[TOP] 5 films-doudou de la rédaction #3

Temps de lecture : 9 minutes

Face à cette période compliquée, le besoin de films rassurants se fait sentir. Objet transitionnel, le “doudou” nous est apparu comme une évidence. Loin de nous l’idée de vous enjoindre à retrouver votre peluche élimée dans les méandres de vos draps mais plutôt de vous raccrocher à ces films qui, quelle que soit l’humeur du jour, le temps dehors, les difficultés du quotidien, vous font sourire à leur seule mention et vous donnent envie de vous installer bien confortablement dans votre canapé ou de vous rouler dans votre couette. Le doudou, c’est le cocon familial, celui de l’enfance, celui qui rassure, protège et réconforte. Nous avons tou.te.s un film-doudou qui nous accompagne à travers les différentes périodes de notre vie, souvent rencontré à une époque où le monde était – ou du moins semblait – plus simple qu’aujourd’hui. Avec ces films, souvent intemporels (même s’ils vieillissent toujours un peu), un lien spécial s’est tissé, un lien cathartique que l’on retrouve à chaque visionnage. Car plus que la qualité, c’est l’intimité qui se crée avec eux. Et c’est peut-être là qu’est le secret d’un film-doudou : son caractère révolu et son élection subjective. Car malgré les similitudes, chacun a son film-doudou.

Cet attachement sincère est souvent lié aux décennies durant lesquelles nous avons grandi. Les années 1990-2000 pour notre part. La notion de feel good est primordiale d’où la place centrale de la comédie romantique : Quand Harry rencontre Sally (When Harry Met Sally, Rob Reiner, 1989), Un jour sans fin (Groundhog Day, Harold Ramis, 1993), Coup de foudre à Notting Hill (Notting Hill, Roger Michell, 1999), Raisons et sentiments (Sense and Sensibility, Ang Lee, 1995) et autres adaptations des œuvres de Jane Austen. En cette période hivernale, il est aussi impossible d’exclure les films de Noël avec les monuments que sont Love Actually (Richard Curtis, 2001), Maman j’ai raté l’avion (Home Alone, Chris Columbus, 1990) et La vie est belle (It’s a Wonderful Life, Frank Capra, 1946). L’enfance étant souvent le temps de la découverte du film-doudou, les films d’animation y ont une grande place, notamment ceux de studios comme Pixar (Là-haut, Toy Story, Ratatouille), DreamWorks (Shrek, Dragons, Spirit, l’étalon des plaines), Disney (Oliver et Compagnie, Le Roi Lion, Raiponce) et Ghibli (Le Voyage de Chihiro, Princesse Mononoké, Le Château ambulant). Chaque spectateur.rice a évidemment sa comédie culte, qu’elle soit qualitative ou particulièrement régressive : Certains l’aiment chaud (Some Like It Hot, Billy Wilder, 1959) Madame Doubtfire (Mrs. Doubtfire, Chris Columbus, 1993) ou Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre (Alain Chabat, 2002). Les années 1980-1990 regorgent de films d’aventure, sources de nostalgie, rapidement devenus des doudous : Gremlins (Joe Dante, 1984), Les Goonies (Richard Donner, 1985), Hook ou la Revanche du Capitaine Crochet (Steven Spielberg, 1991) et Jumanji (Joe Johnston, 1995).

Symbole de l’attachement cinéphage, les sagas cinématographiques représentent le plaisir de retrouver un univers familier avec des personnages récurrents attachants. Ces sagas ont marqué durablement l’Histoire du cinéma. En 1977, Star Wars (George Lucas, 1977 – 2005) crée ainsi la figure du fan par le biais de produits dérivés et du marketing à grande échelle. Le cinéphile devient alors collectionneur. Parmi les plus adulées : Le Seigneur des Anneaux (Peter Jackson, 2001 – 2003), Matrix (Lena et Lilly Wachowski, 1999 – 2003), Harry Potter (plusieurs réalisateurs, 2001 – 2011), Retour vers le futur (Robert Zemeckis, 1985 – 1990), James Bond (plusieurs réalisateurs, 1962 – 2020), Jurassic Park (Steven Spielberg et Joe Johnston, 1993 – 2001) et évidemment le célèbre aventurier Indiana Jones (Steven Spielberg, 1981 – 2008). 

