[TOP] 10 bonnes raisons de regarder 8 Femmes de François Ozon

Temps de lecture : 7 minutes.

Actuellement en salles, le dernier film de François Ozon connaît un beau succès en cumulant plus de 350 000 entrées pour sa première semaine d’exploitation. Dans ce long-métrage, le réalisateur français renoue avec ce style théâtrale qu’il avait déjà exploité en 2002 avec 8 Femmes. Pour prolonger votre aventure avec François Ozon, on a décidé de vous donner 10 bonnes raisons de (re)découvrir cette génialissime comédie “ozonienne”.


Dans les années cinquante, dans une grande demeure bourgeoise en pleine campagne, les gens sont sur le point de fêter Noël. Mais un drame se produit : le maître de maison est retrouvé assassiné.
Le ou plutôt la coupable se cache parmi huit femmes que fréquentait régulièrement la victime. Commence alors une longue journée d’enquête, faite de disputes, de trahisons et de révélations.

1 —  Parce que pour ce film, François Ozon s’est offert un casting 5 étoiles

Catherine Deneuve, Fanny Ardant, Emmanuelle Béart, Isabelle Huppert, Firmine Richard, Virginie Ledoyen, Ludivine Sagnier sans oublier Danielle Darrieux. François Ozon frappe fort avec ce casting incroyable réunissant certaines des plus grandes actrices françaises, de différentes générations. Pour Ozon et sa directrice de casting (Antoinette Boulat), il était impensable de faire ce film sans ce casting incroyable. 
Au total, ces actrices cumulent 8 César, 1 Golden Globes et un nombre incalculable de de nominations et d’autres distinctions ! Un palmarès impressionnant auquel elles font honneur dans 8 Femmes.

2 —  Parce que c’est l’une des dernières grandes apparitions de Danielle Darrieux

Danielle Darrieux est sans doute l’une des plus grandes actrices françaises. Sa carrière commence au début des années 1930 et elle tourne avec les plus grands en France et aux États-Unis : Henri Decoin, Julien Duvivier, Claude Autant-Lara, Jacques Demy mais aussi Billy Wilder ou Anatole Litvak. À son actif, plus de cent films dont quelques classiques : La Ronde (Ophuls, 1950) L’Affaire Cicéron, (Mankiewicz, 1952) Marie-Octobre (Duvivier, 1959), Les Demoiselles de Rochefort (Demy, 1967).
Dès les années 1980, Danielle Darrieux se fait plus rare à l’écran mais continue à jouer sur les planches. Puis en 2002, alors qu’elle est âgée de soixante-dix ans, Ozon lui offre le rôle de la grand-mère pour 8 Femmes. Par la suite, elle apparaîtra dans quelques films et prêtera sa voix à l’un des personnages de Persepolis (2007) de Marjane Satrapi. 
Décédée en 2017, Danielle Darrieux laisse derrière elle une carrière longue et passionnante dont 8 Femmes est un digne représentant. À la fois tragique et comique, Danielle Darrieux montre tout l’étendu de son talent (d’actrice et de chanteuse). 

3 —  Parce que c’est un film qui enchaîne les hommages au cinéma hollywoodien classique

François Ozon est un réalisateur qui aime faire des hommages et 8 Femmes en débordent ! Dans le style, il emprunte aux grands mélodrames de Douglas Sirk mais également à George Cukor. Ce dernier avait lui-même réalisé un film au casting exclusivement féminin (The Women, 1939) pour lequel le générique associait personnages et animaux. Ozon lui, leurs associe des fleurs. On retrouve également dans la danse de Fanny Ardant un hommage à Gilda (Charles Vidor, 1947) et la célèbre danse de Rita Hayworth. Un portrait nous renvoie à Laura (Otto Preminger, 1944). Quant aux tenues, elles sont inspirées des films d’Alfred Hitchcock et d’autres grandes œuvres des années 50. Enfin, notons l’apparition rapide d’une photographie de Romy Schneider. Remarquons aussi qu’une partie des décors sont en fait des toiles peintes, une technique rare aujourd’hui mais indispensable au cinéma pendant des années.
En bref, pour les amoureux du cinéma des années 1940 et 1950, 8 Femmes est un petit bijou aux multiples références.

Quelques références et inspirations.
A gauche : George Cukor entouré des actrices de son film The Women (1939) A droite : photogramme du film Tout ce que le ciel permet de Douglas Sirk (1955)

4 —  Parce que qu’il mélange cinéma et théâtre à la perfection 

8 Femmes est un film théâtral ; d’abord parce que le scénario est lui-même l’adaptation d’une pièce de théâtre de Robert Thomas mais aussi parce qu’il se déroule dans un seul lieu, dans un laps de temps assez court et autour d’une intrigue principale. En soit, il respecte les règles d’unité du théâtre classique. Néanmoins, il ne s’agit pas pour autant de “théâtre filmé”. François Ozon joue habilement avec la frontière entre les deux médiums que sont le théâtre et le cinéma, quitte à déstabiliser le spectateur (surtout à la fin). 

5 —  Parce que c’est aussi un parfait mélange des genres cinématographiques

Comme nous l’avons dit, François Ozon joue parfois avec la frontière entre le théâtre et le cinéma. Mais en vérité, 8 Femmes mélange tout un tas d’autres genres du cinéma. Il est à la fois une comédie, un drame familial, un film musical et un film policier. On pourrait même ajouter la mention “drame psychologique” tant les personnages sont plus complexes qu’elles n’y paraissent.

