[CRITIQUE] Yalda, la nuit du pardon

Temps de lecture : 2 min

De nos jours, en Iran. Suite à la mort accidentelle de son mari, Maryam est condamnée à mort. Sa seule chance ? Convaincre Mona, la fille du défunt, de lui pardonner lors d’une émission diffusée en direct devant des millions de spectateurs.

Pour son second film le cinéaste Massoud Bakhshi (déjà auteur d’Une famille respectable, présenté au Festival de Cannes 2012) s’est inspiré de véritables téléréalités diffusées à la télévision iranienne. Avec Yalda, la nuit du pardon, il livre un absurde et terrifiant huis clos dont le prémisse n’aurait rien à envier au plus glauque des épisodes de Black Mirror

Le film commence ainsi : Durant la nuit de Yalda – fête persane qui célèbre le solstice d’hiver – une tour de transmission surplombe de toute sa hauteur les lumières de Téhéran pour venir tutoyer le ciel. Cette simple image suffit à résumer le postulat de ce singulier film de procès où la mascarade médiatique et la société du spectacle viennent se soustraire aux règles divines de la Charia dans une parodie de justice. Coupable de la mort de son mari, Maryam se retrouve malgré elle sur un plateau, les caméras et les yeux de millions de spectateurs braqués sur elle. Elle doit alors composer avec les règles de cet étrange théâtre de la cruauté dont l’enjeu lui permettra peut-être d’éviter la pendaison. Durant une heure et demie, Bakhshi donne à voir un aberrant ballet où les reconstitutions de l’incident et les déclarations de la jeune femme sont incessamment entrecoupées par des chansons pop et des publicités. Le message est clair : ici se joue peut-être la vie d’une femme, mais le plus mortel des péchés serait d’ennuyer le spectateur. 

Cependant, peut-être lui aussi en proie à cette logique, le réalisateur se perd parfois à son tour en usant d’élans soapesques peu nécessaire pour faire rebondir son intrigue. Ces égarements scénaristiques sont d’autant plus dommage que le cinéaste amorce un intéressant commentaire sur la lutte des classes et sur la société du spectacle mais semble rechigner à aller jusqu’au bout de ses idées et à faire basculer complètement son récit dans le thriller. Malgré ces défauts, reste que le réalisateur signe avec Yalda une satire cinglante qui parvient à écorner efficacement les mécanismes de la vie sociale et religieuse iranienne dans ce qu’elle a de plus terrifiant.

Marine Pallec

Yalda, la nuit du pardon
Réalisé par Massoud Bakhshi
Avec Sadaf Asgari, Behnaz Jafari, Babak Karimi
Drame, Iran, France, Allemagne, Suisse, Luxembourg, 1h29
07 octobre 2020
Pyramide Distribution

Publié par Phantasmagory

Cinéma - Série - VR

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