[TOP] Qui es-tu Stephen Frears ?

À l’occasion de la masterclass du mercredi 10 juin à 18 h organisée par le Champs-Élysées Film Festival (en ligne cette année du 9 au 16 juin), nous vous proposons de revenir sur la carrière du cinéaste britannique Stephen Frears. Connu pour sa très réussie adaptation du célèbre roman épistolaire de Pierre Choderlos de Laclos, Les Liaisons dangereuses, le réalisateur, bien qu’ayant un style classique au premier abord, a plus d’un tour dans son sac. 

Avant de tourner ses propres films, il est l’assistant de Karel Reisz (Isadora, 1968 ou encore Le Flambeur (The Gambler) 1974). Il réalise, en 1968, le court-métrage The Burning qui se déroule en Afrique du Sud. Un jeune garçon blanc observe le lynchage d’un homme noir brûlé vif. Ce premier film, aujourd’hui difficilement trouvable, montre l’Apartheid du point d’un enfant (procédé qu’il utilise à nouveau dans Liam en 2000, mais pour traiter de l’Holocaust). Il tourne son premier film pour la BBC en 1971. Gumshoe est une comédie policière sur un homme qui rêve de devenir détective et qui se retrouve embarqué dans une sale histoire. Avec humour et sans prise de tête, le film comporte quelques maladresses, mais lance le cinéaste. Pendant quelques années, il tourne beaucoup pour la télévision et il faut attendre 1984 pour que The Hit : le tueur était presque parfait (The Hit) soit sélectionné au Festival de Cannes. C’est l’année suivante que le cinéaste se fait réellement connaître à l’international avec My Beautiful Laundrette et en 1988 que sa notoriété est définitivement acquise avec Les Liaisons dangereuses. C’est à partir de ce moment que Stephen Frears commence à tourner de nombreux longs-métrages aux États-Unis (Les Arnaqueurs (The Grifters), 1990, Héros malgré lui (Hero), 1992, qui met en scène Dustin Hoffman, Geena Davis et Andy Garcia). Il réalise aussi des films en France (Dirty Pretty Things, 2003, avec Audrey Tautou et Chéri, 2009, avec Michelle Pfeiffer et Rupert Friend). 

Ce qui frappe le plus en regardant les films du cinéaste est sa capacité à s’adapter à ses histoires. Son style visuel n’est pas fortement marqué par des effets de mise en scène audacieux ou datés. Réalisateur classique, Stephen Frears a pourtant su surprendre par ses choix de récits ainsi que par la vitalité de ses réalisations. Adepte de l’adaptation, c’est dans ce genre qu’il se fait principalement remarquer comme le prouvent Les Liaisons dangereuses (1988), Tamara Drewe (2000) et Chéri (2009) tiré du roman éponyme de Colette. D’intéressants portraits de femmes, fictives ou réelles, ponctuent sa filmographie ces dernières années : Madame Henderson présente (2005), The Queen (2006) Tamara Drewe (2010), Philomena (2014) et Florence Foster Jenkins (2015). Il a également tourné beaucoup de films d’époque (Mary Reilly (1996) adaptation de L’Etrange cas du Docteur Jekyll et de M. Hyde (1886) de Robert Louis Stevenson du point de vue de la servante du docteur, Confident Royal (2017) qui conte l’histoire vraie de l’amitié entre la reine Victoria et Abdul, un jeune employé venu d’Inde). Bien que ses premières réalisations semblent plus engagées et sociales (My Beautiful Laundrette (1985), Sammy et Rosie s’envoient en l’air (1987)), il garde un véritable intérêt pour les sujets de société, qu’il aborde avec un certain mordant (The Snapper (1993), The Program (2015)).  

Évidemment, toute filmographie, aussi agréable soit-elle, comporte des écueils. Après avoir visionné une large majorité des réalisations du cinéaste britannique, deux nous restent en tête : Lady Vegas (Lay the favourite, 2012) et Florence Foster Jenkins (2015). Dans la première, une jeune stripteaseuse un peu innocente décide de se rendre à Las Vegas pour changer le cours de son destin. Là, où l’intrigue initiale rappelle clairement Showgirls (1995) du néerlandais Paul Verhoeven, décrié à sa sortie et pourtant resté dans les esprits, le message politique et féministe n’est pas au rendez-vous. Et, bien que le réalisateur tente de donner de la profondeur à son personnage, on ne peut y voir qu’artificialité et cliché. L’intrigue cousue de fil blanc rend le temps long : passez votre chemin. Dans Florence Foster Jenkins, l’actrice américaine Meryl Street donne vie à cette riche héritière new-yorkaise qui tente, à la fin de sa vie, de devenir cantatrice et de construire une salle d’opéra où elle pourra chanter. Connue pour chanter faux, elle n’en su jamais rien su grâce à son mari St Clair Bayfield (interprété par Hugh Grant) qui l’a tint à l’abri des critiques. Là aussi le film pâtit de la comparaison avec l’excellent Marguerite (2015) de Xavier Giannoli qui était librement inspiré de la vie de Florence Foster Jenkins. Le long-métrage de Stephen Frears est boursouflé, là où celui de Giannoli est délicat. Et l’humour cher au cinéaste anglais ne fonctionne pas ici, rendant le récit lent et inadapté à cette histoire tragique. 

