[CRITIQUE] Une fois que tu sais

Temps de lecture : 2 minutes.

Le cinéaste et chef opérateur, Emmanuel Cappellin, parcourt le monde à la recherche de solutions et d’actions possibles pour offrir un meilleur futur aux prochaines générations.

Le point de départ du premier documentaire d’Emmanuel Cappellin, autour du changement climatique et de l’action de l’être humain sur son environnement, est l’intime, le viscéral. Chef opérateur des films de Yann Arthus Bertrand, il découvre à travers ses voyages les conséquences directes du dérèglement climatique. En parlant avec un scientifique spécialiste des coraux, il fait la connaissance d’un homme détruit par les découvertes qu’il a faites du milieu océanique et de la mort progressive des coraux à cause de l’acidification de l’océan. À la suite de cela, il fait un voyage sur un paquebot qui transportait 18 000 camions entre la Chine et Singapour. Sur ce monstre mécanique, il a senti « l’ampleur de notre action sur le monde et dans le même temps l’inertie de cette puissance. J’étais à la proue de cet immense paquebot et je voyais la mer agitée, mais je ne sentais pas son mouvement. On fendait les flots, tout droit vers une tempête qui pointait à l’horizon. » Cette tempête n’est plus à notre porte, elle est entrée en fracas dans nos vies. Si pour le moment, la plupart des pays occidentaux refusent de voir l’inévitable — alors que des feux ont éclaté cet été en Grèce, que des inondations ont ravagé l’Allemagne et la Belgique et que chaque année porte son lot de désastres —, le film parle du ressenti individuel face à la catastrophe. Comment agir une fois que nous savons ?  

Emmanuel Cappellin part donc à la rencontre d’experts et de scientifiques pour étayer sa connaissance du dérèglement climatique et il nous propose de l’accompagner. Entre instants d’introspection, de questionnement où il montre la vie qu’il a décidé de mener, le réalisateur parcourt le monde pour en apprendre plus. Plutôt que d’interroger des intervenants, il capte le milieu dans lequel évolue chacune des personnes. Pablo Servigne, Jean-Marc Jancovici, Richard Heinberg, Saleemul Huq et Susanne Moser donnent tour à tour des éléments de réponses, des actions et des informations essentielles pour amorcer un changement profond au sein de nos sociétés. Notre avenir ne pourra se faire que si nous nous mobilisons tous et toutes pour faire bouger les choses. L’intervention de Saleemul Huq est particulièrement intéressante et enrichissante, car cet expert sur l’adaptation et conseillé en négociation au GIEC (Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat) doit déjà affronter au quotidien les conséquences du dérèglement climatique dans son pays. La montée des eaux est dramatique et le Bangladesh a dû trouver un nouveau mode de subsistance pour faire face à la famine et aux inondations. Il se bat également contre l’injustice climatique : ce sont les pays défavorisés qui sont les plus touchés par la crise, tandis que les pays riches et les plus pollueurs — quand on compte dans le bilan carbone les exportations des vêtements, voitures et autres gadgets électroniques — ne subissent que rarement les effets du dérèglement.  


Une fois que tu sais n’est pourtant pas là pour faire la morale, au contraire. Il veut apporter du collectif dans la réflexion individuelle. En tant qu’individu, père et metteur en scène, le cinéaste cherche à comprendre et agir. Il explique les différentes étapes personnelles par lesquelles il est passé : le renfermement sur soi, la connaissance, le mode survivor… Son questionnement devient universel. Tous et toutes, dès que nous avons conscience qu’il faut changer, nous nous demandons comment agir. Le documentaire nous donne envie de passer à l’acte et nous montre surtout qu’il est toujours possible de changer les choses. Il faut réinventer nos imaginaires dès maintenant.

Marine Moutot

Pour agir face aux effondrements en cours, un accompagnement est offert au public avec des animations dédiées dans les salles et un Guide de 150 actions concrètes. Plus d’informations ICI.  


Une fois que tu sais
Réalisé par Emmanuel Cappellin
En collaboration avec Anne-Marie Sangla
Documentaire, France, 1h44
22 septembre 2021
Nour Films

Publié par Phantasmagory

Cinéma - Série - VR

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