[CRITIQUE] The Marvelous Mrs. Maisel – Saison 3

Les années 1950 sont passées, nous voici propulsé.e.s en 1960 pour retrouver notre comic favorite : Mrs Maisel.
Miriam « Midge » Maisel voit enfin sa carrière décoller et fait l’ouverture du chanteur Shy Baldwin. Susie, sa manager, doit également s’occuper de Sophie Lennon qui lui en fait voir de toutes les couleurs. De son côté, Joel, fraîchement divorcé, essaye d’ouvrir un club à Chinatown. Et Abe et Rose, les parents de Midge, font face à la situation difficile de ne plus avoir d’argent.

Après deux saisons, la pimpante Mrs Maisel est de retour sur le petit écran. Le casting, tant devant que derrière la caméra, ne change pas. Les thématiques abordées précédemment sont donc respectées et même poussées un peu plus (mais jamais vraiment creusées). Au côté du féminisme et de la place de la femme dans la société des années 1960, la série parle de : racisme, communauté ethnique et homosexualité. Ainsi sous ses airs légers, The Marvelouse Mrs Maisel essaye de traiter de sujets plus sérieux qu’il n’y paraît.

La saison 2 se finissait sur Miriam et Joel dans les bras l’un de l’autre. Midge avait décidé de poursuivre son rêve et avait dit oui à Shy Baldwin pour faire sa première partie. Elle voulait dire au revoir une dernière fois à l’homme qu’elle aimait, avait aimé et aimerait, avant de partir sur la route. La saison 3 débute avec l’entrain habituel dans une caserne où Midge effectue un show pour l’armée. En 10 min, la série a sans doute battu le record de La Dame du vendredi (His Girl Friday, Howard Hawks, 1939) — considéré comme le film où les dialogues sont débités le plus rapidement. Aucune pose, la saison commence par un tour de tous les personnages et de leur vie personnelle. Cela donne presque le tournis et ne permet pas réellement aux spectateur.trice.s de se raccrocher à quoi que ce soit.
Malgré tout les sujets qu’elle aborde, cette nouvelle saison, toujours dans ses teintes bonbon et ses images glacées, est assez superficielle. À certains moments, The Marvelous Mrs Maisel tente de parler, entre deux blagues, de sujets de sociétés. Les différentes communautés (outre la juive) sont montrées : chinoise, afro-américaine ; la série traite également pêle-mêle de : communisme (le Che et compagnie), maccarthysme, des auteurs, université, théâtre et stand-up, jeux d’argents, pauvreté… Mais sous cette profusion très peu de thèmes sont réellement traités en profondeur et finalement seul l’aspect féministe est encore exploré avec un certain intérêt. Alors qu’elle échoue à parler de racisme, d’homosexualité… la série réussie dans la manière dont elle filme les différentes femmes.
Rose continue à faire son entrée dans le monde en tant que femme indépendante, qui prend ses propres décisions sans suivre les ordres d’un homme (c’est dommage d’ailleurs que ses retrouvailles avec sa famille ne soient pas plus creusées). Les rivalités entre la mère et la fille vont, par ailleurs, exploser dans cette saison et la tradition et la modernité s’entrechoquer avec éclat (Rose n’arrive pas à se détacher entièrement de sa condition de femme ainsi que sociale). Miriam essaye tant bien que mal de faire accepter sa position et son nouveau métier pour lequel elle a tout lâché. Cette working woman a abandonné enfants, mari (enfin elle s’était faite abandonnée auparavant, rappelons-le) et mariage pour se lancer sur les routes et tenter de vivre de sa passion. Ainsi, même si Midge Maisel peut être parfois un peu agaçante, elle est surtout forte et réellement indépendante (La femme mystifiée de Betty Friedan va passer par là, la saison 4 abordera-t-elle le célèbre ouvrage publié en 1963 ?). Les autres personnages féminins essayent toutes de gagner leur place dans ce monde d’homme. Toutes ensemble, elles incarnent différents aspects du féminisme. Le nouveau personnage de Carole, la bassiste de Shy, est intéressant (jouée par Liza Weil qui était déjà dans Gilmore Girls). Elle bourlingue sa bosse depuis une dizaine d’années sur la route et elle en parle avec un certain détachement. Elle expose à Midge les risques d’être une femme qui voyage entourée d’hommes pendant si longtemps. Brut et sans pathos, son discours est toujours d’actualité.
Ainsi la série est intelligente et forte quand elle aborde le féminisme, mais part trop souvent dans tous les sens (à la manière de son personnage principal). 

Si la saison 3 est fidèle à l’ambiance et à l’esprit aux deux précédentes, le tout s’essouffle rapidement, car trop de thèmes sont traités à la va-vite pour servir de blague à Mrs Maisel. Si la partie féministe est toujours passionnante, la série mériterait d’explorer moins de sujets, mais mieux. Nous prenons, malgré tout, plaisir à passer 8 épisodes avec Miriam, Susie et les autres. En attendant, une quatrième saison est prévue et promet d’être encore une fois haute en couleur (Amy Sherman-Palladino a une nouvelle fois su terminer sur une fin déconcertante et pleine de promesses). Souhaitons seulement qu’elle creuse ses thèmes un peu plus en profondeur pour ne pas simplement rester en surface parce que « c’est plus joli ».

Marine Moutot

Nous vous parlons de la saison 1 et de la saison 2 également.


Série créée par Amy Sherman-Palladino
Avec Rachel Brosnahan, Alex Borstein, Michael Zegen
Comédie, Drame, États-Unis
2017 – en cours



Ces articles pourraient vous plaire

Insta(8) Insta(9) Insta(10)

Publié par Phantasmagory

Cinéma - Série - VR

2 commentaires sur « [CRITIQUE] The Marvelous Mrs. Maisel – Saison 3 »

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :