[CRITIQUE] Palm Springs

Temps de lecture : 3 minutes.

Nyles est enfermé dans une boucle temporelle. Il revit sans cesse la même journée : une cérémonie de mariage en Californie. Il passe son temps à boire des bières, à s’amuser avec les convives et à plonger dans une piscine. Alors qu’il s’est résigné sur son sort, il finit par entraîner quelqu’un d’autre, par accident, dans ce piège temporel. 

L’affiche du film suffit à donner envie de le voir : les couleurs, le soleil, une piscine et la perspective d’un voyage… Qui refuserait une telle proposition ?

Sans surprise, c’est un feel good movie. En français, ce film fait du bien. Son visionnage est bon pour la santé. On retrouve les codes du genre : l’énergie, l’humour, la romance et une fin heureuse. Et c’est un cocktail de codes qui fait encore plus de bien à une période où ouvrir des journaux ou consulter les réseaux sociaux suffit à donner la migraine. Parfois, ce genre de film se cantonne à ces quelques traits connus et, s’ils suffisent pour passer un bon moment, ils sont assez oubliables et n’apportent qu’une consolation temporaire. La proposition de Palm Springs va plus loin.

Elle va plus loin parce qu’il y a cette part de science-fiction, de magie. C’est un monde avec ses propres règles, qui soulèvent forcément beaucoup de questions : pourquoi cette boucle temporelle? Pourquoi Nyles, interprété par le toujours très souriant Andy Samberg, est-il bloqué ? Comment s’en sortir ? Et c‘est formidable, parce que tout est possible avec cette idée. C’est une immense cour de récré tant pour les scénaristes, le réalisateur que pour les spectateurs. J’avais envie d’imaginer ce qu’allaient faire les personnages au fur et à mesure que l’histoire se développait. Et imaginer ce que moi je ferais à leur place. C’est une évasion merveilleuse qui est proposée ici. D’autant plus que, sans en dévoiler trop, on a assez peu de réponses. Une grande partie de la résolution de l’intrigue est laissée à l’imagination du spectateur. 

Le film est beaucoup moins évasif sur le développement de ces personnages. Au bout d’un moment, Nyles, à force de revivre la même journée, fait une erreur et entraîne un autre convive dans cette boucle temporelle. Cette autre convive, c’est Sarah (interprétée par Cristin Milioti, que l’on a pu voir dans How I Met Your Mother), la sœur de la mariée qui vit une très mauvaise journée. Elle se déteste, se qualifie de personne qui « fucks and drinks too much », soit qui boit et baise trop, littéralement. Elle est triste pendant une grande partie du film, malheureuse, déchirée. Elle me fait beaucoup penser au personnage de Flea, Mouche en français, de la série Fleabag (meilleure série du monde). Une fois prisonnière, et contrairement à Nyles, elle veut briser la boucle, sortir de cette journée misérable. Elle va se battre pour comprendre, trouver comment briser le cercle. Et c’est une très grande force du film. 

Contrairement au film Un jour sans fin (Harold Ramis, 1993), auquel le présent long-métrage fait sans nul doute référence, pas question de karma ici. Il ne suffit pas de passer la journée parfaite pour revenir à la normale. Il faut se créer sa propre porte de sortie à force de travail et d’acharnement. Sarah se bat, malgré sa tristesse. Elle est consciente de son malheur et lutte pour, littéralement, briser ce cercle vicieux. Placés au centre de plans fixes à grand angle, avec peu de décor et de vie, les deux personnages bougent, gesticulent et sont plein d’énergie dans un monde silencieux et immobile, comme pour symboliser qu’ils sont les seuls à réellement vivre. Mais si Sarah a réussi à s’en sortir, c’est aussi parce qu’elle est tombée sur Nyles, l’éternel mec cool, drôle et relax. Il lui a redonné le sourire et la joie de vivre. Il l’a aimé, même en découvrant ses défauts et les raisons de son mal-être. Et ça, c’est beau.

Pour résumer, c’est un très bon divertissement, qui se conclut par une scène finale qui offre une vision rare : un rire sincère de J.K. Simmons.

Angie Lauprêtre

Palm Springs
Réalisé par Max Barbakow
Avec Andy Samberg, Cristin Milioti, J.K. Simmons
Comédie, Romance, Science-fiction, États-Unis, 1h30
12 février 2021
Disponible sur Amazon Prime Video et Hulu

Publié par Phantasmagory

Cinéma - Série - VR

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