6 —  Parce que c’est un huis clos passionnant aux allures d’Agatha Christie 

Un huis clos est toujours un moyen efficace pour créer une tension entre les personnages mais aussi chez les spectateur.trice.s. Néanmoins, ce procédé peut aussi s’avérer périlleux lorsque le scénario ne tient pas la route et qu’il tourne en rond. Heureusement, 8 Femmes ne tombe pas dans ce piège en s’appuyant notamment sur cette sorte d’enquête familiale qui permettra non seulement de découvrir “l’assassin” mais également, d’en apprendre plus sur chacune de ces femmes cachant un – voir plusieurs – secrets.
Pas de Colonel Moutarde ou de chandelier, mais le film est tout aussi prenant qu’une enquête dans un livre d’Agatha Christie ou lors d’une partie de Cluedo. Et bien sûr, comme dans tout bon film, les plus observateur.trice.s trouveront quelques indices dès le début du film. 

7 —  Parce que les chansons interprétées par les différentes actrices sont tops

8 Femmes est aussi un film musical puisque chacune des actrices est amenée à chanter face aux autres. Les chorégraphies qui accompagnent ces moments sont généralement assez simples mais suffisent à caractériser le personnage, tout comme les airs chantés, choisis par le réalisateur.
En effet, c’est François Ozon lui-même qui a décidé des chansons que les actrices ont toutes enregistrées en studio, avant le tournage. Comme dans tout bon film musical, ces moments en dehors du temps permettent aux spectateur.trice.s (tout comme aux autres personnages) de rentrer un peu plus dans l’intimité des différentes femmes. C’est ainsi que Pierrette (Fanny Ardant)  se présente aux autres en chantant “À quoi sert de vivre libre ?” de Nicoletta, leur faisant bien comprendre que sous le rouge passion de sa tenue se cache une femme libre et volage. “Pile ou face” de Corynne Charby, “Papa t’es plus dans l’coup” de Sheila, “Mon amour, mon ami” de Marie Laforêt sont toutes autant de chansons entêtantes composant la bande originale du film.
Notons aussi le sublime texte d’Aragon “Il n’y a pas d’amour heureux” chanté par Danielle Darrieux dans la séquence finale.

8 —  Parce que c’est un film pétillant et coloré 

Évidemment, 8 Femmes ne se veut pas être un film réaliste. En fait, il est même plus proche des ces films très sophistiqués que l’on peut voir dans le cinéma d’avant 1960. Le décor est splendide, les tenues sont incroyablement belles et les coupes de cheveux parfaites ne bougent pas d’un millimètre malgré les évènements. Certains verront dans ces choix esthétiques quelque chose d’un peu kitsch mais il n’empêche que le tout offre une vision à part entière. 8 Femmes n’est pas un film comme les autres, il a son propre univers et il faut accepter d’y pénétrer pour profiter totalement de l’expérience qu’il offre. 

9 —  Parce que les actrices s’éclatent et ça se voient

Si le film fonctionne aussi bien, c’est grâce à la mise en scène très réfléchie de François Ozon mais aussi, grâce aux actrices. Sur le papier, le casting fait rêver certes, mais encore fallait-il que toutes ces grandes dames du cinéma parviennent à s’entendre tout en apportant leur petite touche personnelle au film. Et c’est justement le cas ! 
Dans une interview, Isabelle Huppert avait confié que les gens seraient sans doute déçus d’apprendre qu’il n’y avait pas eu de “crêpage de chignon” sur le tournage ; une expérience bien loin de celle de Bette Davis et Joan Crawford pour Baby Jane. Si dans le film d’ Aldrich la haine entre les deux actrices avait nourri l’histoire, dans l’œuvre de Ozon, la bonne entente semble également avoir été très bénéfique ! 

Malgré la tension du scénario, on sent une sorte de légèreté flotté dans l’air. De même, chacune des actrices accepte de se mettre en difficulté, jouant avec sa propre image et, quitte à se retrouver dans des situations très étonnantes ! Prenons pour exemple, Isabelle Huppert allongée sur Danielle Darrieux et Firmine Richard, au bord de l’orgasme alors qu’Emmanuelle Béart lui donne une piqure dans l’arrière train… Oui, on vous le jure, cette scène existe bel et bien ! 

10 —  Parce que c’est l’un des meilleurs films de François Ozon et qu’il regorge de répliques succulentes

Le talent de François Ozon n’est plus à démontrer. En plus d’être un excellent metteur en scène, il est également un très bon directeur d’acteurs et d’actrices et sait s’entourer d’équipes efficaces et fonctionnelles. Au cours des dernières années, il a également prouvé sa capacité à s’attaquer à différents genres et styles au cinéma. Mais 8 Femmes a une saveur particulière. C’est un petit bonbon sucré vers lequel on retourne sans cesse. Et même lorsqu’on connaît la fin de l’histoire, on ne se lasse pas des dialogues et de certaines répliques improbables (Gaby lançant à sa fille “va chercher ta grand mère dans le placard de la cuisine”), de l’ambiance, des musiques, des couleurs… Il y a toujours plein de choses à découvrir ou à re-découvrir dans ce film ultra travaillé dans lequel même les fleurs du générique et les couleurs des tenues, disent beaucoup des personnages. 

BONUS 11 : La fin est … surprenante !

Mais on ne peut pas en dire plus. On vous laisse découvrir le film !

Camille Dubois

8 Femmes
Réalisé par François Ozon
Avec Catherine Deneuve, Isabelle Huppert, Fanny Ardant
Comédie policière, Film musical, France, 2002, 1h51
Mars Distribution
Disponible en VOD sur MyCanal, Amazon Prime et Apple TV

Publié par Phantasmagory

Cinéma - Série - VR

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