été visitées dans les précédents films de la saga Star Wars. Le récit délaisse la force, les jedi et les siths, pour se concentrer sur une espèce que nous n’avions jamais vue encore : les mandaloriens, et plus particulièrement un : Mando aka Din Djarin. Le passé du héros (la mort de ses parents et son sauvetage) vient régulièrement ponctuer les épisodes sous forme de flashbacks (qui ne se veulent pas trop insistants, dévoilant par bribes des images rapides pour la compréhension du personnage). Mais Mando est surtout intéressant dans sa relation à l’éthique mandalorienne (qui consiste à ne jamais montrer son visage et protéger les mandaloriens) et à l’enfant (la saison 2 promet d’en savoir enfin plus autour des origines du bébé et de Yoda par la même occasion). Cet instinct paternel représente l’originalité principale de cette série qui se repose sur les bases assez classiques du genre de la science-fiction et d’aventure. Dans de courts épisodes, la mise en place d’une nouvelle intrigue et de nouveaux protagonistes, de nouveaux décors viennent compléter sans cesse la trame principale : sauver l’enfant des mains de l’Empire. Le talent de l’acteur Pedro Pascal est de réussir à faire passer les émotions de Mando sans son visage, seulement par la gestuelle de son corps. Les autres personnages qui croisent sa route permettent également de révéler un peu plus de ses sentiments. La narration, bien que classique, est réussie tout comme la mise en scène, sobre, qui sert le récit à la perfection et sans effet de style qui aurait pu vite devenir redondant avec les effets spéciaux. Par ailleurs, la géniale musique de Ludwig Göransson vient réhausser le tout et donner des airs de western à la série.

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 Oui, Baby Yoda est mignon. Baby Yoda est l’intérêt principal de The Mandalorian car il apporte du conflit à une histoire qui en manque cruellement. Quand le bambin n’est pas à l’écran, la série nous propose une suite d’actions sans enjeux. Batailles dans l’espace, hommes des sables, chasseurs de primes, visuellement, nous retrouvons bien l’univers de Star Wars mais il y manque l’aspect initiatique qui faisait l’intérêt des deux premières trilogies. Le scénario tente bien de développer le personnage du Mandalorien à travers sa relation avec la petite créature ainsi que quelques flashbacks mais sans grande clarté. Ces derniers n’apparaissent que ponctuellement dans les premiers et le dernier épisodes, oubliés le reste du temps au profit du format un épisode = une intrigue. On se demande parfois où la série veut en venir avant qu’elle raccroche enfin le wagon. Les motivations du Mandalorien en perdent en lisibilité et ses aventures en intérêt.

 

III / Notre sélection

Big Little Lies – Liane Moriarty, David E. Kelley (HBO) Saison 2
Disponible sur OCS

Alors que Bonnie a tué Perry (le mari de Céleste et le violeur de Jane), un pacte est prononcé entre Madeline, Céleste, Jane, Renata et Bonnie : faire croire à un accident. Elles reprennent toutes leur vie tant bien que mal, mais l’arrivée en ville de la mère de Perry, Mary Louise, ne va pas être de tout repos. 

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La saison 2 de Little Big Lies est hantée par l’acte fatal qui clôt la première saison. Nous revivons du point de vue des cinq protagonistes la chute meurtrière de Perry au début des épisodes. Cette entrée en matière nous montre deux choses : l’inconscient de ces femmes marquées par un terrible secret et que la perception de chacune n’est pas immuable. À chaque fois, les spectateur.trice.s décèlent des différences dans l’événement, dans le souvenir. C’est subtil, c’est peut-être peu, mais c’est bien présent. La cinéaste anglaise, Andrea Arnold, qui se trouve à la réalisation de cette nouvelle saison (et succède ainsi au réalisateur canadien Jean-Marc Vallée), désire questionner le ressenti de ses héroïnes. Chacune est marquée par cette nuit terrible où un pacte a été fait : c’est un accident, il est tombé seul (aucune n’est coupable ou toutes le sont). La puissance de cette série et de cette nouvelle saison est qu’elle cherche toujours à aller au-delà des sujets qu’elle traite. Big Little Lies s’applique et réussit à aborder ainsi avec force et subtilité de la sororité (et cela fait du bien), des relations des mères face à leurs enfants et de la difficulté d’être mère, mais également la reconstruction après un viol pour apprendre à vivre et posséder une intimité. La série nous offre ainsi six portraits de femmes, toutes très différentes et de leur problème  au quotidien. La mise en scène nous permet d’être au plus près d’elles en exposant leurs souvenirs ou leurs désirs par des réminiscences (des flashbacks rapides ou des aperçus d’une situation qui aurait pu se dérouler autrement). Ce sont des images fugaces sous forme de gros plans, d’instants isolés. Nous sommes dans la tête des personnages. Nous vivons et comprenons leurs angoisses sans jamais les juger. Les actrices sont, de plus, une nouvelle fois excellentes et Meryl Streep (qui rejoint le casting) est troublante.

