[CRITIQUE] The Last Days of American Crime

Temps de lecture : 2 minutes

Dans un futur proche, le gouvernement américain met en place un signal sonore neutralisant tout délinquant. Une semaine avant le lancement, le criminel aguerri Graham Brick s’associe à une hackeuse hors pair et le fils d’un caïd local pour réaliser un dernier coup. Plus que l’argent en lui-même, il s’agit de rentrer dans l’Histoire.

Il est peu commun de voir sur nos écrans un film où il n’y a pas un élément artistique pour en sauver un autre. Si parfois l’histoire n’est pas enivrante, on reconnaît la qualité de la photographie du film, ou bien la performance de ses acteurs. Dans le cas The Last Days of American Crime, trouver la lueur artistique relève de l’expédition dans les entrailles de la production cinématographique.

Doté d’un casting sympathique au premier abord, les interprétations souffrent d’un empattement dans les méandres du cliché. Michael Pitt est le fils déchu, Anna Brewster la femme manipulatrice et charmeuse au passé trouble et le héros mystérieux, Edgar Ramirez, mériterait le couronnement de la non-expressivité. Son frère assassiné en prison est le motif de sa vengeance envers l’État. Là où la colère d’un homme qui n’a plus rien à perdre devrait être le moteur et le prétexte à une course contre la montre, le thriller se repose sur ses acquis budgétaire (c’est Netflix qui régale) pour servir à son spectateur des scènes à demi-vitaminées dénuées de tout enjeu scénaristique. Le film se perd dans des pistes qu’il refuse d’explorer. Le double jeu du personnage d’Anna Brewster et l’apparition de Sharlto Copley en tant que policier célibataire visiblement instable émotionnellement et privé de la garde de sa fille, apparaissent comme des cheveux sur la soupe servie par le géant de la VoD. Si les personnages ne sont pas au rendez-vous, on déplore également un étirement inexpliqué de quasiment toutes les scènes, avec en prime un des répliques désespérantes dans leur 1er degré. Pire qu’un nanar, il s’agit d’un navet abyssal, piloté par Olivier Megaton, un habitué des studios Europacorp (Taken 2 et 3) qui n’avait pas refait surface depuis 2015.

Pourtant The Last Days of American Crime a des accents de manifeste pour la survie et d’ode à la liberté. Un gouvernement décide d’instaurer un contrôle du cerveau de ses citoyens par la torture. Pour ne pas être sujet aux ondes douloureuses, les policiers (et on suppose également les dirigeants) se font implanter une puce. Le crime peut dorénavant être intercepté au sein de la population, et non dans les hauts rangs de la société. En réponse à cette atteinte directe aux droits de l’Homme, le trio souhaite vider les caisses de l’État et fuir vers le Canada. Sorte de remake du mythe de Robin des Bois et écho direct au climat actuel mouvementé face aux forces de l’ordre, on ne peut que souligner tout le potentiel d’une œuvre qui n’aura pas su se révéler.

Rien ne sert de tirer sur une ambulance. À moins que vous ne soyez un fan inconditionnel du genre ou d’humeur un peu masochiste, passez votre chemin.

Clémence Letort-Lipszyc

The Last Days of American Crime
Réalisé par Olivier Megaton
Avec Édgar Ramírez, Michael Pitt, Anna Brewster
Action, Thriller, Policier, Etats-Unis, 2h28
5 juin 2020
Netflix
Disponible sur Netflix

Publié par Phantasmagory

Cinéma - Série - VR

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :