[CRITIQUE] L’Innocent 

Temps de lecture : 2 minutes

Michel et Sylvie se sont rencontrés en prison et vont se marier. Lui en tant que détenu, elle en tant que professeur de théâtre. Abel, le fils de Sylvie, ne voit pas d’un bon œil cette union et va tout faire pour empêcher le couple d’être heureux. 


Le nouveau film de l’acteur et réalisateur français Louis Garrel a été présenté en Séance spéciale pour l’anniversaire de la 75e édition du Festival de Cannes en présence des nombreux.se.s stars du cinéma. J’avance que l’une des raisons du choix de ce long-métrage est qu’il a été tourné à Lyon, ville natale et chérie de Thierry Frémaux, mais également pour sa légèreté et fraicheur. Le long-métrage a également été remis à l’honneur, cette année, pendant le Festival Lumière où il a été présenté en film d’ouverture.

Louis Garrel retrouve pour la quatrième fois le personnage d’Abel. Si l’acteur et réalisateur français ne raconte pas l’histoire du même protagoniste, ses personnages ont en commun leur trait de caractère : effacé, grognon et un peu couard. C’est aussi un grand romantique qui aime de belles femmes. Dans L’Innocent, Abel — Louis Garrel —aime profondément sa mère et s’inquiète en permanence qui lui arrive malheureux. Pourtant Sylvie — Anouk Grinberg — est heureuse dans les bras de Michel, ancien détenu — Roschdy Zem. Malgré les demandes incessantes de la part de son amie Clémence — Noémie Merlant — pour la laisser tranquille, Abel décide de prendre en filature son nouveau beau père. Avec beaucoup d’humour et d’autodérision, Louis Garrel offre un film léger et agréable mettant en scène des situations cocasses et touchantes. Il crée avec une tendresse, un peu maladroite, ce quatuor bancal. 

Les femmes ont toutes leur importance dans l’histoire également. Elles sont maitresses de leur destin et brisent les conventions de genre. Dans une scène assez savoureuse, Clémence — et à travers cela le cinéaste — s’étonne qu’en 2022 qu’un homme puisse encore suivre une femme dans la rue. Clémence est d’ailleurs le personnage qui a la plus belle évolution dans le film, ainsi qu’Abel qui s’ouvre à son contact. Le récit pour autant ne s’aventure jamais dans une critique de la société et reste toujours correct. Il porte malgré tout un beau message de tolérance et d’amour. En partant d’un récit personnel — la mère de Louis Garrel s’est mariée avec un prisonnier rencontré alors qu’elle donnait des cours de théâtre — le cinéaste veut montrer que l’Autre qu’on imagine dangereux peut justement nous amener à côtoyer un autre monde. L’ouverture d’esprit est le plus important, comme Abel face à Joseph dans La Croisade ou face à Eve dans L’Homme fidèle. L’Innocent est aussi une belle de leçon de filature, hautement cinématographique, mais peu efficace dans la réalité. Merci Abel

Marine Moutot

L’Innocent
Réalisé par Louis Garrel
Avec Roschdy Zem, Louis Garrel, Anouk Grinberg, Noémie Merlant
Comédie dramatique, France, 2022, 1h39
Ad Vitam
12 octobre 2022

Publié par Phantasmagory

Cinéma - Série - VR

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