Chernobyl (mini-série) – Craig Mazin, Carolyn Strauss et Jane Featherstone (Sky UK/HBO) – Mini-série
Disponible sur OCS.

Le 26 avril 1986, le réacteur n°4 de la centrale de Tchernobyl en Ukraine explose. Cette catastrophe entraîne une cascade de mauvaises décisions et de tentatives de dissimulation qui auront de terribles conséquences humaines et environnementales.

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L’intensité de Chernobyl, au-delà de son sujet, réside dans son parti pris narratif et esthétique assumé. De par sa brièveté (5 épisodes), il était impossible de traiter toutes les actions mises en œuvre face à la catastrophe. Cependant, ce raccourci n’empiète à aucun moment sur la transmission des informations clés liées à l’explosion, et ne prive pas le spectateur d’une émotion inhérente à l’événement, toujours dépeint avec mesure.
Les deux arcs narratifs sont complémentaires et brillamment instaurés : l’enquête gouvernementale déploie l’ensemble des stratégies opérées par l’État soviétique et l’histoire de la femme d’un pompier exposé aux radiations apporte une dimension humaine au drame. Ces deux regards s’entremêlent et permettent d’aborder la gestion catastrophique d’une crise sanitaire par des politiques complètement dépassés, dont le seul objectif était de ne pas perdre la face aux yeux du monde. Grâce à la connaissance avancée que nous avons aujourd’hui de l’explosion du réacteur, Craig Mazin dévoile une dénonciation sans filtre de la promesse d’un État soviétique exemplaire qui a osé sacrifier son peuple, ses travailleurs, pour le bien de son idéologie. La critique est cinglante et nous glace le sang. L’interprétation par des acteurs en majorité anglais a suscité pas mal de critiques, mais on ne peut que reconnaître le talent de ces artistes qui ont endossés le rôle de figures clés de cette histoire : Jared Harris (Valery Legassov, directeur adjoint de l’institut d’énergie atomique de Kourchatov), Stellan Skarsgård (Boris Chtcherbina, vice-président du Conseil des ministres et chef du Bureau des combustibles et de l’énergie), Emily Watson (dont le rôle fictif représente l’ensemble des scientifiques).
La série repose visuellement sur un univers froid et brumeux. Rien n’est fait pour nous rassurer. À la bande son, Hildur Guðnadóttir qui avait déjà travaillé avec le talentueux Johann Johansson sur Sicario, Premier Contact et Prisoners, propose une partition où l’invisible menace radioactive résonne à chaque mesure.
Chernobyl est une œuvre ouvrant à la réflexion. Elle questionne la gestion de crise et la véracité des propos véhiculés par les sphères qui nous gouvernent. Pour être au plus proche de la vérité, l’écriture des épisodes a conjugué le testament de Valery Legassov et le recueil de témoignages de la journaliste biélorusse Svetlana Aleksievitch, La Supplication (1999). Des lectures que l’on vous conseille vivement, car plus qu’un simple divertissement, Chernobyl est un avertissement.

Gentleman Jack – Sally Wainwright (BBC/HBO) Saison 1
Disponible sur OCS

Après plusieurs mois d’absence, Ann Lister revient gérer son domaine et se lance dans l’exploitation d’une mine. Son intérêt piqué par une jeune et jolie voisine, elle décide de rester quelques temps et d’en faire sa conquête. Femme d’affaire affirmée et pleine d’esprit, refusant d’épouser un homme, dans l’Angleterre du XVIIIème siècle, elle ne plaît pas à tout le monde.  