Pour en apprendre un peu plus sur le réalisateur, nous vous conseillons aussi l’interview In Conversation dans laquelle il revient sur son parcours et sa vision du cinéma. Et pour découvrir la filmographie de Stephen Frears avant la masterclass de mercredi, nous vous conseillons six films que nous aimons particulièrement (classés par ordre chronologique).

The Hit : le tueur était presque parfait 1984 – Disponible sur UniversCiné et MyTF1

Willie Parker décide de dénoncer ses anciens collègues de travail – des truands – pour pouvoir bénéficier de la protection de la police. Pendant dix ans, il vit tranquillement en Espagne jusqu’au jour où il est kidnappé. Son ancien patron a engagé deux hommes pour l’amener à Paris où il doit être assassiné.

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Présenté à la Quinzaine des Réalisateurs, le troisième film du cinéaste est un road-movie qui parle de la mort. Wes Anderson (The Darjeeling Limited, 2007, Moonrise Kingdom, 2012 ou encore The French Dispatch, 2020) le classe comme cinquième meilleur film britannique. Il met en scène un Terence Stamp charismatique (Willie Parker) qui accepte la mort sereinement et son tueur, Mr Braddock, joué par un John Hurt renfermé et taciturne. Les deux s’opposent. C’est cette opposition qui fait la force du film. La différence entre les deux hommes est palpable et renforcée par les deux autres personnages : l’assistant de Braddock, anglais fougueux et bravache, premier rôle de Tim Roth, et Maggie, une jeune femme paumée, interprétée par Laura del Sol. Ce quatuor traverse l’Espagne désertique et contemple la vacuité de l’existence et encore plus de la mort. Mais le film n’est pas dénué d’humour et de mordant. On retrouve ce qui fera la patte du cinéaste par la suite : beaucoup de cynisme, un peu de noirceur et toujours un rayon de beauté. Le long-métrage fait l’objet d’une ressortie dans les salles françaises le 1 juillet.

My Beautiful Laundrette 1985 – Bientôt disponible sur FilmoTV

Omar, un jeune Anglais d’origine pakistanaise, et Johnny, un ancien skinhead, décident de créer une laverie branchée. Les deux amis, devenus amants, doivent faire face à de nombreux soucis afin de mener à bien leur projet.

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Peinture de l’Angleterre de l’ère Thatcher et portrait d’une idylle homosexuelle, My Beautiful Laundrette est un film social. Il était prévu qu’il ne soit diffusé que sur le petit écran mais il finit par sortir en salle. C’est le premier film à donner ses lettres de noblesse au travail de Stephen Frears à l’international. Les personnages, aussi bien Johnny et Omar, que le reste de la famille de ce dernier, sont complexes et intéressants. Le duo amoureux est particulièrement attachant et on ressent parfaitement les déchirements qui animent chacun d’eux. Parlant autant de classes sociales (entre famille pakistanaise aisée et skinheads vivant dans des squats) que de racisme, d’homosexualité, et de diversité culturelle, le film, bien que romancé, colle au réel. On y croit d’autant plus avec la diversité des accents britanniques des personnages. Le poids des attentes familiales est notamment la pierre angulaire de cette réflexion sur la jeunesse. Mais ce qui est sûrement le plus novateur pour l’époque, c’est de montrer cette inversion des rapports où c’est un jeune blanc qui trime pour se défaire de son sombre passé en devenant l’associé de son amant d’origine pakistanaise à la vie bien plus aisée. Avec ces deux amis d’enfance, ce sont deux mondes qui se croisent, entre divergences sociales et règlements de comptes. Après cette découverte, vous ne pourrez plus vous défaire du bruitage caractéristique et très eighties de la fancy laverie et de la coupe semi-décolorée de Daniel Day Lewis.

Les Liaisons dangereuses 1988 – Disponible sur Orange, CanalVOD, LaCinetek, FilmoTV, MyTFI VOD, UniversCiné

Au XVIIIe siècle, deux anciens amants libertins, la marquise de Merteuil et le vicomte de Valmont font un pacte d’amitié. La marquise met alors Valmont au défi de séduire l’innocente Cécile de Volanges, fiancée à l’une de ses conquêtes passées dont elle souhaite se venger.

