[CONSEILS DU VENDREDI] #34

Ce vendredi, nous vous parlons de : Tito et les oiseaux, Mon Inconnue, Shazam!, Los Silencios et Comme si de rien n’était.


Tito et les oiseaux : Tito et les oiseaux, c’est une histoire d’enfants contée par le jeune Tito. Dans une société contemporaine très proche de la nôtre où les médias et les nouvelles technologies sont omniprésents, un curieux mal commence à ronger les habitants de Sao Paulo : c’est la peur. Elle se répand progressivement dans le coeur de tout un chacun via les discours trompeurs des hommes politiques et d’autres figures de pouvoir. Un seul moyen de sauver la population : découvrir le secret des oiseaux. Le trio de réalisateurs brésiliens a mené avec brio ce très beau travail sur la peur, en l’abordant de manière intéressante et intelligente. L’animation numérique imite très bien la peinture à l’huile et n’est pas sans rappeler l’esthétique des films de Tim Burton (tout comme la musique). Les codes de l’horreur sont ainsi réinvestis à grands renforts de personnages inquiétants, de couleurs allant du orange au vert et de machines extravagantes. Bien que le dénouement soit assez prévisible, on prend rapidement goût à cette aventure qui n’est rien d’autre qu’une ode à la liberté et à la solidarité. A voir absolument ! M.K.

Mon Inconnue : Raphaël est un jeune homme qui a tout pour lui : la gloire, la réussite, l’amour. Un matin, il se réveille et n’a plus rien. Mais c’est la femme de sa vie qui le lui manque le plus. En effet, Olivia ne le reconnaît plus. Au bout de sa vie et avec l’aide de son meilleur ami Félix, il va tenter de trouver la clé qui lui permettra de retrouver son monde. Le passage d’un univers à l’autre est bien du cinéma que ce soit tragique ou comique — nous pensons aux Visiteurs, dont Benjamin Lavernhe fait un résumé à mourir de rire — mais Hugo Gélin décide dès le départ de prendre de le mélanger à la comédie romantique. Avec beaucoup d’humour et de tendresse, il raconte la déchéance d’un homme bon en un homme orgueilleux et fier. Jusqu’ici rien de bien nouveau me direz-vous. La nouveauté, c’est l’humour qu’il injecte dans toutes les scènes et la manière dont il tourne au ridicule son héros qui au final n’est jamais vraiment méchant. Le trio porté par François Civil, Joséphine Japy et Benjamin Lavernhe donne également une dimension agréable et fort réjouissante à l’ensemble. À noter le nom de Raphaël Ramisse est un hommage discret au réalisateur d’Un Jour sans fin Harold Ramis, dont le cinéaste s’est inspiré. Une comédie, au-dessus des autres, rafraîchissante et drôle. Un bol d’air. M.M

Shazam ! Jeune orphelin dissolu, Billy Batson fait la rencontre du sorcier Shazam qui lui confie ses pouvoirs. Désormais capable de prendre l’apparence d’un super-héros doté d’une puissance surhumaine, Billy doit lutter contre une armée de démons dirigée par le machiavélique Docteur Sivana.
Actuellement en plein marasme malgré le succès de son dernier opus (Aquaman, sorti il y a tout juste quelques semaines) l’univers DC revient sur les écrans avec un nouvel épisode qui – dans la lignée d’un Deadpool – s’inscrit dans une perspective old school et feel good, loin de l’univers sombre composé par ses films habituels.
Comme quoi c’est parfois dans les pots…avec les recettes…les plus simples (?) qu’on fait…qu’on trouve…merde…Enfin bref, des fois c’est pas la peine de se casser la tête à essayer de faire des trucs trop compliqués quoi. En effet, malgré un pitch complètement neuneu (Il est tout de même question d’un grand sorcier barbu nommé Shazam avec un bâton magique à la base hein. On pas se mentir : c’est un peu concon tout ça) et une réalisation (assumée par David F. Sandberg, suédois habitué des films d’horreur, qui officie ici en tant que yes man) random au possible, le constat final est que étrangement toute cette petite affaire ne marche pas si mal.
Surfant sur certaine fibre nostalgique, Shazam! a tout d’un film de super-héros à l’ancienne. Loin de la rengaine du héros mature et torturé imposée à l’origine par Christopher Nolan depuis sa trilogie du Dark Night et devenue la norme chez DC, le concurrent de Marvel s’autorise ici un retour en arrière avec un film à la fibre un peu cartoonesque qui rappellerait presque le premier Superman de Richard Donner (1978). Incarné avec bonne humeur par un Zachary Levi (idole de tous les nerd depuis la série Chuck) en pleine forme, Shazam est donc en substance un super-héros bodybuildé, doté d’un costume ridicule et dont la tâche principale restera donc de défaire les forces du MAL(™).
Il s’agit donc là d’un parti pris risqué pour DC mais qui s’avère néanmoins plutôt réussi dans son ensemble, malgré quelques passages assez casse gueule. En effet, si les personnages qui composent la famille de Billy sont globalement très attachants, on pourra ainsi regretter que le traitement du méchant (Mark Strong…qui est…là),  soit aussi manichéen. A noter également, comme souvent chez DC, des FX assez pauvres : une tare toujours incompréhensible pour une aussi grosse franchise.
Toutefois et malgré ces quelques défauts, Shazam a néanmoins l’avantage de représenter ce que DC a pu offrir de meilleur depuis Wonder Woman (2017) et avec sa bonne humeur, le film devrait sans aucun mal parvenir à séduire petits et grands. M.P

