Le meilleur du cinéma en 2017

TOP 10

Marine Moutot :

1. American Honey : Andrea Arnold, pour ses débuts aux Etats-Unis arrive à capter, à saisir l’effervescence d’une jeunesse en perte de vitesse. Si tout va trop vite et que la vie file, le film prend le temps de filmer ses personnages, les enveloppant dans une énergie folle. Star l’héroïne découvre comme le spectateur cette vie fait d’arnaque et de camaraderie cruelle. Star s’est l’innocence qui veut profiter mais qui veut vivre réellement, un peu naïvement. American Honey est un hymne à la jeunesse américaine, en ses rêves et en ses désillusions.

2. La La Land : Quand on y regarde de plus près, La La Land n’a rien d’une comédie romantique habituelle. La relation que le film murit offrant au spectateur une vision solaire des comédies musicales et de la comédie romantique américaine. Outre les musiques et le duo Stone/Gosling a tombé par terre, outre les chorégraphies maladroites mais magnifiques, outre la fresque de deux vies qui se déroulent devant nos yeux, outre l’amour du jazz, La La Land est une leçon d’amour du cinéma.

3. Une femme fantastique : Découvert au Festival de Berlin, le film devrait se voir sans que le spectateur ne sache quoi que ce soit de l’histoire. À part qu’il s’agit d’une histoire d’amour et d’une histoire de deuil. Une histoire sur l’acceptation de l’autre, mais également de soi-même. Une femme fantastique parle d’une femme différente. Le jeu de Daniela Vega est sublime, tout comme l’est la mise en scène qui joue sur l’ambiguïté et sur la dualité masculin/féminin du personnage principal.

4. Blade Runner 2049 : Denis Villeneuve est passé maître dans l’esthétique et la profondeur de ses personnages. Blade Runner 2049 est une succession de tableau aux couleurs monochromatiques, mais également une véritable introspection de son personnage principal, à tel point que nous le suivons non par dépit, mais par compassion, compréhension et parce que nous désirons ce qu’il désire. Nous faire aimer à ce point un robot, ce n’est pas cela la magie du cinéma ?

5. Barbara : Au delà du film de biopic – car un biopic sur Barbara serait impossible – ce film explore la relation complexe entre le fan, le passionné et la femme, la chanteuse Barbara. La mise en scène se fond dans le document d’archive, à telle point que l’on confond Jeanne de Barbara. Le film est l’une des plus belles déclarations d’amour qui s’est fait ses dernières années. Pas étonnant qu’un prix ait été créé pour le film à Cannes, car il regorge de poésie visuelle et auditive.

6. The Square : Palme d’Or au Festival de Cannes, le film est d’un cynisme profond. Notre malaise face à des situations auquel nous sommes confrontés sans cesse dans notre vie de tous les jours, l’absurde de l’art contemporain et des acteur(rice)s excellent(e)s – dont le jeune Elijandro Edouard, le jeune garçon qui veut des excuses du héros. Le miroir que nous renvoie le film est un miroir grossissant, plein de défauts, plein d’horreur. Et malgré nous, on s’identifie au personnage. La mise en scène de Ruben Östlund continue de garder ses distances avec son sujet, nous laissant maître de nos propres conflits intérieurs. Merci.

7. Au revoir là-haut : Quoi de plus beau que de voir Albert Dupontel sur un fond pastel parlé de la guerre, de ses traumas, de l’amitié, de l’amour et tout ça avec humour et beauté. Le côté burlesque du film, habité par des personnages haut en couleur et des acteur(rice)s excellent(e)s, donne une grandeur à l’histoire. L’émotion qui nous saisit à la fin est tellement belle qu’on ne peut que se laisser porter.

8. Ava : Léa Mysius signe un premier film fort qui a la puissance de mêler mise en scène et son sujet. La pellicule en fait un film de vacances. Le ton osé, l’aura de son actrice principale, la verve de Laure Calmy rendent le film intime et telle une course poursuite contre le temps, Ava parle d’amour, d’indépendance et de dépendance.

9. Carré 35 : La fragilité du mot, la beauté de la voix rend le film doucereusement beau. La quête était personnelle, Eric Caravaca a rendu le film universel. La douleur de l’être jamais connu, le mystère qui hante sa vie comme un film policier. La difficulté pour sa mère d’avouer la vérité sur sa fille morte. La manière dont il transcrit tout cela dans l’histoire d’un pays. Ce portrait d’un fantôme est une autopsie d’une époque.

10. Brimstone : Pour finir, un peu de violence, d’horreur et de féminisme dans un film sombre qui parle d’une survie à n’importe quel prix. Le froid, la neige, le mutisme de son personnage principal en font un film rude et âpre. La folie du méchant en font un film brutal. Mais la beauté de Dakota Fanning en font un film d’espoir.