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Au premier abord, le personnage d’Ann Lister, aux allures et aux attitudes masculines, semble quelque peu stéréotypé et parfois même antipathique, affirmant de manière péremptoire ses idées réactionnaires dans un monde en plein changement. Il en est tout autrement : la saison 1 dévoile avec finesse un personnage complexe, ses nuances et ses contradictions. Des contradictions notamment mises en avant grâce à un décalage entre ses confessions assurées face caméra et ses actions face aux autres personnages. Des contradictions liées à son statut de femme (d’affaire) et d’homosexuelle dans une société qui les refuse et les enferme. Absolument charismatique dans la peau d’Ann Lister, l’actrice Suranne Jones révèle à travers les expressions de son visage les émotions encore cachées de son personnage. Les multiples personnages féminins qui l’entourent, dont la série prend le temps d’exposer les choix et les désirs, nuancent et renforcent le propos. Flirtant davantage avec l’humour et l’univers de Jane Austen qu’avec Les Liaisons dangereuses ou Downton Abbey, Gentleman Jack est un ravissement qui alterne romance, intrigues de province et drame, le tout porté par les compositions entraînantes de Murray Gold, inspirées du titre de O’Hooley & Tidow.

Les SauvagesSabri Louatah et Rebecca Zlotowski (Canal +) – Saison 1
Disponible sur myCanal

Idder Chaouch. Futur président de la Vè République française ? Si ce rêve un peu utopiste pouvait devenir vrai, quelles seraient les réactions en France ? 

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La série adaptée du thriller politique Les Sauvages de Sabri Louatah raconte comment l’élection d’un président d’origine algérienne divise la France. Si le premier épisode commence comme une autre série produite par Canal + (Baron Noir), elle s’éloigne rapidement de la sphère politique : les spectateur.trice.s comprennent rapidement qu’il s’agit d’une dystopie. Les thématiques sont autres : le racisme, la montée de l’extrémisme, le nationalisme, ainsi que le symbole que représenterait un président issu de l’immigration. Intense et bien mené, le récit nous montre le pouvoir à travers une multitude de points de vue. Nous suivons ainsi Jasmine (fille du président et directrice de sa campagne) qui désire plus que tout que son père devienne président et semble celle qui souhaite le plus le pouvoir ; Daria (sa femme) qui rêve de tranquillité et ne croit pas à la possibilité pour son mari d’être élu. De l’autre côté du miroir, Fouad (petit ami de Jasmine) a réussi à devenir un acteur célèbre et à faire oublier ses origines ; Nazir (son frère) ne désire pas d’un président édulcoré qui ferait oublier que les musulmans sont différents et mal reçus en France ; Marion (la garde du corps du président) ajoute un peu de nervosité à la série. Et puis il y a Idder Chaouch. Idder Chaouch semble presque irréel car il incarne une idéologie de la paix et de la compréhension. À la suite d’une tentative d’assassinat, Chaouch cherche à comprendre le geste du garçon qui lui a tiré dessus et non pas à l’instrumentaliser (comme sa fille le voudrait) ou à chercher le responsable (comme Marion et Fouad s’échinent à le faire). La mise en scène de Rebecca Zlotowski (Belle Épine, Grand Central) insiste sur cette idée de symbole et de division : quand Nazir met le feu à la prison, il brûle des ouvrages sur l’Histoire de France et, plus tard, il parlera d’une autre histoire de la France (celle que l’on ne raconte pas dans les manuels) pour faire comprendre à son frère qu’Idder Chaoud en tant que président va endormir la population musulmane et leurs faire croire qu’ils sont les bienvenus en France. L’utilisation du morceau de Rameau, Les Sauvages, tiré de l’opéra Les Indes Galantes qui vient ponctuer régulièrement l’action est également le morceau choisi par le tireur pour son audition. Toujours, la série recherche à montrer les deux faces d’une même pièce et offre une vision non binaire de la vie. De plus, les acteurs et actrices (Roschdy Zem, Marina Foïs, Dali Benssalah, Sofiane Zermani, Amira Casar…) forment un casting parfait pour cette série haletante et intelligente.

Locke and Key – Carlton Cuse et Joe Hill (Netflix) – Saison 1
Disponible sur Netflix

Suite au meurtre de leur père, les enfants Locke déménagent avec leur mère dans le domaine familial de Keyhouse. Alors que les aînés Tyler et Kinsey tentent de s’intégrer dans leur nouvel établissement, le plus jeune, Bode, explore les lieux et découvre d’étranges clefs. Comment les utiliser ? Et quels secrets renferment-elles ? 

