[CRITIQUE] La Jeune fille et l’Araignée

Temps de lecture :  2 minutes.

Mara aide sa colocataire, Lisa, à déménager dans son nouvel appartement. Pendant deux jours, Mara voit son monde changer.

Découvert dans la sélection Enconters de la 71e édition de la Berlinale et Mention spéciale du Jury au Festival de La Roche-sur-Yon, La Jeune fille et l’Araignée est le deuxième film des cinéastes suisses Ramon et Silvan Zürcher. Ils mettent en scène la séparation de deux amies et colocataires le temps d’un déménagement. De manière symétrique et très visuelle, les deux frères étudient les relations humaines.   

Le long-métrage nous place au côté de Mara, dont les grands yeux bleus observent le monde qui s’agite. Elle tente de faire partie des changements qui s’annoncent difficiles dans sa nouvelle vie. La connexion qu’elle avait avec Lisa se brise, se distord, disparaît. Mais d’autres se créent, avec Jan, par exemple, qui se trouve là pour aider. Nous ne savons presque rien des personnages qui se démènent sous nos yeux le temps d’un déménagement. Des noms, des vêtements, des réactions. Mais aucune information sur qui ils sont ni pourquoi ils sont là. Lisa et Mara sont les seules à échanger des souvenirs. Mais, même dans ces souvenirs, ce qui marque, est l’absence de l’autre. Dans ce ballet de corps et d’adultes, les deux réalisateurs mettent en scène avec une esthétique du mouvement et de l’attente. Les corps se rencontrent, s’arrêtent, observent. C’est aussi dans le son que se trouvent les opposés : le silence et le bruit. Une valse à laquelle les différents protagonistes se prêtent. Ils sont liés par les jeux de regard, les instants fugaces dans les couloirs. Leur rapport évolue tout en semblant analogue. Dans les deux appartements où se déroulent La Jeune fille et l’Araignée, des similitudes viennent se répondre : un enfant à chaque fois qui regarde le chaos des adultes et qui ne comprend pas, des jeux de séduction et autour d’autres vies qu’on contemple. L’essentiel passe dans les détails. Les vêtements reflètent un état d’esprit, une façon de réagir. Les jeux de couleurs et de lumière sont importants. Alors que l’ensemble du film est baigné dans une lumière chaude, il s’assombrit brusquement à la fin, quand Mara et Lisa échangent pour la dernière fois. 

L’araignée, apparue dans le nouvel appartement de Lisa, lie les gens et les rapproche. Elle noue sa toile entre eux, pourtant une fois qu’elle a disparu, les liens se font plus lâches. Les êtres disparaissent alors. Dans ces appartements — le film ne se déroule presque jamais en extérieur —, tout un monde évolue et les deux cinéastes parviennent à nous faire rentrer par la petite porte pour capter les énergies qui s’y déploient. 

Le film vous donnera des envies de bouger, de changer d’air, les personnages fredonnant sans cesse Voyage, voyage de Desireless (1987). La Jeune fille et l’Araignée est un appel à casser nos habitudes, à voir le monde différemment.

Marine Moutot

La Jeune fille et l’Araignée
Réalisé par Ramon et Silvan Zürcher
Avec Henriette Confurius, Liliane Amuat, Ursina Lardi
Drame, Suisse, 2021, 1h38
20 octobre 2021
Wayna Pitch

Publié par Phantasmagory

Cinéma - Série - VR

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