Introduction de Marine Moutot et Manon Koken, inspirée de 5 séries-doudou pour le confinement Saison 2.


Les films-doudou de Clémence L-L

Nos films préférés ne sont pas nécessairement nos films les plus réconfortants. Tel a été l’enjeu de faire cette différence. J’aurais aimé vous parler de Stalker (Andreï Tarkovski, 1979) ou encore Adieu ma concubine (Chen Kaige, 1993), mais force est de constater que par temps de pluie, avec un chauffage en panne et des jours plus courts les uns que les autres, on a surtout envie de se caler sous un plaid devant une œuvre qui nous réchauffera au moins le cœur. C’est donc sous le ciel de la comédie que je vais vous ouvrir ma cinéphilie.

Bercée par les chansons douces de Peau d’Ane (Jacques Demy, 1970), l’ingéniosité de Matilda (Danny DeVito, 1996), le comique absurde de The Party (Blake Edwards, 1969) et bien entendu les studios Disney, DreamWorks et Ghibli, mon enthousiasme cinématographique décolle pendant mes années lycée. J’ai été envoûtée par La Ligne rouge de Terrence Malick (1998). Se dessine alors un cinéma d’évasion totale, qui sera animé par quelques sagas au succès planétaire : Star Wars, Retour vers le Futur et plus récemment Fast & Furious. De cette dernière, en ressortent des visionnages plus « exutoires » que comiques, bien que l’extravagance des cascades au fil des opus commencent à rejoindre la branche humoristique du 7e Art.

Mon cinéma cocooning se caractérise également par quelques comédies contemporaines frôlant le millième degrés : Frangins malgré eux (Adam McKay, 2008), 21 et 22 Jump Street (P. Lord et C. Miller, 2012-2014), Spy (Paul Feig,2015), toutes auront le génie de me décrocher quelques fous rires mémorables avec les crampes qui vont avec.

Rédactrice par intermittence, photographe à mes heures perdues et rêveuse de jour comme de nuit, je tente avec mes paroles et mes textes de faire découvrir tous ces univers et tous ceux qui n’ont pas encore été inventés à mes lecteurs et aux âmes qui m’accorderont quelques instants de leur existence.

Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre – Alain Chabat, 2000

L’architecte Numérobis se retrouve à la tête d’un projet pharaonique : construire un palais pour sa reine Cléopâtre en trois mois jour pour jour. Pour mener à bien sa mission quasi-impossible, il va demander de l’aide au druide Panoramix. Accompagné des irréductibles gaulois Astérix et Obélix, ils vont ensemble relever ce défi en plein désert.

C’est mon film doudou par excellence : celui qui doit comptabiliser le plus de visionnages, celui dont je connais les répliques par cœur, celui dont certaines sont entrées dans mes interactions au quotidien. Il est de ces rendez-vous annuels immanquables au même titre que les fêtes de Noël ou le visionnage de l’Eurovision. Le film d’Alain Chabat est un mélange de références, des meilleurs pires jeux de mots, de cascades à couper le souffle… Le génie d’Astérix et Obélix Mission Cléopâtre réside dans sa capacité à nous faire découvrir ses différents degrés de lecture à chaque fois qu’on appuie sur le bouton play de sa télécommande. Mon attachement réside également dans l’univers de Mission Cléopâtre. Comme beaucoup d’entre nous, j’ai été fascinée par la mythologie égyptienne au collège. La sortie du film coïncidant quasiment avec mon entrée en sixième, il n’est pas incongru d’y voir un écho avec l’étude de cette période. Aujourd’hui je me délecte tout autant de cet univers, même si le côté historique n’est bien sûr pas de rigueur dans l’œuvre cinématographique. Qu’importe, c’est un rendez-vous que je ne suis pas prête de manquer.