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Avec Les Liaisons dangereuses, Stephen Frears frappe un grand coup et décroche pour la première fois César (Meilleur film étranger en 1989), Oscars et BFI Awards autant dire que, malgré le fait qu’il s’impose immédiatement à l’esprit à la moindre évocation de Frears, nous ne pouvions pas ne pas l’inclure dans ce top. Merveilleusement sulfureuse et tordue, l’intrigue nous emporte dans le jeu pervers du duo Merteuil/Valmont, incarné par les splendides John Malkovich et Glenn Close, particulièrement convaincants et délicieusement pervers et manipulateurs. En face de ceux-ci, qui de plus parfait que les marionnettes ingénues jouées par Uma Thurman et Keanu Reeves, eux-mêmes encore jeunes et novices dans leur milieu ? Avec ce casting talentueux (auquel s’ajoute Michelle Pfeiffer), comment ne pas faire une très réussie adaptation du roman épistolaire de Choderlos de Lacos ? D’autant que les décors et costumes offrent un écrin parfait aux sombres intrigues aristocratiques qui tiennent le spectateur en haleine. Nombreuses sont les adaptations du livre éponyme, notamment celles de Roger Vadim et de Milos Forman, mais celle-ci est de loin la plus belle !

The Snapper 1993 – Disponible sur LaCinetek

Sharon a tout juste vingt ans. Irlandaise, elle vit en famille avec ses nombreux frères et sœurs. Un jour, elle annonce à ses parents qu’elle attend un enfant mais refuse de dire qui est le père.

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The Snapper est à l’origine un téléfilm adapté du roman de l’Irlandais Roddy Doyle. Sortie en France en 1993, cette comédie met en scène une famille irlandaise unie. Le père, Dessie est proche de sa fille Sharon et l’aime plus que tout. Qu’elle tombe enceinte ne lui pose pas forcément de problème — la famille est déjà grande et une bouche en plus à nourrir ne lui fait pas peur — mais d’ignorer l’identité du géniteur le chiffonne au plus haut point. Des rumeurs s’élèvent rapidement et la petite communauté irlandaise s’enflamme. Que sa fille ait fricoté avec n’importe qui le blesse. Avec intelligence et humour, le récit montre comment un père doit apprendre à faire face aux erreurs de ses enfants et les aimer malgré tout. Le cinéaste anglais réussit à rendre tangible et émouvante cette relation filiale. De plus, il évoque la contraception, la grossesse et le plaisir féminin tout en ne sortant jamais de la comédie. Un très beau film sur la relation et la complicité entre un père et sa fille. Nous ne pouvons qu’être touchés par cette histoire qui réunit d’excellent.e.s comédien.ne.s : Colm Meaney (qui a reçu un prix pour son interprétation), Tina Kellegher, Ruth McCabe…

Tamara Drewe 2010 – Disponible sur Orange, CanalVOD, UniversCiné, My TFI VOD

Tamara était le vilain petit canard quand elle est partie de chez elle. Elle revient quelques années plus tard bien décidée à prendre sa revanche. Dans ce petit village anglais, son retour met le feu aux poudres et crée des émules.

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Librement adapté du roman graphique éponyme de Posy Simmonds, lui-même inspiré du roman Loin de la foule déchaînée de Thomas Hardy, le film de Stephen Frears est une comédie pastorale. Après Madame Henderson présente (Mrs. Henderson Presents, 2005), The Queen (2006) et Chéri (2009), Tamara Drewe libère son cinéaste du film de costume et d’époque. Il manie, avec son cynisme habituel, l’humour pour donner une vision très critique de la société anglaise. Alors que tout tourne autour de Tamara et de son nez refait, les personnages sont antipathiques et deviennent presque burlesques. C’est la campagne anglaise où les écrivains côtoient les vaches pour trouver un peu de tranquillité. Dans le petit village d’Ewedown, la jeunesse n’a rien d’autre à faire que de créer des histoires. Et c’est dans cette ambiance que la belle et intelligente Tamara rentre chez elle. Chacun y va de son commentaire pour juger l’autre et pour donner un avis sur ses agissements. Personne n’est réellement gentil avec personne et Frears fait à la fois ressortir le plus mauvais des individus et la plus grande bonté. La lâcheté côtoie la beauté, le fanatisme le dur travail.
C’est la scénariste Moira Buffini (Jane Eyre, 2011) qui adapte la bande dessinée de Simmonds et réussit à rendre le dynamisme du roman graphique. Stephen Frears est conquis dès la première lecture du scénario. Le film est par ailleurs assez éloigné de ce que le cinéaste a l’habitude de faire. C’est la première fois en effet qu’il traite de la bourgeoisie avec autant de cynisme et de mordant. Un long-métrage visuellement riche — il commence par l’image caustique de Luke Evans torse nu en train de couper du bois sur fond de soleil levant — où les excellent.es acteur.trices (Gemma Arterton, Tasmin Greig, Roger Allam, Dominic Cooper, Jessica Barden) s’en donnent à cœur joie.