Los Silencios Alors qu’ils fuient la Colombie et les conflits armés qui s’y déroulent, Nuria et Fabio perdent leur père. Ils arrivent avec leur mère sur une petite île entre le Brésil, le Pérou et la Colombie. Ils tentent de se refaire une vie. Nous suivons au jour le jour cette famille qui essaye tant bien que mal de se reconstruire. Leur vie quotidienne nous est contée avec merveille. La mère trouve un petit travail mal payé et combat les institutions pour avoir l’argent de son mari disparu. Rapidement le père réapparaît, un mystère l’entoure et tous ne semblent pas le voir. À la fois dans une dénonciation d’un système et dans le quotidien de ses personnages, le récit s’évade peu à peu vers le fantastique, qui lui-même est représenté par des gestes anodins, des moments tranquilles.
La cinéaste brésilienne, dont il s’agit du premier film, décide de raconter la vie de ses personnes qui ont dû fuir leur pays et qui s’efforce maintenant de survivre dans un monde qui ne veut pas d’eux avec de la poésie. La beauté du long-métrage tient également à l’utilisation de néons qui ressortent dans le noir ambiant de la nuit. Le fantastique représenté par les morts est introduit avec subtilité, comme un rêve. Sélectionné à La Quinzaine des Réalisateurs en 2018, ce beau film brésilien mérite d’être découvert sur grand écran. M.M.

Comme si de rien n’était : Eva Trobisch réalise ici son premier film. Elle peint le portrait de Janne, une femme des temps modernes, indépendante. Un soir Janne se rend à une réunion d’anciens camarades. En quelques minutes sa vie bascule. Toute l’histoire tourne autour de sa réappropriation de cette violence qu’elle a subi et comment elle décide de ne pas être affectée. Janne avait pour habitude de tout contrôler dans sa vie personnelle et professionnelle, le film démarre sur un moment critique, son entreprise d’édition fait faillite et son intimité est mise à mal. On assiste dès lors à la mise en place des mécanismes de défense de l’héroïne. Le non-dit prend le pas sur son quotidien et devient le centre de l’attention. Le choix du silence emplit le corps de Janne, elle s’épuise à vouloir tout gérer et le vide se fait autour d’elle.
La réalisatrice aborde avec justesse le désir de ne pas être victimiser par son entourage, de ne pas subir le regard empathique qui en découle . La mise en scène réaliste accentue le trouble du spectateur et éloigne le drame des effusions sentimentales traditionnelles. Un peu déroutant, le film se distingue par son traitement du consentement et de l’agression comme un acte banal pour son personnage mais finalement l’impossibilité de retrouver une vie sereine. C.L.L.

Manon Koken, Clémence Letort-Lipszyc, Marine Moutot et Marine Pallec

Tito et les Oiseaux
Réalisé par Gustavo Steinberg, André Catoto Dias, Gabriel Bitar
Animation, Brésil, 1h13
A partir de 8 ans
3 avril 2019

Mon Inconnue
Réalisé par Hugo Gélin
Avec François Civil, Joséphine Japy, Benjamin Lavernhe
Comédie, France, Belgique, 1h58
3 avril 2019

Shazam !
Réalisé par David F. Sandberg
Avec Zachary Levi, Ashel Angel, Mark Strong
Super-héros, États-Unis, 2h12
3 avril 2019

Los Silencios
Réalisé par Beatriz Seigner
Avec Marleyda Soto, Enrique Díaz, María Paula Tabares Peña
Drame, Colombie, Brésil, France, 1h29
3 avril 2019

Comme si de rien n’était
Réalisé par Eva Trobisch
Avec Aenne Schwarz, Andreas Döhler, Hans Löw
Drame, Allemagne, 1h30
3 avril 2019

Publié par Phantasmagory

Cinéma - Série - VR

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