Vacances Romaines, William Wyler, 1954

Une princesse héritière en voyage à Rome s’échappe de sa prison dorée. Aux antipodes de sa vie protocolaire, elle rencontre Joe un journaliste américain, qui va la guider à travers la capitale italienne.

Le film fait partie des tentatives de mon père de me faire regarder un vieux film, qui plus est en noir et blanc. Face à mes préjugés il a brandi l’argument ultime : « c’est un film sur une princesse qui ne veut pas être une princesse ». Conquise par l’envie de découvrir les motivations de cette héroïne, j’ai trouvé en ce film une œuvre romantique et magique. Quand une princesse fait un pied de nez à son destin, elle découvre alors tout un monde qui lui était interdit car indigne de sa classe sociale. Guidée par ses envies, une naïveté et une curiosité sans vergogne, la Princesse Ann d’Audrey Hepburn incarne avec classe et sensibilité le passage à l’âge adulte, ce moment où les règles sont transgressées afin de découvrir qui l’on est. Parmi tous les films que j’ai pu voir dans ma carrière de cinéphile et aussi loin que je m’en souvienne, Vacances Romaines est le premier à m’avoir donné envie de me rendre dans la ville où il avait été tourné. Si cette épopée romaine n’a pas encore été réalisée, j’espère qu’elle ne ternira pas l’image de la capitale italienne que j’ai découverte à travers les yeux idéaliste de la Princesse Ann.

Mon Voisin Totoro – Hayao Miyazaki, 1988

Mei et Satsuki emménage à la campagne avec leur père. Entre les visites à l’hôpital pour voir leur mère, et les débuts dans leur nouvelle école, les deux sœurs vont faire une rencontre étonnante : l’esprit de la forêt Totoro qui protège la nature et ses habitants…

Quand on parle de film doudou, impossible de ne pas évoquer la peluche géante de mon enfance. Devenu l’emblème des Studios Ghibli, Totoro représente la mignonitude à son paroxysme. Regarder Mon voisin Totoro c’est comme faire un bisou à son chat, se frotter le visage contre son plaid tout doux et boire un chocolat chaud en même temps.

Dans leur inquiétude latente due à l’absence de leur mère, Mei et Satsuki trouvent un réconfort en la figure de l’esprit de la forêt. Force tranquille qui veille sur ses protégées, Totoro incarne à lui seul la douceur, la bienveillance et l’espoir. Il devient un confident et un allié pour les deux sœurs. N’est-ce pas l’essence même de nos doudous ? Outre ce héros, l’univers de Miyazaki illumine ce conte grâce à ses paysages toujours poétiques et sa galerie de personnages tout aussi attachants : le chat-bus et les noireaudes intègrent le palmarès des créatures fantastiques que les fans de Ghibli aiment collectionner. Cerise sur le gâteau, le générique incontournable de ce chef-d’œuvre est une ode à l’insouciance de l’enfance.

Mad Max : Fury Road – Georges Miller, 2015

Pourtant destiné à faire route seul, Mad Max se retrouve impliqué dans un convoi militaire mené par l’Imperator Furiosa. Fuyant la Citadelle contrôlée par l’impitoyable Immortan Joe, les rebelles essuient les représailles de la garde du tyran.

Mad Max : Fury Road dénote avec le reste du top qui se veut davantage réconfortant par sa sélection comique et attendrissante. Il possède néanmoins une place de choix dans mes films-doudou de par sa fonction cathartique. Au premier abord, ce n’est que l’histoire d’un aller-retour. Dans le fond, on découvre des figures taillées pour la rébellion, la survie dans un monde post-apocalyptique où seul l’espoir les anime. Dans ce monde qui n’est que sécheresse, destruction et domination, plane une atmosphère irréelle. J’ai trouvé cet univers fascinant et terrifiant, car il offre autant des possibilités d’évasion que d’identification. Les personnages fuient une prison instaurée par l’obscurantisme sous couvert d’une catastrophe écologique. La force dans leur indignation est, je m’en rends compte de plus en plus, contagieuse et me requinque à chaque fois que je regarde leur voyage.