Philomena 2013 – Disponible sur CanalVOD, Orange, My TFI, FilmoTV, UniversCiné

Philomena Lee est une sympathique petite grand-mère irlandaise qui, toute sa vie, a tu un lourd secret : tombée enceinte très jeune, son fils lui a été enlevé par les mêmes religieuses qui l’avaient accueillie. Sa rencontre avec Martin Sixsmith, un journaliste cynique et désabusé va lui permettre de renouer avec le passé.

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Une blessure lointaine finalement révélée, une rencontre étonnante et les prémisses d’une enquête tortueuse, c’est ainsi que s’ouvre Philomena. C’est l’histoire de rendez-vous manqués et de petites manipulations qui ont pourtant entièrement bouleversés la vie d’une femme, dans le passé tout comme dans le présent. Le film jongle entre les deux époques par l’intermédiaire du flashback, de l’Irlande moderne des années 2010 à l’Irlande catholique des années 1950. Outre tous les instants attendrissants qui parsèment l’histoire – la parfaite petite mamie irlandaise très attachante qui ouvre les yeux et fait descendre de son piédestal le journaliste grognon et un peu coincé -, le coeur du sujet c’est ce petit pan de la grande Histoire qui rencontre la fiction. Bien que peu adepte des “d’après une histoire vraie” et autres “inspiré de faits réels” en amorce des films de fiction, l’histoire individuelle contée ici braque, avec justesse, une lumière crue sur une réalité longtemps ignorée. En effet, Philomena est tiré d’une histoire vraie : celle de Philomena Lee et de son fils Michael A. Hess racontée par le journaliste Martin Sixsmith dans son livre The Lost Child of Philomena Lee (2014). Mieux ne pas trop en dire sur le contenu de cette grande Histoire mais le film aborde religion – une réflexion particulièrement intéressante sur les pratiques -, Histoire irlandaise et homosexualité avec brio. Et l’on ne peut que croire au désir de réparer l’injustice qui contamine peu à peu Sixsmith à mesure qu’il s’attache à la grand-mère. Même si Philomena est avant tout une histoire de pardon.

Nous espérons que vous avez fait d’intéressantes découvertes filmiques et que cet article vous a donné un avant-goût de la belle rencontre qui se profile mercredi au Champs Elysées Film Festival. D’ici là, la dernière création de Stephen Frears, une mini-série sur Roger Ailes, le fondateur de Fox News, The Loudest Voice, est disponible sur myCanal. De notre côté, nous attendons avec impatience le 10 juin à 18h. Peut-être le moment de rêver d’une adaptation de Cassandra Darke, le dernier roman graphique de Posy Simmonds ? Une grand-mère renfrognée, une sombre histoire de meurtre et une enquête, le tout en pleine période de fêtes. Ça fait très Stephen Frears, non ?

Marine Moutot et Manon Koken

The Hit : le tueur était presque parfait
Réalisé par Stephan Frears
Avec John Hurt, Tim Roth, Terence Stamp
Comédie, Policier, Thriller, Angleterre, 1h40
1984, ressorti le 1 juillet 2020

My Beautiful Laundrette
Réalisé par Stephan Frears
Avec Gordon Gordon, Daniel Day-Lewis, Saeed Jaffrey
Comédie dramatique, Angleterre, 1h37
1985

Les Liaisons dangereuses
Réalisé par Stephan Frears
Avec Glenn Close, John Malkovich, Michelle Pfeiffer
Drame, Historique, États-Unis, Angleterre, 2h
1988

The Snapper
Réalisé par Stephan Frears
Avec Colm Meaney, Tina Kellegher, Ruth McCabe
Comédie, Irlande, Angleterre, 1h30
1993

Tamara Drewe
Réalisé par Stephan Frears
Avec Gemma Arterton, Roger Allam, Dominic Cooper
Comédie, Angleterre, 1h49
2010

Philomena
Réalisé par Stephan Frears
Avec Judi Dench, Steve Coogan, Sophie Kennedy Clark
Drame, Angleterre, France, États-Unis, 1h39
2013


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Publié par Phantasmagory

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