Emilie Bochard :

La La Land

1. La La Land : Avec ses chansons entêtantes, ses décors majestueux, ses acteurs magnétiques et son scénario déchirant, La La Land réinvente avec audace, intelligence et sensibilité le genre de la comédie musicale. En puisant dans les grandes œuvres de l’âge d’or hollywoodien et dans le réalisme enchanté de Jacques Demy, Damien Chazelle, dans un ton onirique dans lequel ne s’installe jamais la désillusion, nous livre la plus belle proposition de l’année, si ce n’est de la décennie.

2. Coco : Dernière production de Disney/Pixar, Coco est sûrement le plus beau film que nous aient offert les studios depuis Vice-Versa. Couleurs chatoyantes, musique entraînante et humour revigorant sont au programme de ce film d’animation sublime, drôle et émouvant, qui nous invite avec chaleur à reconsidérer nos souvenirs de famille et la puissance évocatrice des récits de grand-mère qui sont à notre portée.

3. Corps et âme : Ours d’or au dernier festival de Berlin, Corps et âme est un film unique, brut et poétique, qui nous emmène dans les tréfonds de l’esprit humain pour décoder les mystères de l’amour et de la séduction. Par des personnages fascinants, une ambiance entre froideur et onirisme et un humour plus présent qu’il n’y paraît, Ildiko Enyedi nous dit la difficulté qu’ont les êtres humains à communiquer, à s’aimer, à s’apprivoiser.

4. Lucky : Ultime film de l’acteur Harry Dean Stanton, Lucky résonne comme un hommage vibrant et magnifique à ce dernier pionnier du cinéma classique américain. Entre fiction et biographie, le film, dans la chaleur d’un désert crépusculaire, expose les questions existentielles du personnage avec une lenteur et une douceur bienvenues. Noyé dans la fumée d’une cigarette, Harry Dean Stanton s’en va vers d’autres horizons, nous laissant seuls et orphelins.

5. The Square : Palme d’or cocasse et éminemment cinglante, The Square revient avec lucidité sur la lâcheté d’un père de famille qui ne sait pas comment lier ses actes à ses principes humanistes. Dans ce film qui passe facilement du rire le plus franc au malaise le plus vertigineux, Ruben Östlund ausculte l’homme contemporain, pour nous confier en creux que celui-ci n’a plus rien d’un super-héros.

6. A Ghost Story : D’une façon extrêmement minimaliste, A Ghost Story met en scène la mort d’un homme sans nom, perdu dans les limbes de l’oubli. Dans ce film d’une lenteur déconcertante, où les dialogues sont quasiment inexistants, David Lowery nous entraîne dans un voyage mélancolique et poétique à travers les âges, pour célébrer, en nous faisant ressentir la solitude de la mort et la puissance de la réminiscence, ce non-événement qu’est l’existence.

7. The Lost City of Z : Dans ce film d’une beauté inoubliable et d’un néoclassicisme foudroyant, James Gray réinvente les codes du film d’aventure : lent, tranquille, complexe, The Lost City of Z réagit avec panache à un Hollywood sans âme, régi par l’action, le bruit et la vacuité. En dessinant la jungle d’une société britannique élitiste et l’obsession de Percy Fawcett pour une cité perdue d’Amazonie, Gray nous laisse entrevoir la possibilité d’un monde bien plus civilisé que le nôtre, lointain, inaccessible.

8. Carré 35 : Pour son premier documentaire, Eric Caravaca, en véritable investigateur du passé, retrace le parcours de sa sœur aînée, décédée à l’âge de trois ans et dont il n’a jamais entendu parler. A l’aide d’archives diverses – films de famille, images historiques, témoignages -, le cinéaste déterre un secret enfoui, douloureusement dissimulé pendant des années, et le fait renaître aux yeux du monde par le simple pouvoir du cinéma.

9. Silence : Comme le témoin d’un cinéma hollywoodien qui sombre aujourd’hui dans la surenchère de mouvements et le tapage sonore, Silence apparaît comme une respiration bienvenue. Austère, dénué de musique, investi par ce problème encore actuel des guerres de religion, ce nouveau film de Scorsese est une invitation à la contemplation et à la méditation, qui se fait trop rare dans notre paysage audiovisuel actuel.

10. Dans un recoin de ce monde : En revenant sur l’époque troublée de l’avant Hiroshima, le cinéaste japonais Sunao Katabuchi peint avec douceur et délicatesse le destin d’une jeune fille forcée de tenir un foyer, alors que les hommes de la maison sont partis au front. Un combat qui sublime le quotidien et qui nous invite à préserver notre bonheur, fragile victime du temps qui passe.


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Publié par Phantasmagory

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3 commentaires sur « Le meilleur du cinéma en 2017 »

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