Seul film que j’ai été voir 3 fois au cinéma l’année de sa sortie, il est initiateur de mon engouement pour la science-fiction au cinéma et en littérature. Je me suis intéressée peu après à l’univers de Ballard, un monde où le temps est suspendu, les personnages sont socialement aliénés et la déconstruction de leur environnement n’est jamais très loin. Des visions certes peu réjouissantes mais qui sont essentielles dans la manière de repenser le monde et sa représentation dans les arts en général.

Pour en revenir à Mad Max : Fury Road, il reste tout simplement l’exemple parfait de mon idéal cinématographique dans sa maîtrise visuelle, sonore et narrative.

Monty Python, Sacré Graal – Terry Gilliam, 1975

Le Roi Arthur et ses fidèles Chevaliers de la Table Ronde entreprennent la quête du Graal. Entre leur rencontre avec un lapin tueur et un chevalier à trois tête, leur voyage ne sera pas de tout repos…

Troupe humoristique indétrônable des années 60, les Monty Python ont ce charme du décalage. Leur série Monty Python’s Flying Circus est un florilège de déconnades dont on ne se lasse pas. Pour le plaisir de vous imaginer pliés en deux derrière vos écrans, voici quelques sketches iconiques : Confuse a cat, Ministry of silly walks et Silly Job Interview. Pour cet article, mon choix se porte sur leur remake de la légende du Roi Arthur. Si le film possède une trame narrative de fond plutôt classique avec son héros, Arthur, à la recherche du Graal et faisant face à de nombreux obstacles, chaque péripétie sera traitée telle un sketch. Ainsi on en retient l’irrésistible mise en boîte des personnages, des enjeux politiques et des figures historiques, mais surtout ses scènes cultes avec les chevaliers du « Ni », le cavalier noir et les lancers de vaches depuis la forteresse française.

J’aime leur accent british, j’aime leur audace dans l’absurdité et leur manière de réussir à se moquer de tout sans tomber dans le grotesque. L’humour est comme une chanson, beaucoup la composent mais rares sont ceux qui en trouvent les notes justes. Sacré Graal est une partition que je joue en boucle. 

Clémence Letort-Lipszyc

Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre
Réalisé par Alain Chabat
Avec Gérard Depardieu, Christian Clavier, Jamel Debbouze, Gérard Darmon, Monica Bellucci
Comédie, France, 1h47
2002
Pathé
Disponible sur Orange et Canal VOD

Vacances Romaines
Réalisé par William Wyler
Avec Audrey Hepburn, Gregory Peck, Eddie Albert
Romance, Etats-Unis, 1h59
1954
Disponible sur Orange et Canal VOD

Mon Voisin Totoro
Réalisé par Hayao Miyazaki
Avec  Chika Sakamoto, Noriko Hidaka, Shigesato Itoi
Animation, Fantastique, Japon, 1h27
1988
The Walt Disney Company France
Disponible sur Netflix

Mad Max : Fury Road
Réalisé par Georges Miller
Avec Tom Hardy, Charlize Theron, Zoé Kravitz
Action, Science-fiction, Australie, Etats-Unis, 2h00
2015
Warner Bros France
Disponible sur Netflix, FilmoTV, CanalVOD et Orange

Monthy Python, Sacré Graal
Réalisé par Terry Gilliam
Avec John Cleese, Terry Jones, Graham Chapman
Fantastique, Aventure, Comédie, Royaume-Uni, 1h30
1975
Carlotta Films
Disponible sur Netlix

Publié par Phantasmagory

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