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Si on s’attendait à une esthétique plus sombre, Locke and Key offre un divertissement honnête, dont l’intrigue, au prémisse original, nous tient en haleine. Adaptation des comics éponyme de Joe Hill et Gabriel Rodriguez, il s’agit d’un pendant teen de The Haunting of Hill House : drame familial, événements fantastiques, meurtres, déménagement, enquêtes, on y retrouve la même trame.

Les personnages adolescents, attachants et bien écrits, éveillent rapidement notre curiosité. Le traitement du thème l’enfance est tout particulièrement intéressant. Bode, le benjamin, est jeune mais plein de maturité et de sensibilité. Alors qu’il est le seul à être suffisamment éveillé pour voir et accepter la magie – les adultes ne gardent d’ailleurs aucun souvenir des manifestations merveilleuses dont ils sont témoins -, sa parole est constamment mise en doute. Cette absence de crédit accordé au témoignage enfantin n’est pas sans rappeler Peter Pan où seuls les enfants ont encore une croyance suffisamment forte et pure pour rejoindre le Pays imaginaire. Malheureusement, l’action se recentre rapidement sur ses aînés et est alourdie par des flashbacks nécessaires mais trop fréquents. Les derniers épisodes tirent en longueur et abusent de révélations forcées pour introduire une saison 2. Malgré cela, Locke and Key ne pourra que vous donner envie de lire l’oeuvre-mère, si ce n’est déjà fait.

The BoysEric Kripke (Prime Video) – Saison 1
Disponible sur Prime Video

Tout roule dans la vie de Hughie. Ok, il n’est pas très sûr de lui et son quotidien n’a rien d’extraordinaire mais il sort avec une fille géniale qui l’aime et qu’il aime. Tout est parfait… En fait non ! La vie de Hughie va changer en l’espace de trois millisecondes car il vit dans un monde où les super-héros sont des rois, que dis-je des Dieux. Ils sont “les Sept”, l’élite des justiciers au service de l’entreprise privée Vough International. Et ils n’ont vraiment rien à voir avec Superman, Captain America et Spiderman.

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Bienvenue dans le monde des anti-héros. Exit les Superman, Batman, Captain Marvel et autres Avengers en tout genre. The Boys propose une vision acide des héros et des super-héros. En plus d’être une critique acerbe de la société de consommation où argent et domination signifient pouvoir, la série lève le voile – dans son monde, pas dans la réalité – sur l’aveuglement humain face au divin. Dans cette société, chacun est prêt à tout pour accéder à la reconnaissance, à la puissance, à la médiatisation et les Dieux ne sont rien d’autre que ces super-héros. Mais lorsque ces modèles appartiennent à une multinationale, peut-on encore les considérer comme tels ? Pervers, menteurs, alcooliques, toxicomanes, ils sont beaux les Supers ! Ultra violent et ironique, le propos fait plaisir car, malgré son cynisme, on est loin du traditionnel tableau héroïque. La bande son très rock (The Clash, The Runaways) participe aussi de cette énergie de révolte. Bien que classique dans sa mise en scène, cette série devrait faire plaisir à tous, amateurs de surhommes comme blasphémateurs de justiciers masqués.

UnbelievableSusannah Grant (Netflix) – Mini-série
Disponible sur Netflix

2008, Marie Adler est violée dans son appartement à Lynnwood. Une enquête débute pour trouver le violeur mais, très vite, la police, par manque de preuves et du fait de l’origine sociale de la jeune fille, fait pression sur Marie pour qu’elle revienne sur sa déclaration.
2011, l’inspectrice Karen Duvall arrive sur les lieux d’un viol à Golden. Très rapidement, elle découvre qu’une autre enquêtrice, Grace Rasmussen, est sur les traces d’un violeur aux méthodes similaires. Elles vont alors faire front commun pour démasquer le criminel.

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Adapté de l’article An Unbelievable Story of rape de Ken Armstrong et T. Christian Miller, cette série Netflix aborde la question du viol de deux points de vue : celui des victimes et celui des enquêteurs et enquêtrices chargé.e.s de ces affaires. La puissance de la mise en scène est de toujours rester avec les victimes pendant les scènes de viol et de ne jamais les objectifier. Le traitement s’éloigne ainsi du genre du rape and revenge, la psychologie des personnages reste au plus proche de la réalité. En mettant en parallèle deux époques : 2008 et 2011, le récit prend le temps de décortiquer le discours policier. Marie, qui est spoliée par la police et traînée en justice, est doublement une victime. Du fait de ses origines sociales et de son passé, de ses réactions qui ne seraient pas “normales”, la jeune fille est traitée comme une menteuse. Les enquêteurs, uniquement des hommes, ne chercheront alors plus le violeur, mais à dénigrer violemment la victime. En 2011, les deux enquêtrices sont dans un autre rapport aux victimes : le respect. Et c’est là tout l’intérêt de cette série policière (bien réalisée et parfaitement interprétée) : montrer que la parole des femmes et des victimes possède une valeur et mérite d’être respectée.

Pour aller plus loin retrouvez notre article.

UndoneRaphael Bob-Waksberg et Kate Purdy (Prime Video) – Saison 1
Disponible sur Prime Video

Lassée par la monotonie de sa vie, Alma a un accident de voiture. C’est alors qu’elle commence à voir son père décédé, qui lui propose une grande aventure : voyager dans le temps afin de le sauver d’un meurtre déguisé en accident, des années auparavant. 

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Série d’animation unique, Undone peut surprendre qui ne connaît pas la technique de la rotoscopie : l’animation s’appuie sur des images en prise de vue réelle pour recréer des personnages plus vrais que nature, jusque dans leurs mimiques. Un choix judicieux avec Rosa Salazar dans le rôle de Alma : son jeu, des intonations aux expressions du visage, est un pur régal. Son personnage, aux saillies ironiques savoureuses, semble avoir été écrit pour elle. En outre, l’intrigue offre un traitement intelligent du trauma et du deuil à travers le voyage dans le temps ainsi que de la maladie mentale en entretenant le doute entre réalité et hallucinations. Cerise sur le gâteau, le parallèle avec Le Magicien d’Oz, qu’on aurait pourtant pensé usé, se révèle assez intéressant. Si vous cherchez une oeuvre intelligente et intellectuelle, Undone est pour vous.

WatchmenDamon Lindelof (HBO) – Saison 1
Disponible sur OCS

Tulsa est encore profondément marquée par la terrible “Nuit Blanche” où un groupe de suprémacistes blancs “La Septième Cavalerie” a tué la majorité des policiers de la ville et leurs familles. Trois ans plus tard, alors que des mesures ont été prises pour assurer l’anonymat des forces de l’ordre – désormais masquées -, un policier se fait tirer dessus pendant son service. Est-ce le retour de la Septième Cavalerie ? 

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Watchmen est sans conteste l’une des séries à la narration la plus fine, intelligente et aboutie de notre sélection. Encore une série adaptée de comics (Alan Moore et Dave Gibbons aux commandes), encore des super-héros, me direz-vous. Oui, encore. Et on en redemande car Watchmen est différente de tout ce que nous avons pu voir cette année. S’ouvrant in media res sur un massacre, elle nous plonge dans ce monde sans nous donner la moindre clef de lecture – mis à part le racisme ambiant. Comme les personnages, nous sommes projetés dans l’extrême violence de l’instant – et ce n’est pas la dernière fois. Chaque épisode est aussi riche que le précédent. Temps et espaces se mêlent et se confondent. Stupeur et surprise nous saisissent et ne nous quittent plus. La mise en scène est simple mais léchée – un épisode 6 tout en noir et blanc se permet un peu plus de liberté formelle. Beaucoup moins sombre et stylisée que le film, la série est aussi plus incisive et réaliste, à l’image de l’écriture de Damon Lindelof, son showrunner, scénariste de Lost et The Leftovers. Le racisme envers les Noirs aux États-Unis est le coeur du récit : massacres massifs, suprémacistes blancs, super-héroïne noire prénommée Angela, tout nous rappelle l’Histoire. Car ce que ne cesse d’assener Watchmen c’est que l’Histoire se répète – même quand elle n’existe que par bribes et indices, à l’image de la narration sérielle. Le traitement des figures démiurgiques – car oui, quand on parle de super-héros, on finit aussi par parler de dieux – est particulièrement intéressant. Et on en vient à se dire que le réel dieu de la série, c’est le scénariste, à l’image du personnage incarné par Jeremy Irons, metteur en scène de son quotidien qu’il modifie sans relâche ce qui semble être une même journée, comme s’il réécrivait l’Histoire, son histoire. Labyrinthique, inventive, moderne et haletante, Watchmen ne pourra que vous happer dans son monde.

Johanna Benoist, Manon Koken, Marine Moutot

Avec la participation de Clémence Letort-Lipszyc


Big Little Lies – Saison 2
Créée par David E. Kelley
Réalisée par Andrea Arnold
Avec Reese Witherspoon, Nicole Kidman, Shailene Woodley, Alexander Skarsgard
Drame, Thriller, Etats-Unis, 7 x 52 min
HBO

Chernobyl – Mini-série
Créée par Craig Mazin
Réalisée par Johan Renck
Avec Jared Harris, Stellan Skarsgard, Emily Watson
Drame historique, Etats-Unis, Allemagne, Grande-Bretagne, 5 x 58 min
HBO

Dracula – Mini-série
Créée par Steven Moffat et Mark Gatiss
Réalisée par Jonny Campbell, Damon Thomas, Paul McGuigan
Avec Claes Bang, Dolly Wells, Samuel Blenkin
Horreur, Grande-Bretagne,  3 x 90 min
BBC / Netflix

Euphoria – Saison 1
Créée par Sam Levinson
Avec Zendaya, Hunter Schafer, Maude Apatow
Drame, Etats-Unis, 8 x 60 min
HBO

Fosse/Verdon – Mini-série
Créée par Matthew Carnahan
Avec Sam Rockwell, Michelle Williams, Norbert Leo Butz
Biopic, Drame, Etats-Unis, 8 x 40 min
FX

Gentleman Jack – Saison 1
Créée par Sally Wainwright
Avec Suranne Jones, Sophie Rundle, Gemma Whelan
Drame historique, Grande-Bretagne, Etats-Unis, 8 x 60 min
BBC / HBO

Les Sauvages – Saison 1
Créée par Sabri Louatah et Rebecca Zlotowski
Avec Roschdy Zem, Dali Benssalah, Sofiane Zermani
Drame, France, 6 x 52 min
Canal +

Locke & Key – Saison 1
Créée par Carlton Cuse et Joe Hill
Avec Darby Stanchfield, Connor Jessup, Emilia Jones
Fantastique, Etats-Unis, 10 x 50 min
Netflix

Mytho – Saison 1
Créée par Fabrice Gobert et Anne Berest
Avec Marina Hands, Mathieu Demy, Zélie Rixhon
Comédie dramatique, France, 6 x 45 min
Arte / Netflix

The Boys – Saison 1
Créée par Eric Kripke
Avec Karl Urban, Jack Quaid, Anthony Starr
Drame, Science-fiction, Etats-Unis, 8 x 60 min
Prime Video

The Mandalorian – Saison 1
Créée par Jon Favreau
Avec Pedro Pascal, Gina Carano, Giancarlo Esposito
Aventure, Science-fiction, Etats-Unis, 8 x 40 min
Disney +

The Witcher – Saison 1
Créée par Lauren Schmidt Hissrich
Avec Henry Cavill, Freya Allan, Anya Chalotra
Aventure, Fantastique, Etats-Unis, Pologne, 8 x 60 min
Netflix

Unbelievable – Mini-série
Créée par Susannah Grant
Avec Kaitlyn Dever, Toni Collette, Merritt Wever
Drame, Policier, Thriller, Etats-Unis, 8 x 52 min
Netflix

Undone – Saison 1
Créée par Raphael Bob-Waksberg et Kate Purdy
Avec Rosa Salazar, Angelique Cabral, Constance Marie
Drame, Fantastique, Etats-Unis, 8 x 30 min
Prime Video

Years and years – Mini-série
Créée par Russell T. Davis
Avec Emma Thompson, Anne Reid, Rory Kinnear
Drame, Grande-Bretagne, 6 x 60 min
BBC / HBO

Watchmen – Saison 1
Créée par Damon Lindelof
Avec Regina King, Don Johnson, Tim Blake Nelson, Louis Gossett Jr.
Genre, Pays, 9 x 60 min
HBO


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Publié par Phantasmagory

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10 commentaires sur « [TOP] 2019/2020 : Nos séries préférées »

    1. Merci beaucoup 😀
      Oui, pour Euphoria le premier épisode est semblable au reste de la série. Tu as donc bien fait de ne pas poursuivre. Pour Years and Years, c’est dommage que la série finisse comme cela, ça commençait si bien.
      Tu nous diras ce que tu as pensé de Locke and Key 😉
      À très vite !

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